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Oeuvres Completes Volume 16

L'utilité des tables de matières est trop généralement sentie pour avoir besoin d'un long éloge; il n'est aucun lecteur qui n'éprouve que sans son secours un ouvrage consi> dérable devient presque inutile. Il est si fastidieux de chercher pénibleirient dans un grand nombre de volumes le fait ou la pensée qu'on désire connoître, que les lecteurs les plus patients y renoncent eux-mêmes, fatigués de perdre le temps à des recherches pénibles. Mais si l'utilité des tables est incontestable, il faut avouer que la manière de les coordonner ajoute à leur utilité; si une table n'offre qu'une sèche nomenclature, que des indications succinctes et très abrégées, son utilité nous paroît au moins douteuse. Mais si à l'exactitude des renseignements, à l'étendue des désignations, elles ajoutent encore l'analyse de l'ouvrage, ce travail si long et si pénible doit satisfaire les esprits les plus difficiles, en leur offrant le double avantage de présenter l'aperçu de la doctrine de l'auteur, et la désignation des développements plus considérables qui se trouvent dans le corps de l'ouvrage.

C'est ce double avantage que nous avons cherché, en faisant la Table des matières des Œuvres complètes de saint François de Sales ; nous espérons que ce travail consciencieux sera justement apprécié par les nombreux admirateurs du saint évêque de Genève ; ses ouvrages seront dignement couronnés par une table analytique, à laquelle on n'a rien épargné pour la rendre digne de lui.

Nous terminerons notre travail d'éditeur des Œuvres du saint évêque, en rappelant à ses lecteurs que sa doctrine, quoique sainte et digne des suffr.iges de l'Eglise, n'excita pas, quand ses ouvrages parurent, d'unanimes apjdaudissements relativement à quelques unes de ses parties. Sans rechercher aujourd'hui les causes plus ou moins honteuses du déchaînement de quelques moines à ce sujet, nous dirons que les quiétistes s'emparèrent de sa doctrine sur l'in-

3t PRÉFACE.

différence pour en étayer leurs erreurs. Mais Bossuet, dans ses lettres à Mad. de La Maison-Fort, n'eut pas de peine à montrer que le saint évéque ne parle nullement de l'indifférence pour le salut, mais seulement de l'indifférence pour les événements divers de la vie présente : et si quelques unes de ses expressions à ce sujet paroissent trop fortes, il faut expliquer ces suppositions par impossible, par rensemblc de la doctrine du saint évêque.

Saint François n'aimoit pas qu'on se disputât beaucoup sur la question du pouvoir des papes, sur le temporel des rois; dans une lettre au président Favre, il recommande un grand silence à ce sujet. 11 est certain que ces disputes, plus nuisibles qu'utiles, n'étoient pas de nature à arrêler les progrès du calvinisme; ce n'est pas quand l'ennemi attaque la religion de front qne ses défenseurs doivent se diviser pour des questions d'un intérêt secondaire.

On reprocha au saint évêque ses concessions relatives aux bals, aux danses et aux joyeusetésde la conversation ; mais si avant de lui faire des reprociics à ce sujet on avoit pris la peine de lire toutes les restrictions qu'il met à ses concessions, toutes les précautions qu'il exige pour empêcher que ►ces amusements ne soient funestes, on aurait bien vu que cette permission équivaloit à une défense.

On remarqvie dans ses ouvrages qu'il étoit partisan de la doctrine du Combat spiiituel ; il en développe souvent les maximes ; il est aisé de voir que ce livre se reflète dans ses productions diverses : ce n'est pas un mince éloge pour le Combat spirituel.

La doctrine de saint François de Sales a été approuvée par l'Eglise; elle est donc à l'abri de toute censure. Cette doctrine, qui n'est au fond qvie le développement de la doclrine évangélique, n'a pas besoin d'autre louange. L'Eglise, dépositaire de la vérité, la prise sous sa sauvegarde : parce qu^elle a vu que la doclrine sortie d'un cœur aussi pur et d'un esprit aussi élevé ne pouvoit faire que des saints.

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