Revue française, mars 1866, tome XIII, page
avait quitté pour lui sa patrie. Il ne sait pas combien j'étais attaché à sa personne. Votre chambellan, madame, qui revient d'Italie, sait qu’on peut vivre heureux dans ma petite retraite auprès de Genève, appelée les Délices; mais il sait aussi qu’un homme qui a fait sa cour à Votre Altesse royale ne peut vivre heureux ailleurs. Qu’elle me permette de faire mille vœux pour sa santé : la nature lui a donné tout le reste, Mais à quoi servent la beauté, la grandeur, l’esprit et les grâces, quand le corps souffre ?
Que Son Altesse royale et monseigneur agréent le profond
respect et les ferventes prières de Frère VOLTAIRE.
3331. — À M. DE BRENLES.
Ce dimanche.
On prétend que monsieur votre beau-frère*, le prêtre, voudrait voir une pièce tirée du Nouveau Testament. Nous préchons peut-être l'Enfant prodigue jeudi, après quoi on a pour le dessert un opéra-buffa ?. Prenez vos mesures là-dessus, mon cher philosophe ; si ce n’est pas jeudi qu’on prêche, ce sera assurément cette semaine. Bonsoir ; je vous serai attaché, à vous et à la philosophe votre compagne, toutes les semaines de ma vie.
À Monrion, 6 mars.
Le bonhomme Lusignan dit les choses les plus tendres à Mr de Fontaine et consorts; il est devenu à présent le bonhomme Euphémon dans l'Enfant prodigue : c’est un vieillard qui aime. toujours la bonne compagnie; jugez s’il vous chérit.
Je suis impatient de savoir si votre aimable secrétaire est ‘ enfin venu à bout, avec M. de Paulmy, d’une affaire qui était si difficile avec M. d’Argenson. Il est arrivé souvent qu'on a été.