‹ Œuvres Completes Volume 16Chapitre 136 sur 188 · ARTICLE IX · texte numérisé non relu

ARTICLE IX

Quand' on sonne l'obédience, que les sœurs se lèvent prompteraent , et demeurent debout, avec un maintien humble et dévot, attendant l'obédience, disant en ellesmesmes : Parlez, Seigneur, voslre servante vous écoute. 0 mon Dieu! rendez-moy digne d'accomplir vostre sainte volonté ; et recevront en cette qualité tout ce qui leur sera enjoint par la supérieure, sans répliques ny excuses, encore qu'elles eussent quelque autre chose à faire ; mais si c'estoit chose pressée et nécessaire , elle le diront par après h la supérieure , et si elles sont novices , elles s'addresseront à leur maistresse, qui en avertira la supérieure.

Si tost que l'obédience sera donnée, les sœurs qui n'ont rien à demander se retireront en leurs cellules, ou autre lieu qui leur sera convenable , pour faire leurs ouvrages, et ce qui leur aura esté ordonné. Qu'en entrant, elles se mettent plus particulièrement en la présence de Dieu , luy demandant la grâce d'employer le silence , scion la lin pour laquelle il a esté saintement institué, qui est, non seulement pourempescher le vain babil; mais aussi pour retrancher les pensées vagabondes et inutiles, s'entretenans avec l'Espoux, et pour prendre nouvelles forces pour travailler sans cesse à son divin service.

Elles se pourront servir de l'oraison du matin, regardant nostre Seigneur au mystère où elles l'ont médité, et s'arrestcront sur quelques uns des points qu'elles auront plus goûtez. Par exemple , si elles ont médité le mystère de la flagellation, et que le regard doux et amoureux que le bénin Sauveur jetloit Je fois à autres sur ceux qui le flagelloient, oit touché leurs cœurs , elles doivent se le représenter souventefois, faigant en suite cet élancement.

Clx directoire.

O doux Jésus, regardez- moi des yeux de vostre miséricorde. Une autre fois : lié ! Seigneur, estez de moi tout co qui peut déplaire à vos yeux.

Elles pourront aussi demeurer doucement aux pieds de nostro Seigneur, comme Magdeleine,ecouta:it ce qu'il dira h leurs cœurs, regardant sa bonté et son amour, et luy parlant de temps en temps par ces ekncemens de cœur, et oraisons jaculatoires, telles ou semblables.

0 Dieu ! vous estes mon Père , recevez-moy entre le» Lras de vostre divine Providence.

Mon Dieu , ayez pitié de ma misère.

Hé, Seigneur! que je ne vive que pour vous.

Helas , mon salut, donnez-moy vostre amour.

Vous estes, ô mon Dieu ! toute mon espérance.

Jésus , soyez moy Jésus.

Sauveur de mon ame , quand seray-je toute vostre ?

Recevez-moy, ô bon Jésus ! entre les bras de vostre Providence.

O mon Dieu ! faites de moy selon vostre divine volonté.

Seigneur, que je ne vive point, si je ne vis pour vous ?

O mon Roy! quand vous verrny-je en vostre gloire?

Seigneur , soyez propice à moy pauvre pécheresse.

Hé Dieu ! quand vous aimeray-je parfaitement?

Seigneur, donnez-moy un cœur humble et doux.

Mon salut et mon amour.

Mon Dieu, vous estes mon tout.

O Jésus ! vous estes les délices de mon cœur.

Hé, Seigneur ! que j'accomplisse toutes vos volonlez.

Par vostre bonté, gardez-moy de vous déplaire.

Mon souverain bien , je ne veux plus que vous.

DlhECTOIBfi. CLXI

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