‹ Œuvres complètesChapitre 233 sur 475 · Jacob Vernet · texte numérisé non relu

Jacob Vernet

Ajoutons, pour couronner l’œuvre, que c’est un anti-trinitaire qui veut aujourd’hui justifier la mort de Servet.

Quam temere in nosmet legem sancimus iniquam ! (Hon., Liv. 1, sat. 111, v. 67.)

Je vais écrire pour avoir des nouvelles de Syracuse. Il n'est pas juste qu’elle perde l'honneur de son tremblement; il faut qu'il soit enregistré dans le greffe de mon philosophe.

Je n’ai point encore déballé mes livres. La maison est pleine de charpentiers, de maçons, de bruit, de poussière, et de fumée. Je l'aime, malgré le tourment qu’elle me donne, à cause du plaisir qu’elle me donnera.

Bonsoir, mon vertueux ami. Dieu nous donne la paix cet hiver, ou au plus tard le printemps! Si j'osais, je lui demanderais un peu de santé; mais je n’irai pas le prier de déranger l'ordre des choses pour donner un meilleur estomac à un squelette de cinq pieds trois pouces de haut sur un pied et demi de circonférence. Tout malingre que je suis, je ne me plains guère, et je vous aime de tout mon cœur.

Lyon, 24 octobre.

J'ai reçu, monsieur, avant-hier la lettre dont vous m'avez honoré le 20, et hier je fus en campagne pour la communiquer à la personne. Je lui en fis lecture: bien loin de la regarder comme un songe, il en a été enchanté. « Apparemment, dit-il, que si ce projet s'exécute, le paquet de madame la margrave lui parviendra par vous, monsieur ? » Je lui ai répondu que vous suivriez la même route commencée. Il est bien content des vers galants que vous avez faits pour M*° de Montferrat, et très-sensible à toutes les politesses dont vous l’avez comblée.

Si vous usez de comparaison avec la réception faite il y a trois ans, vous devez le trouver extraordinaire; mais je vous prie d'observer la circosstance de ses places et les avis qu’il avait alors de la cour. Je puis bien vous assurer de la répugnance qu’il avait et de son penchant à être agréable à tous. Dans cet intervalle de temps, la façon de penser a bien change; On arrive au vrai par la communication des idées, et s’il avait le plaisir de vous voir à présent, vous en seriez aussi édifié que vous l'avez été peu. I y a quelque temps que je lui entendis faire publiquement votre éloge, et il y avait des gens de même étoffe que lui.

Mon suffrage sur votre excellente lettre n’est pas d’un grand poids; mais je ne puis assez vous dire combien je suis content, et combien je désire que des vues aussi sages et utiles à l’Europe soient couronnées du succès par la continuation de vos soins éclairés et les suites de votre crédit sur l'esprit du roi de Prusse et de madame sa sœur, et leur confiance en vous. De mon côté, je ne perdrai pas un instant pour tout ce dont je serai chargé.

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