CHAPITRE V
Et qu'elles ne lèvent point la teste pour estre associées à ^ celles qu'elles n'osoient pas approcher^u siècle: mais qu'elles lèvent leur cœur en haut et ne cherchent point les biens terriens, afin que les monastères ne deviennent utiles aux riches et non aux pauvres, si les riches y sont humiliées, et les pauvres y sont enflées. Mais derechef que celles œesmes qui sembloient estre quelque chose au monde, ne dédaignent point leurs sœurs, qui sont venues de la pauvreté à cette sainte société : mais que plustost elles s'eludient de se glorifier, non de la dignité de leurs riches parons, ains de la société de leurs pauvres sœurs : et qu'elles ne s'clevent point si elles ont contribué de leurs facultez à la communauté, et ne deviennent pas plus superbes de
(i) Chapitre 2 et 4.
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leurs richesses, pour les avoir départies au monastère, que si elles en joiiîssoient au siècle : car toute autre iniquité est exercée es mauvaises œuvres, afin qu'elles se fassent, mais l'orgueil fait des embûches aux bonnes œuvres mesmes, afin qu'estant faites elles périssent. Dequoy sert-il de distribuer en donnant aux pauvres, et se rendre pauvres soymesmes , si la misérable ame est rendue plus superbe en méprisant les richesses, qu'elle n'estoit en les possédant ? Vivez donc toutes unanimement et de bon accord, et honorez Dieu, duquel vous avez esté rendues le temple, les unes en la personne des autres réciproquement.