Ammeister ou premier magistrat de la ville de Strasbourg
90 CORRESPONNANE
271% — A M EIOBT. ÉVLOTE L'ANNÉE Y
Monscizueur, le curé d'un petit v 325e pas M es 5 1 de ma terre, a suscité un proces à mes Vaux 25 E-TS ayant souvent quitté sa cure por a:er Sera be. 2. cablé aiment des cultüivateurs ur süen.ent cé Lies D Te
qui soutient leur vie. Il leur a fait re ur cu pre cette 7e pendant qu'ils labouraient leurs cham:s, et à 62 :: 27. compter parini sé frais de justice les vova:es Gaia ruiner. Vous savez mieux que moi, Imonsi:reur. € Lee. les premiers temps de l'Église, les saicts Peres s si. contre Îles ministres sacrés qui emuluient aux 2f:i7 relles le temps destiné aux autels. Mais si on leur avait: !: prêtre est venu avec des sergents ranconner de pauvres fa... les forcer de veudre le seul pré qui nourrit jeurs bestiaut. ôter le lait à leurs enfants, , qu'auraient dit les Jérome. les fre". les Augustin ? Voilà, monseigneur, ce que le cure de Mo venu faire à la porte de mon château, sans daigner méme tr" venir parler. Je lui ai envové dire que j'offrais de parer la ps grande partie de ce qu'il exige de mes communes. et Harpondu que cela ne le satisfaisait pas. |
Vous gémissez sans doute que des exemples si odieux soi°r' donnés par des pasteurs catholiques, tandis qu'il n'y a pas ti seul exemple qu’un pasteur protestant ait été en proces avec 5” paroissiens ?, Il est humiliant pour nous, il le faut avouer, de vw: dans des villages du territoire de Genève des pasteurs héreli}i® qui sont au rang des plus savants hommes de l'Europe, qui sèdent les langues orientales, qui prêchent dans la leur air éloquence, et qui, loin de poursuivre leurs paroissiens pour &: arpent de seigle ou de vigne, sont leurs consolateurs et li" pères. C’est une des raisons qui ont dépeuplé le canton Gt j'habite. Deux de mes jardiniers ont quitté, l'année précëdti! notre religion pour embrasser la protestante. Le village de Rr sières avait trente-deux maisons, et n’en a plus qu’une; les villi£"
4. Cette lettre a été publiée par Beuchot au 15 décembre de l'année
2. Ce qui fait que jamais les curés protestants n’ont de procès avec leurs «3 © c'est que ces curés sont payés par l'État, qui leur donne des gage»: ils °°" tent point la dixième ou la huitième gerbe à des malheureux. C'est le par l'impératrice Catherine II a pris dans son empire immense. La vexation d°- 1 y est inconnue. — Cette note est de 1776, lorsque Voltaire, dans son Comm 7 historique, y fit imprimer une partie de sa lettre à Biort. (B.)
de Magny et de Boisy ne sont plus que des déserts. Ferney est réduit à cinq familles, ayant droit de commune, et ce sont ces cinq pauvres familles qu’un curé veut forcer d'abandonner leurs demeures pour aller chercher sur le territoire de la florissante Genève le pain qu’on leur dispute dans les chaumières de leurs pères. Je conjure votre zèle paternel, votre humanité, votre religion, non pas d'engager le curé de Moëns à se relâcher des droits que la chicane lui a donnés: cela est impossible; mais à ne pas user d'un droit si peu chrétien dans toute sa rigueur, à donner les délais que donnerait le procureur le plus insatiable, à se contenter de ma promesse, que j'exécuterai aussitôt que mes malheureux vassaux auront rempli une formalité de justice préalable et nécessaire. J'attends de vous cette grâce, ou plutôt cette justice. Je suis, etc.
3719. — A M. JEAN SCHOCVALOW.
Ferney, par Genève, 16 décembre.
Monsieur, je vous souhaite une année remplie de toutes les félicités que vous méritez ; et je ne me souhaite, à moi, qu'un gros paquet qui puisse me mettre en état d'achever l’histoire de Pierre le Grand. J'ai déjà eu l'honneur de vous dire, en bon Israélite, que je ne peux faire ma brique quand on ne me donne point de paille‘. J'ai quelques instructions sur votre empire, et rien sur votre empereur. Je me suis procuré un grand loisir dans une de mes terres, et je ne veux consacrer ce loisir qu’à vous donner des témoignages de mon zèle et de mon attachement pour votre personne.
J'ai l'honneur d’être, avec les sentiments que je vous dois, etc.
Au château de Ferney, pays de Gex, route de Genève, 16 décembre.
Monsieur, daignez-vous vous souvenir encore d’un solitaire et d’un malade attaché à toute votre maison depuis qu'il respire, et à vous depuis que vous êtes né? J'achève mes jours dans le pays de Gex. Il est vrai que j'ai une jolie maison de campagne dans Je territoire helvétique de Genève ; mais j'ai des terres considérables à deux lieucs de Gex, en France. Il n’y a point de haras dans le pays : ce pays est très-propre à fournir d'excellents che-
4. Exode, chapitre v, versets 7, 10.12 13, 16, 18. 9, Intendant des écuries du roi. — Éditeurs, Bavoux et Francois.
vaux. Je possède huit cavales fort belles. J’ai auprès de moi un de mes parents, nommé Daumart, mousquetaire du roi, qui me paraît avoir beaucoup de talents pour les haras. __ Je vous offre mes services, monsieur, et ceux de mon parent. On dit que vous voulez bien prêter des étalons du roi aux signeurs des terres qui veulent s’en charger : c’est à vous à décider jusqu’cù vos bontés pour moi peuvent s'étendre. Je vous serai très-obligé de me vouloir bien honorer d’une patente de votre capitaine et directeur des haras dans le pays de Gex. Si, au bout de quelque temps, vous êtes satisfait de mon administration, vous pourrez alors donner des appointements à mon parent Daumart. Voilà ma requête présentée ; j'attends vos ordres et vos bontés. J'ai l'honneur d’être, etc.
Ferney, 17 décembre.
La copie de ma lettre à l’évêque d'Annecy vous fera vair. mon cher ami, de quoi il est question. Il est de la plus grand: importance qu’on ait la bonté de me communiquer les titres par lesquels la seigneurie est en possession de la dime de Colovrex, conjointement avec les habitants, nommés les pauvres de Ferner. Les habitants de Ferney ont perdu leur procès en qualité de pauvres, et Genève pourrait bien être attaquée en qualité de riche.
VOLTAIRE, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.