‹ Œuvres complétes Volume 1Chapitre 146 sur 312 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Comme il faut fortifier son cœur contre les tentations.

Considérés de tems en tems quelles passions dominent le plus en vostre ame, et les ayant descouvertes, prenés une façon de vie qui leur soit toute contraire en pensées , en paroles et en œuvres. Par exemple , si vous vous sentes inclinée à la passion de la vanité , faites souvent des pensées de la misère de cette vie humaine, combien ces vanités seront ennuyeuses à la conscience au jour de la mort, combien elles sont indignes d'un cœur généreux, que ce ne sont que badineries et amusemens de petitz enfans, et semblables choses. Parlés souvent contre la vanité, et, encor qu'il vous semble que ce soit à contre-cœur, ne laissés pas de la bien mespriser ; car par ce moyen vous vous engagerés , mesme de réputation , au party contraire ; et à force de dire contre quelque chose , nous nous esmouvons à la haïr, bien qu'au commencement nous luy eussions de l'affection. Faites des œuvres d'abjection et d'humilité le plus que vous pourrés, encor qu'il vous semble que ce soit à regret ; car par ce moyen vous vous habitués à l'humilité et affoiblissés vostre vanité . en sorte que , quand la tentation viendra , vostre inclination ne la pourra pas tant favoriser, et vous aurés plus de force pour la combattre.

Si vous estes inclinée à l'avarice, pensés souvent à la folie de ce péché , qui nous rend esclaves de ce qui n'est créé que pour nous servir; qu'à la mort aussi bien faudra-il tout <Tuitter, et le laisser entre les mains de tel qui le dissipera, ou auquel cela servira de rtiine et de damnation ; et semblables pensées. Parlés fort contre l'avarice, loués fort le mespris du monde , violentés-vous à faire souvent des aumosnesetdes chan!és^€tàb»5^e»^ es^ou^ev r':(^l r^os occasions ^'assembler.

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