‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 61 sur 336 · ODEON · texte numérisé non relu

ODEON

PORTE-SAINT-MARTlN .

DireâioM Harel.

Direfiion A. Ureux.

DireâUm Kitt-LarocbeMe,

PERSONNAGES

6 novembre 1833.

27 septembre 1873.

acteurs.

ACTEURS

acteurs.

^^ARiE. reine. ......

M"" Georges.

Georges.

Dorval.

M^"** ^^aric Laurent.

Jane

• • AV» ^.^ ^\^ &flC ^«V*

Juliette.

M'»- Dica-Pctit.

Gilbert

MM. Lockroy.

MM

Bouchet.

MM. Dumaine.

Fabiano Fabuni...

Delafossc.

Baron.

Régnier.

Simon Renard

Provost.

Valmore.

TaiUade.

Un Juif

Chilly.

Louis Mon rose.

Frédérick-Lemaitrc

JosHUA Farnaby. . . .

j Valmorc.

Derosselle.

Mangin.

Lord Clinton

Auguste.

Darcourt.

Laray.

Lord Chandos

Mon val.

Ludovic.

Perrier.

Lord Montagu —

Tournan.

Harville.

Rcnot.

Éneas Dulverton . .

Delaistrc.

Achille.

Machanette.

Lord Gardiner

Hérct.

Vorbel.

Bouyer.

Un Geôlier,

Vissot.

Ernest.

Néraut.

REVUE DE LA CRITIQUE

La représentation de Marie Tudor marque ]e commencement de la réaction qui , après tant de triomphes éclatants , se produisit dans la presse, sinon dans le public, contre Victor Hugo, et surtout contre son théâtre. Les Orientales et les Feuilles d'automne dans la poésie, Notre-Dame de Paris dans le roman, au théâtre Hernani, le drame en vers, et

Lucrèce Borgia, le drame en prose , avaient été pour lui des victoires telles qu'aucune gloire déjà ne dépassait la sienne; et tout cela en cinq ans, de 1828 à 1833; et il avait trente et un ans à peine ! Est-ce qu'elle ne s'arrêterait pas bientôt, cette jeune gloire qui s'élevait si haut et si vite ? Les succès qu'on lui pardonnait le moins, c'étaient encore ses deux succès

REVUE DE LA CRITIQUE

de drame. Le théâtre > dans la guerre entre les classiques et les romantiques, était le champ de bauille le plus décisif, et c'était aussi le terrain sur lequel Victor Hugo semblait le plus atuquable , surtout quand, délaissant le vers pour la prose , il y pouvait perdre une partie de ses avantages.

La critique, en 1833, fut donc en général très dure pour Marie TuJor, On reprochait surtout au drame de ne pas assez tenir compte de Thistoire.

Le Journal des Débats, lui-même ( article signé R.), fait des réserves et, tout en louant les beautés, «relève, dit- il, les défauts avec la sévérité que Ton doit au talent». Le public, lui, peu soucieux des fluctuations et des querelles littéraires, n'abandonnait pas le poète; l'article des Débats sur Marie Tndor montre quel était à ce moment l'état des esprits vis-à-vis de Victor Hugo :

...Le fait que j*aime \ reconnaître, c^est que le succès a été très grand, Témotion pendant toute la pièce, pour ou contre, \ tort ou k raison, très puissante; et c'est Ui un des mérites de M. Victor Hugo ; il n'est jamais plat et médiocre; il s'élève ou il tombe; il court devant lui droit à son but, ou bien se jette à travers champs, s'égare, se perd, mais il marche toujours; on peut siffler ses pièces, mais on n'y bâille pas; il occupe l'esprit lors même qu'il lui arrive de déplaire au jugement.

De Ik lui vient aussi une fortune singulière au théâtre : M. Victor Hugo s'est créé un public a lui, prévenu, passionné, bien déterminé d'avance k trouver tout bon ou tout mauvais, guettant un trait vif et élevé pour l'applaud'r avec enthousiasme, ou bien attendant avec patience un hémistiche hasardé, une expression vulgaire, pour rire sans miséricorde; c'est, je le répète, un grand privilège de M. Victor Hugo : n'a pas en littérature des amis qui veut, et surtout des ennemis. Or, M. Victor Hugo est abondamment pourvu des uns et des autres.

Le critique anonyme du Conftitutionnel, très hostile et très malveillant, est fâché

TuéATKB. — m.

du mauvais caractère de Victor Hugo et irrité du zèle trop expansif de ses amis ;

...Ce drame n'est point un progrès, et bien en prend k la critique. Aux yeux de M. Victor Hugo la seule idée de progrès serait une insulte. M. Hugo n'admet point le génie éducable et perfectible. Tout ce que M. Hugo invente, importe, imite ou arrange, doit être admirable. S'il n'est pas admiré de l'époque, c'est que l'époque est arriérée. Ce n'est pas lui qui doit céder au siècle, c'est le siècle qui doit fléchir sous lui. Il ne suflît pas \ son orgueil de jeter k l'opinion publique d'humiliants dédains, il veut dompter l'opinion publique et la convertir \ ses drames par la force. A chaque première représenution des drames de M. Victor Hugo, l'armée des séides est Ik, distribuée sur tous les points, pour réprimer l'indépendance des opinions par la tyrannie des injures et des hurlements, des bravos.

Le Temps.

Une note publiée le lendemain de la première représentation en constate le succès :

Malgré l'ennui d'un dialogue choquant à plaisir, malgré l'incohérence de la plus grande partie de l'œuvre, malgré le style et malgré les acteurs, un rôle de Juif et la fln du deuxième acte avaient déjà sauvé la pièce, le quatrième acte l'a enlevée. Ce dernier est sans contredit ce que M. Victor Hugo a écrit de meilleur pour la scène et peut-être le plus bel effet dramatique qu'il y ait au théâtre.

Le 16 novembre, feuilleton du lundi signé L. V. :

... Hélas! je dois l'avouer, loin de retrouver le poète de mes rêves et l'auteur à^HenuMi, je n*ai pas même retrouvé l'auteur du Kos qui samme (sic) et de Lucrèce B^rgia.

Le critique n'accorde d'ailleurs que peu de lignes à Marie TuJor et consacre son feuilleton presque tout entier à Bertrand et Raton.

La Ga^reue de France.

Article non signé :

Comme le principal personnage de Marie Tndcr est pris dans l'histoire d'Angleterre, et

IMr»llltRII friTIOXAtB.

que le règne de h fille d'Henri VIII ne peut guère être séparé de celui de son prédécesseur et de celui d'Elisabeth qui lui a succédé^ je crois que mes lecteurs ne me sauront pas mauvais gré de mettre d'abord sous leurs yeux un extrait rapide de l'histoire de ces trois souverains. Quand ils auront lu cette analyse historique, aussi concise que fidèle, ils m'en sauront encore plus de gré.

(Ici une sorte de rc'sumc des trois règnes.)

Il n'est personne sans doute qui ne doive être frappé de l'exactitude de ce croquis historique. On comprend bien aussi qu'il n'est pas de moi... C'est un <^/r d'Henri V C'est iï un des travaux familiers de cet enfant-roi.

...Quoi qu'il puisse m'en coûter de descendre de si haut pour tomber k la Porte- Saint-Martin, j'ai aussi mon devoir k faire, moi, et j'arrive au drame de l'auteur, qui, malheureusement pour lui et pour nous, n'a pas suivi la carrière dans laquelle il avait si noblement commencé j il nous a quittés après les deux premiers volumes de ses Odes, et nous le retrouvons k Marie Tttdorl La dégradation d'un grand talent ne saurait être poussée plus loin. . .

Suit l'appréciation , plutôt pessimiste , de Marie Tudor :

Folies accumulées... Horreurs sèches sans motifs et sans but... Gâchis théâtral sans nom . . . Lucrèce Borgia et Afarie Tudor sont les deux sŒurs dramatiques aussi immondes l'une que l'autre.

Le Courrier français.

Deux articles, signés Ed. M. :

Le mélodrame de M. Victor Hugo n'est pas seulement le vieux mélodrame... C'est quelque chose k la fois de plus grand, de plus petit, de plus faible, de plus fort, de plus beau et de plus hideux... C'est le vieux mélodrame trempé dans la lie de Shakespeare. . .

Le critique dit que, si Marie Tudor ne fait pas pleurer, en revanche elle fait rire, «et même beaucoup, du style le plus étonnant que jamais écrivain ait trouve dans sa plume». Et le critique cite plusieurs images superbes.

La ^Quotidienne,

Marie Tudor ne rachète ses monstrueux défauts, ni par l'originalité du sujet d'Hpruani, ni par la grâce de détails de Mariom de Lorme, ni par l'énergie des passions de Lucrèce BoTffaf elle est même au-dessous du Kjùs'amme,

Le National.

Feuilleton signé X :

Les drames de M. Hugo n'ont rien de raisonnable et d'humain; ils ne peuvent être jugés d'après aucun procédé connu de l'art, ni mesurés k aucun principe et k aucune théorie, pas même aux théories de M. Hugo, qui a mis dans ses préfaces sa poétique dramatique k côté de ses oeuvres pour les montrer en flagrant délit de contradiction...

. . . Une des plus bizarres manies des drames de M. Hugo est de vouloir mettre les plus nobles et les plus pures passions dans les âmes mauvaises et souillées.

...Il s'éublit entre Jeanne et Marie, entre Gilbert et Fabiano, une lutte, une espèce de concurrence k qui ne donnera point sa tête au bourreau. Les têtes se brouillent tellement à ce jeu d'échafaud qu'au moment où la reine et Jeanne aperçoivent un homme couvert d'un voile noir allant au supplice, Jeanne ne sait pas si cette tête au voile noir est la tête de Gilbert, et Marie se demande si ce serait la tête de Fabiano. La situation est belle.

Revue des Deux-Mondes.

Gusuve Planche.

Le critique n'accorde rien à Marie Tudor, ni sentiment dramatique , ni exactitude historique , ni intérêt , ni émotion, ni caractère, ni situation, ni style. II passe en revue les personnages du drame et n'en comprend aucun. Il conclut :

Les comédies de Marivaux sont des chefed'ocuvre .de vérité auprès des drames de M. Hugo.

Revue de Paris.

Amédée PiCHOT.

. . . Quel que soit le jugement définitif que Ion doive porter sur l'ensemble des travaux de M. Victor Hugo, qui n'en est encore

REVUE DE LA CRITIQUE

qu*a ses premiers pas dans la carrière dramatique, j*aime ea lui, comme dans les pièce» anglaises du xvi' siècle , ce mélange d'érudition et de romanesque qui distingue la plupart de ses œuvres; )*aime en lui cette originalité qui n'évite pas toujours l'emphase et la redondance espagnole, mais qui atteint aussi le sublime.

...D'autres ont des caprices plus ou moins brillants, M. Victor Hugo, seul peut-être en littérature, a une volent/,

A la reprise de 1873, la presse ne fut guère plus favorable à Marie Tudor qu'en

La ?rep.

B. JouviN.

Le feuilletoniste, faiblement démocratique et très violent, est aussi mécontent du public que du drame-:

M. Victor Hugo a traîne la réputation de la reine Marie dans le plus misérable imbroglio... Ce drame boursouflé et puéril est écrit dans le plus mauvais esprit : on j insulte aux reines, on j couronne l'innocence des filles du peuple qui ont un bon ami.

Le Paris intelligent de 1833 fit justice avec des clefs forées de ces venimeuses inepties. Le Paris de 1873 — 4"^^ '^o"* ^^* doit-on infliger? — a battu des mains k ces insanités démodées. M. Hugo a écrit un jour : «Le poète a charge d'âmes.» Le poète de Marie Tmdor devra rendre un compta terrible k Dieu. Et il faudra pajer! Et ce sera cher!

he Temps,

De Francisque Sarcey, homme sans nuances :

... Ce n'est qu'un mélodrame maladroitement bâti; tous les gros effets des Pixérécourt et des Ducange.

La salle a beaucoup applaudi. Je ne m'inscris pas en faux contre cet enthousiasme. Je ne donne jamais que mon opinion et je ne la donne que pour ce qu'elle vaut. La vérité est que je me suis cruellement ennujé ce soir-là.

Le Figa

Arnold Mortier.

tableaux scéniques qui s'imposent à la mémoire des yeux; nul specuteur n'oubliera, ne les eût-il vus qu'une fois, ni l'assassinat du Juif au premier acte, ni l'entrée du bourreau k l'acte suivant, ni l'escalier de la Tour de Londres tendu de noir, ni le cortège mortuaire de Fabiani. Cependant, malgré ces chocs galvaniques dirigés vers le système nerveux du parterre, la pièce n'intéresse pas.

Journal des Débats.

Clément Caraguel.

...On sent, malgré tout, dans Aîarie Tudor, la main puissante du maître. L'oeuvre a beau être imparfaite, elle n'en a pas moins les qualités théâtrales qui attirent et passionnent la foule.

Le Rappel.

Paul Meurice.

...L'action ne manque ni de force, ni d'éclat Elle comporte des situations et des

. . .Marie Tudor est reine et Marie Tudor est amoureuse. Elle a un amant, et cet amant la trompe. Ahl elle veut se venger, et elle se venge. Comme elle se venge !

Quel specucle prodigieux que cet acte qu'elle emplit tout entier des cris et des bonds de sa douleur et de sa fureur! Quelle étonnante étude de grand félin pris sur nature! Cela commence par des chatteries féroces. Elle provoque doucement Fabiano k la trahison, elle l'excite mielleusement ï l'hypocrisie. Et puis, tout k coup, elle le démasque et ell: se démasque. Alors c'est un délire et c'est une ivresse. Elle le soufflette de son gant, elle le piétine de son talon, elle lui arrache son épée, elle le fût mettre devant toute la cour à genoux. Elle l'outrage, elle le dégrade, elle l'avilit, dans son amour, dans son honneur, dans son nom, dans sa patrie, dans son père. Elle enfonce avec rage et avec volupté ses crocs et ses ongles dans cette chair pantelante et dans ce cœur frémissant. Cependant le misérable lui paraît trop inerte et trop peu résistant; elle le défie et elle le relève, afin de l'entendre crier et de le sentir souffrir. Coups de dents, coups de griffes, coups de poignard, coups d'épingle. Elle envoie chercher le bourreau pour l'aider, et cela finit par le coup de hache.

Terminons cette revue par quelquesunes des belles pages que Paul de Saint-

Victor a consacrées à Marie TuJor. L*cmincnt ccrivain fiait justice de certaines accusations portées contre le drame. «En fait de supplices et de crimes , Victor Hugo a plutôt atténué qu'exagéré ce règne meurtrier.» Quant à la superbe invective dont la reine écrase Fabiani, Saint-Victor rappelle que des reines contemporaines étaient encore plus violentes et surtout plus grossières. «Marie Stuart, quand la colère la prenait, tournait en furie. Elisabeth, la sœur de Marie Tudor, avait la violence et le dévergondage d'une mégère. Les jurons pleuvaient de sa bouche et les soufflets de sa main.»

En revanche , Saint-Victor fait , lui aussi , un reproche à Victor Hugo : il a calomnié les mœurs de la reine ^ Marie Tudor n*a jamais eu d'amant, «Marie Tudor était chaste». Mais, d'autre part, voici qu'un historien, M. Augustin Filon, qui, sous le rapport littéraire, trouve la reine de Victor Hugo «complètement absurde», vient cependant nous affirmer que «Marie Tudor était hystérique. . . qu'il y eut plus d'un roman dans sa vie, car elle aimait les hommes. . . qu'enfin il est possible et probable qu'elle fut, dans certaines crises, à peu près ce qu'elle est tout le long du drame de Victor Hugo». Conclusion :

Marie TuJor ne ment donc pas si outrageusement à l'histoire.

M>ici deux fragments importants de l'article de Paul de Saint- Victor :

...Quels formidables effets le poète a tirés, dans son second acte, de Marie Tudor amoureuse et jalouse ! D*abord Tinvitation au mensonge : riulien entraîné dans la fourberie, comme par des bras de sirène, et qui s*y plonge et s*y enfonce, bercé par les mélodies de l'amour, sans se douter qu'un gouffre s'cntr'ouvre sous lui. La femme trahie pénètre dans le for intérieur d: son vil amant, elle en tire tout ce qu'il contient de perfidies et de faux serments; elle éprouve une volupté douloureuse k mesure qu'il se dégrade k ses yeux. Cependant le courroux gronde déjîi à

travers sa voix caressante et fait reluire les éclairs furtifis que couve son regard.

Elle éclate enfin! son coeur se dégonfle, et la rage s'en échappe comme un torrent débordé. Elle tient le traître et ne le lâche plus; chaque mot marque, chaque trait déchire ; il semble qu'on entende frémir un fer rouge et siffler un fouet. C'est untôt l'imprécation qui frappe, tantôt le mépris qui renverse. Le voila dépouillé de sa fausse noblesse, comme d'un oripeau d'histrion qu'elle déchirerait pièce à pièce; elle lui casse son masque sur la figure, après l'avoir arraché, et l'on croit voir une âme toute nue, souillée et se tordant comme un ver. Puis, c'est la vengeance qui le menace et qu'elle lui montre, la vengeance implacable et inéviuble, qui triomphe sur un gibet, qui s'assouvit par les hautes œuvres et qui va livrer sa tète au bourreau. L'acte entier va d'un train d'orage; c'est, si l'on ose dire, de la terreur «galopante». En trois scènes, l'homme est saisi, meurtri, dévoré par la fureur qui s'abat sur lui. . .

Le troisième acte est aussi puissant dans Témotion que le second dans l'épouvante. Quelle scène que celle oii Jane et la reine se rencontrent devant l'échafaud mystérieux, où l'un de leurs amants va monter! Jane se croit sûre, d'abord, du salut de Gilbert; elle a guidé son évasion, elle l'a vu partir dans la barque. Mais Marie lui dit qu'elle se trompe, que c'est bien Gilbert qui monte au gibet. Alors Jane tombe a ses pieds, brisée et tremblante; elle demande grâce, elle implore un sursis. On sait comme Victor Hugo sait faire pleurer et prier les femmes, avec quels cris de nature et quels mots jaillis des entrailles. On tirerait de son oeuvre un groupe de suppliantes d'une irrésistible pitié : Marion Delorme demandant à Louis XIII la vie de Didier; la Sachette dispuunt sa fille \ Tristan; Caurina aux genoux de la Tisbe; Fantine, noyée dans ses larmes, se traînant devant Javert. La voix de Jane est une des plus touchantes de ce chœur navré, qui fond en pleurs et qui éclate en sanglots.

Mais Marie repousse sa prière , avecl'égoïsme de la passion rassurée. Alors un pressentiment redresse la jeune fille; elle ne croit plus que ce soit Gilbert qui marche au supplice, et son accent est tel, qu'il ébranle la reine jusqu'au fond de l'âme. Un changement subit se produit en elles : l'espérance de l'une et le déscs-

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

poir de Fautrc se déplacent. Tandis que le cœur de Jane s'éclaire, celui de Marie s'assombrit. Rien d'émouvant et rien de frappant comme ce renversement subit de situations et de rôles. L'anxiété poignante qu'il excite s'accroît k chaque glas qui tinte, à chaque coup

de canon qui gronde, marquant les pas des condamnés vers la hache. L'imagination est saisie auunt que le cœur; elle est prise entre la palpitation de l'attente et l'irritation de l'énigme. L'angoisse est portée au comble, et jamais dénouement de drame ne l'a poussée au delà.

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Marte Tmdor. — Œuvres de Victor Hugo , Drame VI. Paris, Eugène Renduel, libraireéditeur, rue des Grands-Augustins, n* 22 (imprimerie Everat), 1833. Frontispice dessiné et gravé \ l'eau-forte par Célestin Nanteuil, tiré sur chine. Ce frontispice porte dans le haut : Marie ^An^erre, Les titres courants portent aussi Marie d'An^eUrre, Édition originale, in -8% publiée à 6 francs.

Marie Tttdor avec Angelo. — Eugène Renduel, 1836, in-8*.

Marie Tudor avec Angelo, — Eugène Renduel, 1838, rue Christine, n* 3 (imprimerie Tezmolo).

Marie T/tdor. — Théâtre de Victor Hugo, de l'Académie française, deuxième série.

Paris, Charpentier, 1841, in-i8. Édition collective, réimprimée en 1844; prix : 3 fr. jo.

Marie Tndor. . . — Paris, Furne et C", 1841 , in-8% deux gravures hors texte par J. David.

Marie Tndor. — Paris, Michel Lévy, 1845 , édition grand in-8* à deux colonnes.

Marie Tudor. — Œuvres illustrées de Victor Hugo, édidon J. Hctzel. Paris, Marescq et C'* et Blanchard, 1853, grand in-S** a deux colonnes.

Marie Tudor, — Théâtre de Victor Hugo, Paris, édition J. Hetzel (s. d.). Réimpression de la précédente.

Marie Tudor. . . — Œuvres de Victor Hugo, Drame III. Alexandre Houssiaux, libraireéditeur, rue du Jardinet -Saint -André -des - Arts, n" 3 (imprimerie Simon RaçonefrC'*), 1856. Édition in-8% ornée de vignettes.

Marie Tudor. — Œuvres de Victor Hugo, Théâtre III. Paris, A. Lcmerre, 1876, petit in-i2.

Marie Tudor. — Œuvres complètes de Victor Hugo, Drame III. Édition définitive, Paris, Hetzel-Quantin, 1882, in-8'.

Marie Tudor. — Victor Hugo illustré, Théâtre III. Paris, E. Hugues (s. d.), grand in -8", frontispice de Célestin Nanteuil.

Marie Tudor. . . — Édition nationale, Paris, Emile Tesurd et C'% 1887, in-4% illustrarions de Moreau de Tours.

Marie Tudor. — Petite édition définitive, in-i6 (s. d.), Hetzel-Qucntin.

Marie Tudor. — Edition a 25 centimes le volume, deux volumes in-32; Jules Rouff et C'*, rue du Cloître-Saint-Honoré, Paris (s. d.).

Marie Tudor. — Edition de l'Imprimerie nationale, Paris, Paul Ollendorff, Chaussécd'Antin, n" jo, grand in-8% Théâtre III. Un acte inédit, notes et notices nouvelles. Publiée k 10 francs.

NOTICE ICONOGRAPHIQUE

Frontispice, composé et gravé k Teau-forte par Célestin Nanteuil, pour la première édition, Marie TmJût fakant mettre Fahiano à genoux, — Eugène Renduel, 1833.

Costume de Marie Tudor (3i"' Georges) ^ costume de Jane (Af"' Ida). — Collection Martinet (Hautecœur, Martinet, éditeurs),

La sehe du boMrrean (journée II), Jane aux genoiix de Gilbert (journée III), compositions de Jules David, gravées sur acier par A. et G. Findcn pour l'édition de 1836. — Eugène Renduel.

Gilbert et SimêM Renard (journée I), La Reine et Jane (journée III), dessinés et gravés \ Tcau-forte par Frédéric Régamej. -- Parti h Veau-forte, n" 33, novembre 1873.

Marie Laurent, rôle de Marie Tudor, gravé d*après un cliché d'Etienne Carjat.

Le Cort^ du condamn/, dessin d'Urrabitea, gravé par Haugar. — Zfnivers iUuSM, octobre

Gilbert et Fabiano (journée l), La confrontation de Jane et de Fabiano (journée Il),Le Cortige du condamn/ (joutnéc III), dessins de Nouveau , gravés ^ l'eau-forte par Roucrgue.

Deux scènes de Marie Tudor. — Album Madou, Bruxelles.

Fabiano aux pieds de la Reine (journée H), Sche du bourreau (journée II), compositions de Martin de Tours, gravées, la première par Champollion, la seconde par Henri Lefort. -- Edition nationale, Emile Testard, 1887.

ANGELO

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