‹ Œuvres complètesChapitre 235 sur 475 · ConazsPonDance. VII · texte numérisé non relu

ConazsPonDance. VII

290 CORRES PONDANCE.

Au Chêne, à Lausanne, 29 octobre.

La mort de ce pauvre petit Patu‘ me touche bien sensiblement, monsieur. Son goût pour les arts et la candeur de ses mœurs me l’avaient rendu très-cher. Je ne vois point mourir de jeune homme sans accuser la nature; mais, jeunes ou vieux, nous n’avons presque qu’un moment ; et ce moment si court, à quoi est-il employé? J'ai perdu le temps de mon existence à composer un énorme fatras dont la moitié n’aurait jamais dû voir le jour. Si, dans l’autre moitié, il y a quelque chose qui vous amuse c’est au moins une consolation pour moi. Mais, croyez-moi, tout cela est bien vain, bien inutile pour le bonheur. Ma santé n'est pas trop bonne : vous vous en apercevrez à la tristesse de mes réflexions. Cependant je m'occupe avec M"° Denis à embellir mes retraites auprès de Genève et de Lausanne. Si jamais vous faites un nouveau voyage vers le Rhône, vous savez que sa source * est sous mes fenêtres. Je serais charmé de vous voir encore, et de philosopher avec vous. Conservez votre souvenir au Suisse V.

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