SCÈNE V
RODOLFO, LA TISBE.
LA TISBE.
C'est encore moi, Rodolfo. Bonjour! Je n'ai pu être plus longtemps sans te voir. Je ne puis me séparer de toij je te suis partout j je pense et je vis par toi. Je suis l'ombre de ton corps, tu es l'âme du mien.
RODOLFO
Prenez garde, Tisbe, ma famille est une famille fatale. Il y a sur nous une prédiction, une destinée qui s'accomplit presque inévitablement de père en fîls. Nous tuons qui nous aime.
LA TISBE.
Eh bien, tu me tueras. Apres? Pourvu que tu m'aimes!
RODOLFO
Tisbe. . .
LA TISBE.
Tu me pleureras ensuite. Je n'en veux pas plus.
RODOLFO
Tisbe, vous mériteriez l'amour d'un ange. (Il lui baise la main et sort lentement.)
LA TISBE, seule.
Eh bien! comme il me quitte! Rodolfo! Il s'en va. Qu'est-ce qu'il a donc.^ (Regardant vers le banc.) — Ah! Homodci s'est réveillé!
Homodei paraît au fond du théâtre.