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Éditeurs, de Cayrol et François

nu

n si je ne trouvais des facilités auprès de M. le comte de arche. J'ai écrit à son intendant, et, supposant toujours que iroits étaient de huit mille livres, j'ai demandé une diminu- 1: de moitié.

Oserai-je vous supplier, monsieur, de vouloir bien spécifier, que vous écrirez, que c’est la somme de quatre mille livres ‘ je propose de donner ?

On me dit que Son Altesse sérénissime s'est réservé les deux s de ce droit. À l'égard de votre tiers, j'en passerai par ce que 18 voudrez bien me prescrire, et j'attendrai vos ordres pour iclure ma négociation entamée. Elle me procure l'honneur de 1s assurer de mes sentiments: et soit que je sois possesseur cette terre, soit que le marché n'ait pas lieu, je serai toujours, nsieur, avec respect, votre très-humble et très-obéissant ser-

eur.

VOLTAIRE

gentilhomme ordinaire du roi.

Aux Délices, 16 octobre.

Mon cher ami, votre paquet doit être à Lausanne, avec celui e M. Polier de Bottens ; je lui écris pour qu'il vous le fasse tenir. os occupations sont tranquilles et agréables, tandis que le mal \oral et le mal physique inondent la terre. On croyait le 7, à trasbourg, qu’il y avait eu une bataille; et on craignait beauoup, parce que le courrier ordinaire avait manqué. Travaillez, non cher ami, sur les productions merveilleuses de la terre ; les hilosophes examinent avec peine ce que les rois détruisent si tisément. Sondez la nature des métaux qu’ils ravissent ou qu'ils emploient à la destruction; leur cœur et ceux de leurs importants esclaves sont plus durs que tous les minéraux dont vous parlerez. Mes tendres respects à M. et M de Freudenreich, qui ont, ainsi que vous, un cœur si différent de celui des princes. V.

Aux Délices, 17 octobre.

Je vous remercie de l'opéra, et s’il est de vous, mon cher ami, je vous en ai une double obligation.

1. Éditeurs, de Cayrol et François. — Cette lettre est peut-être de 1757, mais assurément elle n'est pas de 1759. (G. À )

Je ne sais pas pourquoi on dit que les circonstances présentes pourraient me faire revenir. Je ne suis établi à mes Délices que pour ma santé et pour mon plaisir. La beauté du lieu et lagrément de ma retraite, la très-bonne compagnie qui y vient, sont des liens qui m’y attachent. Un malade qui est auprès de M. Tronchin ne doit pas se transplanter. Je regrette beaucoup des amis tels que vous; mais je ne puis regretter le monde.

Ma nièce vous fait ses compliments. Elle a été longtemps garde-malade.

3619. — A MADAME LA DUCHESSE DE SAXE-GOTHAt.

Aux Délices, 17 octobre.

Madame, à la réception de la lettre dont Votre Altesse sérénissime m’honore, j'écris encore au Genevois La Bat, et je lui dis que ce n’est pas assez d’être baron, qu’il faut encore être poli. Quand on a fait signer à un grand prince un reçu d'argent comptant, il est juste, à ce qu’il me semble, que cet argent soit touché. Je ne m’entends guère, madame, à ces négociations genevoises : mais je soupçonne que le seigneur baron La Bat aura demandé que Vos Altesses sérénissimes eussent à compter du jour qu'il aura envoyé ses lettres de change. Apparemment les banquiers ne les ont pas négociées assez tôt, et le ministre de Vos Altesses sérénissimes les a pressés sans doute de finir. Sérieusement, madame, il est très-ridicule qu’elle ait été si négligemment servie: ses ordres doivent être exécutés avec plus de promptitude. Jai fait tout ce que j'ai pu pour communiquer à mon baron toute mon envie de vous plaire. Ah ! madame, s’il avait fait comme moi un séjour à Gotha, s’il avait eu le bonheur de s'approcher de madame la duchesse, il serait certainement plus diligent, il regarderait comme un crime de faire attendre un moment Vos Altesses sérénissimes.

Dieu veuille que ces cinquante mille florins ne soient pas pris par des housards ! Nous sommes dans un temps où la moitié du monde tue son prochain, et où l’autre le pille. Votre Laudon, madame, qui dit que Dieu punit les hommes, est donc un des instruments de la justice divine ? La punition est un peu longue. et n’a pas l’air de finir sitôt. S'il y a cinq justes en faveur de qui on puisse pardonner, ces cinq justes sont dans le château

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