‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 137 sur 312 · IV' PARTIE, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

IV' PARTIE, CHAPITRE V

toîs ce desplaysir et cette résistance en ton cœur, par laquelle il se refusoit tant qu'il pouvoit à la tentation , et, ne pouvant pas tant qu'il vouloit , il en sentoit un plus grand desplaysir et une plus grande haine contre icelle et contre soy-mesme ;. et ainsy ces peines estoient un grand mérite et un grand gain pour toy, et un grand accroissement de ta vertu et de ta force.

Yoyés-vous, Philothée, comme ce feu estoit couvert de la cendre, et que la tentation et délectation estoit mesme entrée dedans le cœur, et avoit environné la volonté, laquelle seule, assistée de son Sauveur, resistoit par des amertumes, des desplaysirs et detestations du mal qui luy estoit suggéré, refusant perpétuellement son consentement au péché qui Tenvironnoit. 0 Dieu ! quelle détresse à un ame qui ayme Dieu de ne sçavoir seulement pas s'il est en elle ou non, et si l'amour divin, pour lequel elle combat, est du tout esteint en elle ou non! Mais c'est la fine fleur de la perfection de l'amour céleste que de faire souffrir et combattre l'amant pour l'amour, sans sçavoir s'il a l'amour pour lequel et par lequel il combat.

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