‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 127 sur 312 · III* PARTIE, CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

III* PARTIE, CHAPITRE XL

vocation ilz auront exercées , mays , icelles passées , de s'en laver le cœur et l'affection, et de s'en purifier au plus tost, pour par après avec toute liberté d'esprit pratiquer les autres actions plus pures et relevées. En cet ad vis consiste la parfaite pratique de l'excellente doctrine que saint Paul donne aux Corinthiens ; a Le tems est court, dit-il • reste que ceux qui ont des femmes soient comme a'en ayans point; » car, selon saint Grégoire, celuy a une femme comme n'en ayant point qui prend tellement les consolations corporelles avec elle que pour celp, il n'est point détourné des prétentions spirituelles. Or ce qui se dit du mary s'entend réciproquement de la femme, ce Que ceux qui usent du monde , dit le mesme apostre , soient comme n'en usans point. » Que tous donc usent du monde , un chacun selon sa vocation, mais en telle sorte que, n'y engageant point l'affection , on soit aussi libre et prompt à servir Dieu comme si l'on n'en usoit point. C'est le grand mal de l'homme , dit saint Augustin , de vouloir jouir des choses desquelles il doit seulement user, et de vouloir user de celles desquelles il doit seulement jouir : nous devons jouir des choses spirituelles, et seulement user des corporelles , desquelles quand l'usage est converty en jouissance nostre ame raysonnable est aussi convertie en ame brutale et bestiale. Je pense avoir tout dit ce que je voulois dire, et fait entendre, sans le dire, ce que je ne voulois pas dire.

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