‹ Œuvres complètesChapitre 41 sur 475 · Ce dernier alinéa est de la main de Voltaire · texte numérisé non relu

Ce dernier alinéa est de la main de Voltaire

3. Voltaire entend parler ici d'un provision de paille à prendre probablement à Plain-Palais, quartier voisin des murs de Genève. — Loup était un domestique de Voltaire agriculteur, (CL.)

aussi que les filles, qui logent en haut, mettent leurs lits dans l’ancienne maison, ou ailleurs. Ce sera l'affaire de peu de jours. J'ai extrêmement à cœur ce petit ouvrage, qui rendra la maison plus propre. Je vous prie d’ordonner qu’on fasse travailler les chevaux, sans les trop fatiguer. Nous ne partons pour Berne que samedi matin.

Je ne puis trop vous remercier de l'attention que vous avez eue de faire observer à MM. Cramer qu’il faut donner un coup de ciseau à tous les cartons. Ayez, je vous prie, le soin de les engager à n’y pas manquer.

Je vous embrasse ; j'ai grande envie de vous revoir.

A Monrion, 15 mai.

La bise nous a retenus; nous ne partons pour Berne que demain dimanche, au matin. Je suis très-sensible à tous vos soins. Je recommande à votre grande industrie la porte grillée qui ne ferme point. Si vous en venez à bout, je vous croirai un grand architecte. Pourriez-vous vous amuser à faire un nouveau plan du jardin des Délices, où il n’y eût que des points en crayon ? Nous le remplirons ensemble à mon retour.

Je compte sur les coups de ciseaux des fratelli Cramer ; je voudrais aussi qu’ils allassent lentement avec Louis XIV!', à qui j'ai encore quelques coups de pinceau à donner.

Mwe Denis vous a demandé un manteau fourré qui deviendra inutile ; il ne le sera pas d’avoir nos lettres. Je crois qu’on pourrait les adresser à Berne, où nous resterons quatre ou cinq jours au moins.

Allez un peu aux nouvelles chez le résident?. Il faut savoir se à Francesi abbiano battuto, o lo siano stati.

M°° Denis, notre surintendante, approuve beaucoup le marché de la paille.

Addio, caro. V.

1. Le Siècle de Louis XIV faisait partie de l'édition de 1756 de l'Essai sur l'Histoire générale devenu Essai sur les Mœurs. 2. Montpéroux, nommé dans la lettre 2914.

À Berne 1, 18 mai.

Si vous nous envoyez quelques lettres adressées aux Délices, ne nous en envoyez à Berne qu’une fois, et gardez les suivantes jusqu’à nouvel ordre, mon cher Colini: car nous sommes un peu en l'air. Nous irons à Soleure?, de là nous retournons à Monrion, et nous regagnons ensuite notre lac de Genève.

Je vous prie d’ordonner qu’on refasse le talus que les eaux avaient emporté vers la Brandie, qu’on le sème de fenasse, et qu’on laisse deux petites rigoles pour l'écoulement des eaux à travers les haies; c’est Loup qui doit prendre ce soin, Il faut que les charpentiers fassent en diligence le berceau qui doit être posé vis-à-vis la Brandie, et que l’on prépare des couleurs pour Je peindre. Je vous prie d’ordonner aux jardiniers d’arroser les fleurs et les gazons de la terrasse. Je compte retrouver tout très-propre. Il faut que Boësse * presse les travailleurs. Voilà de bien menus détails.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

A Berne, 23 mai.

Il faut que Loup fasse venir de gros gravier, qu'on en répande, et qu’on l’affermisse depuis le pavé de la cour jusqu’à la grille qui mène aux allées des vignes. Ce gravier ne doit être répandu que dans un espace de la largeur de la grille. Les jardiniers devraient déjà avoir fait deux boulingrins carrés, à droite et à ga uche de cette allée de sable, en laissant trois pieds à sabler aux deux extrémités de ce gazon, comme je l'avais ordonné.

Je prie M. Colini de recommander cet ouvrage, qui est très-

4. Voltaire alla voir à Berne le pasteur Bertrand, les avoyers Steiger et Tiller, ainsi que le banneret Freudenreich. Il descendit à l’auberge du Faucon, rue du Marché. ( CL.)

2. Chavigny, ambassadeur de France en Suisse, résidait à Soleure, et ce fut lui que Voltaire alla y voir. Colini, qui parle de ce voyage dans ses Mémoires, n°en connut jamais le motif précis ; il dit seulement que Voltaire, en allant à Soleure, devait avoir des vues bien importantes. Je crois que Chavigny proposa à l'ancien ami de Frédéric de retourner à Potsdam pour y négocier secrètement: ce que Voltaire eut la prudence de refuser (voyez lettres 3180 et 3183). (CL.)

__ L'ermite des Délices fit un autre voyage à Soleure, comme le prouve la date de sa lettre du 19 août 1758, à l'abbé de Bernis.

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