‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 172 sur 336 · ACTE I. — DON SALLUSTE · texte numérisé non relu

ACTE I. — DON SALLUSTE

DON SALLUSTE

Je m'en charge.

S'approchant de Ruj Blas d*un air significatif.

Je veux votre bonheur.

Un silence. Il hit signe k Ruy Blas de se rasseoir k la table.

Écrivez : — « Moi, Ruy Blas, « Laquais de monseigneur le marquis de Finlas, « En toute occasion, ou secrète ou publique, « M'engage à le servir comme un bon domestique.»

Ruy Blas obéit.

— Signez de votre nom. La date. Bien. Donnez.

Il ploie et serre dans son portefeuille la lettre et le papier que Ruy Blas vient d'écrire.

On vient de m'apporter une épée. Ah! tenez. Elle est sur ce fauteuil.

Il désigne le fauteuil sur lequel il a posé Tépée et le chapeau. Il y va et prend l'épée.

L'écharpe est d'une soie Peinte et brodée au goût le plus nouveau qu'on voie.

Il lui fait admirer la souplesse du tissu.

Touchez. — Que dites-vous, Ruy Blas, de cette fleur .^ La poignée est de Gil, le fameux ciseleur. Celui qui le mieux creuse, au gré des belles filles, Dans un pommeau d'épée une boîte à pastilles.

Il passe au cou de Ruy Blas l'écharpe, k laquelle est attachée l'épée.

Mettez-la donc. — Je veux en voir sur vous Teffet.

— Mais vous avez ainsi lair d'un seigneur parfait!

Écoutant.

On vient. . . oui. C'est bientôt l'heure où la reine passe. —

— Le marquis del Basto! —

La porte du fond sur la galerie s'ouvre. Don Salluste déuche son manteau et le jette vivement sur les épaules de Ruy Blas, au moment oh le marquis dcl Basto parait; puis il va droit au marquis, en entraînant avec lui Ruy Blas stupéfait.

36o RUY BLAS.

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