CONSTITUTION XLIII
De la première recoplion de celles qui désireront estre de la congregalion.
On ne recevra aucune fille pour entrer en la cono-ren-ation , qui n'ait quinze ans accomplis, et ne sçache Tire! si elle est présentée pour estre du chœur, et qui ne temoi«^ne un grand désir de la perfection chreslienne; et quant aux moyens requis pour l'entretenement, on y avisera de temps rn temps , selon les commoditez de la maison.
Et quand quelque fille oufemme sera proposée pour estre receuë: avant toutes choses on la fera venir en la maison, où elle arrestera quelques jours comme étrangère , pour
CONSTITUTIOiNS. CXV
cstre veuë et considérée de la supérieure et des sœurs.
Et quand la supérieure jugera qu'il en soil temps, elle fera faire la demande de l'entrée par la prétendante en plein chapitre ; puis elle prendra les voix de toutes les sœurs, et si la supérieure avec la pluspart des sœurs s'accordent à la réception, on l'admettra au premier essay ; le tout neantmoins ayant préalablement pris Tavis du père spirituel , qui de son costé s'euquerra des conditions de la fille, afin de mieux conseiller les sœurs en cette occurrence.
Les vefves seront de mesme condition quant à ce point: hormis qu'il faudra prendre garde de n'en point recevoir qui ayent des enfans , pour la conduite desquels il soit vrayement nécessaire qu'elles demeurent au monde : ny de celles que l'on reconnoist estre fort tendres de leurs enfans , et sujettes à se troubler : car encore que telles vefves semblent à l'abord bien disposées , tandis que la ferveur des premières impressions de la dévotion les anime; elles sont toutefois grandement sujettes peu après , aux tentations de l'inquiétude, à la moindre difficulté qui se présente; s'imaglnans que si elles estoient au monde, elles feroient des miracles pour leurs enfans : et ne cessent jamais de parler d'eux et de les lamenter : et quoy que leur entrée fust grandement utile à leurs enfans mesmes, pour peu qu'elles fussent faschées d'ailleurs , elles prendroient occasion de blasmer et censurer leur retraite , avec scandale de plusieurs.
Et en gênerai, on évitera deprendre des filles, ou femmes qui soient mutines , ou opini.nstres , ou trop égarées et folastres, les unes s'arrestant trop à leur propre cervelle, et les autres ne s'arrestant à rien. Comme encore on se gardera, tant qu'il sera possible , de prendre celles qui sont trop addonnées à la tendreté et compassion sur elies-mesmes.