‹ Œuvres Completes Volume 16Chapitre 53 sur 188 · CONSTITUTIONS. LXVII · texte numérisé non relu

CONSTITUTIONS. LXVII

aux constitutions , ou à la supérieure , elle sera soigneusement corrigée , et mesme par imposition de pénitences et mortifications , selon la qualité de la faute , et tousjours néantmoins en esprit de charité.

Tous les messages et toutes les lettres qui seront apportées dedans la maison, ou qui devront estre envoyées dehors , seront premièrement représentées à la supérieure, qui en ordonnera selon qu'elle jugera le mieux. On excepte néantmoins les lettres du père spirituel , lesquelles estans reçues par la supérieure, seront remises h celles à qui elles seront adressées sans estre ouvertes , comme de mesme celles que les sœurs écriront au père spirituel , ne seront point veuès par la supérieure; ains elles les remettront à celle qui en a le soin pour être cachetées , et les faire rendre audit père spirituel.

Les occasions particulières où il sera requis de dispenser de l'ordinaire façon de vivre selon la règle, et de modérer les exercices pour quelques sœurs ; ou mesme quelquefois pour toutes (ce qui ne doit se faire que pour des occurrences rares et signalées), !a supérieure en aura le pouvoir, comme par exemple , de dispenser une sœur de venir au chœ.ur pour l'office , de jeusner es jeusnes des constitutions ; de venir à la table commune; de parler à quelques uns le voile levé; ou de faire la sainte communion; et de dispenser mesme toute la communauté du silence pour quelque juste occasion ; de manger trois ou quatre fois l'année hors des repas ordinaires, laquelle néantmoins devra estre fort attentive à bien observer la discrétion, pour n'estre ny trop pliable ,ny trop impliable , mais es choses d'importance , et qui tirent conséquence, comme par exemple , de décharger tout-à-fait du jeusne et de la résidence du chœur une sœur, et en pareilles occasions elle prendra toujours l'advis du père spirituel, et s'il est besoin de l'evesque, ainsi que la règle dit.

LXVIII CûiX^TlTUTIOIVS.

Aucune des sœurs n'entreprendra de faire des jeusnes, disciplines, ou telles austeritez corporelles , qu'avec le congé de la supérieure, et s il s'en treiive qui soient fortes pour cela, la supérieure le leur permettra, selon qu'elle le jugera convenable. Que si plusieurs ont licence de pratiquer cette mortification de la discipline, elles la feront le vendredy l'espace d'un Ave maris Stella, et toutes ensemble, afin d'observer en toutes choses, tant qu'il se pourra , la communauté.

La supérieure estant malade, ou tellement occupée qu'elle ne puisse exercer l'oiTice de sa supériorité ; l'assistante tiendra sa place, et luy sera fidèlement et humblement obey et porté respect comme à la propre supérieure.

Que si l'une et l'autre estoit malade ou occupée, la supérieure commettra la charge à celle laquelle, selon Dieu , elle estimera en estre la plus capable. Que si par quelque soudain ou imprévu accident, ou faute d'attention, la supérieure ne commet pas la charge, celle des sœurs surveillantes qui sera la plus ancienne en refigion l'exercera.

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