‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 176 sur 336 · LE COMTE D'ALBE · texte numérisé non relu

LE COMTE D'ALBE

Ah ! j'en avais encor Un plus beau. Satin rose avec des rubans d'or. Matalobos me l'a volé.

UN HUISSIER DE COUR, au fond.

La reine approche.

Prenez vos rangs, messieurs.

Les grands rideaux de la galerie vitrée s'ouvrent. Les seigneurs s*échelonnent près de la porte. Des gardes font la haie. Ruj Blas, haleunt, hors de lui, vient sur le devant comme pour s'y réfugier. Don Salluste Vj suit.

DON SALLUSTE, bas, k Ruy Blas.

Est-ce que, sans reproche.

Quand votre sort grandit, votre esprit s'amoindrit ? Réveillez-vous, Ruy Blas. Je vais quitter Madrid. Ma petite maison, près du pont, où vous êtes, — Je n'en veux rien garder, hormis les clefs secrètes, — Ruy Blas, je vous la donne, et les muets aussi. Vous recevrez bientôt d'autres ordres. Ainsi Faites ma volonté, je fais votre fortune. Montez, ne craignez rien, car l'heure est opportune. La cour est un pays où l'on va sans voir clair. Marchez les yeux bandés j j'y vois pour vous, mon cher!

De nouveaux gardes paraissent au fond.

L'HUISSIER, ï haute voix.

RUY BLAS, à part.

La reine! ah!

La reine, vêtue magnifiquement, parait, entourée de dames et de pages, sous un dais de velours écarlate porté par quatre gentilshommes de chambre, tête nue. Ruj Blas, effara, la regardais comme absorba par ceue resplendissante

vision. Tous les grands d*Ëspagne se couvrent, le marquis del Basto, le comte d*Albe, le marquis de Santa-Cruz, don Salluste. Don Salluste va rapidement au faïuteuil, et y prend le chapeau, qu'il apporte k Ruj Blas.

DON SALLUSTE, Il Ruj Blas, en lui metunt le chapeau sur la tète.

Quel vertige vous gagne ?

Couvrez-vous donc, César. Vous êtes grand d'Espagne .

RUY BLAS, éperdu, bas k don Salluste.

Et que m'ordonnez-vous, seigneur, présentement.^

DON SALLUSTE, lui montrant la reine, qui traverse lentement la galerie.

De plaire à cette femme et d'être son amant.

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