Éditeur, Th. Foisset
ANNÉE 1758. 547 exiger; pour être par lui rendu à l'expiration de sa jouissance, le troupeau de vaches tel qu'il a été remis au fermier actuel, pour en rendre pareil nombre et valeur suivant l'estimation qui en scra faite par experts tous les meubles et effets d'agriculture et futailles; comme encore tous les meubles meublants qui sont dans le château; toutes lesquelles choses seront remises ledit jour vinzt-deux février prochain audit sieur preneur, qui s'en chargera sur un état et inventaire à double, dans lequel sera spécifiée la quantité de foin et de paille qui se trouveront dans les granges, et aussi la quantité de terres ensemencées, pour être rendu par ledit sicur preneur à la fin de sa jouissance au mème état, auquel temps fous les meubles et effets qui se trouveront dans lesdits bâtiments sans erceplion appartiendront audit scigneur de Brosses en propriété.
M. de Voltaire aura la faculté de faire dans les bâtiments et fonds les changements qui lui conviendront, au moyen de quoi il restera chargé de toutes reparations, tant dans lesdits batiments que dans les fonds, et de rendre le tout en bon état. M. de Voltaire aura la pleine jouissance de la forêt de Tournay, et des bois qui soNT SUR PIED el non vendus, de laquelle il usera en bon père de famille sans la détruire ; c'est-à-dire en y laissant par chaque po-e, l'une portani l'autre, soixante arbres de ceux qui sont sur pied, et elle sera mise en défense pour croître en taillis.
Ce bail fait moyennant la somme de trente-cinq mille livres, qui ont été payées présentement par ledit sieur preneur, en lettres de change sur Lyon, payables la moitié en payement des Saints, et l'autre moitié en payement des Rois, dont ledit seignour de Brosses tient quitte ledit sieur preneur.
Et en outre M. de Voltaire promet et s'oblige de faire dans lesdits bâtiments, granges, fossés, jardins, écuries, en constructions, grosses réparations et améliorations de toute espèce, avenues, chemins, haies autres que celles d'entretien ordinaire, pendant le cours de sa jouissance, soit pour l'utilité, soit pour l'agrément, jusques à concurrence de la somme de douze mille livres. comme faisant ladite somme partie du prix du présent bail, suivant la reconnaissance et estimation par experts, relativement aux livres de dépense dudit sicur preneur, et ledit emploi des douze mille livres ne sera point exigible si ledit sieur preneur venait à décéder dans les trois premières années, et sans répétilion néanmoins de ce qui se trouvera fait.
Ledit seigneur de Brosses s'engage à ne faire couper aucun arbre dans ladite forèt, à la réserve de huit chénes vendus à un tonnelier de Genève, qui sont encore sur pied, et ce à compter de ce jour.
Le revenu annuel de ladite terre ayant été estimé être de la somme de trois mille cinq cents livres. Tout ce que dessus ainsi convenu entre lesdites parties, qui ont promis l'exécuter respectivement, à peine de tous dépens, dommages et intérêts, obligation de biens.
Fait, lu et prononcé au château de Ferney, en présence de Bernard et Jacques Brillon frères, laboureurs, demeurant audit Ferney, témoins qui ont signé avec les parties, el moi dit notaire.
Signé sur la minute: BROSSES, DE VOLTAIRE, Jacques Brillon, Ber-
nard Brillon, et Girod, notaire.
Contrôlé à Gex, le quinzième décembre 4758; reçu quatre-vin:t-: livres huit sols. Signé : Rods.
Par expédition audit seigneur de Brosses, GinoD.
Marc Duval, conseiller du roi, lieutenant général au bailliage de ü+1. certifions que M. Girod, qui a reçu, expédié et signé l'acte ci-devant, e< notaire royal en ce bailliage, et que foi doit v être ajoutée en juyemern: « dehors. En témoin, nous avons donné les présentes sous le sceau de cbailliage, de nous signées à Gex, en notre hôtel, ce six juin mil sept «c
soixante-dix-huit.
DuvaLz.
Aux Délices, 11 décembre.
Mon antique bouche prend la liberté de baiser le bras que ie roi de Pologne a orné d’un bracelet, et je crois que le contenu est plus précieux que le contenant.
Je vous remercie de toutes vos nouvelles. M. Silhouette a trèsbien traduit Pope et Warburton ; il peut être contrôleur génera tant qu’il voudra? ; il n’y a pas apparence qu’il me fasse paser beaucoup d'ordonnances.
Je ne connais pas de Boston aux Grandes-Indes, mais bien Boston dans la Nouvelle-Angleterre, en Amérique. Souvenez-vous mon ami, des marmottes des Alpes.
Délices, 13 décembre.
Je suis bien plus coupable encore que vous ne le dites, et ie crois vous avoir fait ma confession par ma dernière lettre : car, outre la terre de Ferney, que j'ai achetée pour les miens et où j> bâtis, j'ai encore acheté à vie le comté de Tournay, du préside: de Brosses.
Je vais à présent vous ouvrir mOn cœur : ce cœur est trop à vous pour vous être caché.
Après avoir pris le parti de rester auprès de votre lac, il fallai’ soutenir ce parti; mais vous savez qu'à Genève il y a des prêtre comme ailleurs. Vous n’ignorez pas qu'ils ont voulu me jouer quelques tours de leur métier; ils ont continuellement répané 1