TRAITÉ XL
Préparation à la très -sainte et très - adorable Communion,
dressée par S. François de Sales pour quelques Religieuses '.
Tous les docteurs sont d'accord que deux choses sont principalement nécessaires avant la communion , à sçavoir, le bon estât de l'ame , et le bon désir. Mais parce que le bon désir est une pièce du bon estât , on peut dire qu'une seule chose est requise , à sçavoir, le bon estât de l'ame. Voyons donc en quelle disposition nous devons mettre nostre ame , autant qu'il nous sera possible, pour dignement communier. Et pour le sujet duquel nous parlons, considérons les facultés principales de l'ame.
* Fidellement recueilly par les Religieuses de la Visitation Sainte Marie d'Anuessy (Edit. de.i641 et de. 1643).
Quant à Pentendement , il le faut espurer cl une chose , et le parer d'une autre. Il le faut premièrement purger de toutes curiosités, en sorte qu'il ne s'enquiere point comment il se peut faire que le propre corps de noslre Seigneur, avec son sang , son ame et sa divinité , soit tout entièrement en la sainte hostie , et en chaque partie d'icelle; ny comment il se peut faire, qu'estant au ciel, il soit en terre ; ny comment il peut estre vray que u estant qu'un seul corps, il soit néanmoins en tant de lieux, et sur tant d'autels, et en tant de bouches. Non , il faut tenir nostre entendement clos et couvert à telles sottes et vaines questions et curiosités ; car nous n'avons que faire de sçavoir comme ce divin sacrement se fait • il suffit que nous sçachions qu'il se fait. C'est à nous seulement d'avoir le soin de bien croire , et de nous en prévaloir.
Ce poinct est commun à tous les mystères de la sainte foy, et à plusieurs autres choses, comme à la création du monde , duquel nous ne sçaurions dire comme Dieu fit quand il le créa , ny comnis il fît quand il créa nostre ame, et la mit dans nostre corps. Qu'est-il donc besoin de sçavoir comment il met son tres-saint corps , son sang et son ame en ce sacrement? C'est à luy de le faire, c'est à nous de le croire. En figure de cela, la céleste manne tomboit jadis au désert, non de jour, mais de nuict, si que nul ne sçavoit comment elle se faisoit , ny comment elle descendbit; mais le matin estant venu, on la voyoit toute faite et descendue : ainsi cette sur-celeste et divine manne de l'Eucharistie se fait en une façon et manière qui nous est secrelte et cachée : nul ne peut dire comment elle se fait , et vient à nous, mais par la lumière de la foy nous la voyonstou te faite.
Que si contre cette pureté d'entendement le malin esprit nous donne des tentations, il s'y faut opposer, s'humilianl devant la toute-puissance de Dieu, disant , ou de cœur, ou de bouche : 0 sainte et immense toute-puissance de mon
Dieu , mon entendement vous adore , trop honoré de vous reconnoistre , et de vous faire l'hommage de son obeyssance et submission ; ô que vous estes incompréhensible , et que je suis joyeuse dequoy vous Testes ! Non , je ne voudrois pas vous pouvoir comprendre ; car vous sériés petit , si une si chetive capacité vous comprenoit. Puis retournant à son propre entendement : Et quoy ! petit moucheron , nourry parmy la pourriture de ma chair, voulés-vous brusler vos aisles à cet immense feu de la puissance divine , laquelle consommeroit et devoreroit les séraphins , s'ils se fourroient à telles curiosités ? Non , petit papillon , il vous appartient d'adorer et vous abysmer, et non pas de sonder. Et quelquesfois on peut repartir au tentateur : 0 malheureux ! ton outrecuidance de vouloir voler trop haut t'a précipité en enfer; je m'empescheray bien de faire un tel sault , moyennant la grâce de mon Dieu. Tu trompas ainsi la pauvre Eve , luy voulant apprendre à sçavoir autant que Dieu ; mais tu ne m'attraperas pas : je veux croire et ne rien sçavoir. Il est quelquesfois aussi bon de mespriser ces pointillés et tentations , et n'en tenir compte quelconque, laisser japper et clabauder ce malin, et passer outre en son chemin ; car encore qu'il est enragé, si est-ce qu'il ne mord que ceux qui veulent; et partant, tenant la volonté constante en lafoy, qu'il aboya tant qu'il voudra , nous ne craignons rien.
Voyla dequoy il faut purger l'entendement : mais cela ne suffit pas ; car il le faut parer et orner d'une autre chose , il le faut tapisser de considérations : et qu'est-ce qu'il faut considérer? Il ne faut pas considérer comme le sacrement se peut faire ; car ce seroit nous perdre ; mais il faut bien considérer que c'est que ce sacrement. En figure dequoy les Israélites ne demandèrent pas comme la manne se faysoit; mais la voyant toute faite , ils demandoient que c'estoit. Qu'est cecy, disoient-ils , qu'est cecy ? Considérons donc qu*? c'est le vray corps de nostre Sauveur, son sang , son ame , m. 13
sa divinité. C'est le mystère de plus intime union que nostre^ Rédempteur pouvoit faire avec nous. C'est la plus entière communication qu'il pouvoit faire de soy-mesme , par laquelle il se joint à nous d'une façon merveilleuse , et toute pleine d'amour. Enfin ce sacrement , c'est Jesus-Christ luymesme , qui d'une façon nompareille vient à nous , et nous tire à soy.
Quant à la mémoire, il la faut aussi nettoyer d'une chose, et la parer d'une autre : il la faut nettoyer de la souvenance des choses caduques et affaires mondaines ; en figure de quoy, la manne ne tomboit qu'au désert et solitude , hors du commerce du monde , et non point es villes et bourgades , et ceux qui mangeoient de l'agneau paschal retroussoient leurs robes, afin que rien n'y traisnast et flotast sur la terre. Il faut donc pour nn tems oublier les choses matérielles et temporelles (quoy que bonnes et utiles) pour se préparer à la sainte communion , et faire comme le bon Abraham , qui voulant aller sacrifier son fils , laissa l'asne et les serviteurs au pied de la montagne jusques à ce qu'il eust fait , c'est à dire , qu'il faut retirer sa mémoire du souvenir des affaires domestiques et temporelles , jusques après la communion y toutes choses ayant leur tems.
îl faut, après cet oubly volontaire, parer la mémoire d'une sainte convenance de tous les biens-faits dont Dieu nous a gratifiés , la création , conservation , rédemption , et plusieurs autres , mais surtout de la sainte passion , en mémoire de laquelle il a voulu nous iaisser le propre corps qui souffrit pour nous en ce divin sacrement , n'ayant pu nous en laisser une plus vive et expresse représentation. Quand ?n vous demandera ( dit la sainte parolle traitant de l'observation de l'agneau paschal) que c'est que vous faites, dites à la postérité que c'est en mémoire de ce que Dieu vous délivra d'Egypte , vous passant par le milieu de la Mer Rouge, Ainsi en ce divin sacrement nous devons réduire en mémoire
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la journée en laquelle Dieu , par son amere passion , nous délivra de la damnation.
Quant à la volonté , il la faut purger d'une chose , et la parer d'une autre : il la faut purger des affections desreiglées et desordonnées , mesme des choses bonnes ; c'est pourquoy ceux qui mangeoient l'agneau paschal dévoient avoir des souliers en leurs pieds , afin qu'ils ne touchassent point la terre des pieds : car les pieds de l'anie sont ses affections , qui la portent par tout où elle va (dit S. Augustin), et ses affections ne doivent pas toucher la terre, n'y estre à l'abandon, mais doivent estre resserrées et couvertes en mangeant le vray agneau paschal, qui est dans le très saint sacrement Ainsi nostre Seigneur lava les pieds à ses Apostres avant l'institution d'iceluy, pour montrer que les affections des communians doivent estre fort pures; et la manne devoit estre cueillie à la fraischeur, avant le lever du soleil , parce que les chaleurs naturelles des amours et affections desmesurées empeschent qu'on ne puisse cueillir cette céleste viande. Il faut venir avec une sainte ame , et une volonté fraische, non eschauffée, ny affectionnée à aucune autre chose qu'à la cueillette de cette manne.
Mais il faut parer la volonté d'une affection et désir extrême de cette viande eeleste , de cette manne secrette ; c'est pourquoy il estoit commandé à ceux qui mangeoient l'agneau paschal , de le manger avidement et vistement , et à ceux qui cueilloient la manne , de se lever fort matin ; et nostre Seigneur mesme, avant que d'instituer ce saint sacrement , l'avoit extrêmement souhaité : J'ay désiré , disoit-il , de manger cette pasque avec vous.
Enseignemens pour la prattique de cette préparation pour l'acte de la Communion, et pour le fruit qu'on doit tirer d'icelle après l'avoir faite.
L'ame estant ainsi disposée en ses trois principales facultés, iait un fruit admirable en la sainte communion ; mais parce.
que cette préparation est déduite en termes généraux , je mettray icy les advertissemens particuliers nécessaires à la prattique d'icelle.
Si vous n'estes point agitée des tentations de curiosil»':;, vous n'avés que faire de penser à ce que j'en ay dit ; car, • ii y pensant, vous luy ouvrés la porte pour la faire entrer clu'z vous : mais vous devés seulement remercier Dieu de ce qu'il vous donne la simplicité de la foy, qui est un don tres-precieiix t\ Ires-desirable , et prier sa divine Majesté de le vous continuer. Que si vous estes agitée de cet esprit de curiosité, faites ce que j'ay dit , mais faites-le briefvement par forme desimpie rejet et detestation , sans vous amusera disputer et contester avec i'ennemy, lequel doit estre combattu par abomination, mu par raison, selon l'exemple de nostre Seigneur, qui ne le fit fuir qu'en disant : Arrière, Satan, tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu.
Combhjc que la tentation ne cesseroit point, ne laissés pas de communier; car si vous laissiés pour cela, vous donneriés gain de bataille à vostre adversaire : allez donc vigoureusement, et sans avoir égard aux tentations , recevés le pain de vie , et ainsi faisant , vous demeurerés victorieuse de vostre ennemy. Qui la quitte la perd.
Pour vaincre la curiosité en ce point, vainqués-la en toutes choses, pour petites qu'elles soient, ne recherchant autre science que celle des Saints, qui est Jesus-Ghrist crucifié, et ce qui vous conduit à luy.
Touchant la considération, il sera bon que le jour avant la communion, aux heures de voslre orayson mentale et recueillemens, vous dressiés quelque peu vostre esprit à nostre Seigneur en ce saint sacrement, et mesme en l'examen de conscience à la fin, et ce par quelque briefve pensée de Tamour du Sauveur à l'endroit de vous, et mesme vous pourrés user de quelques eslancemens de prières vocales, lesquelles vous repeteré» souvent, sur tout depuis vespres, comme seroit
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celuy de S. François : Qui suis-je , Seigneur, et qui estesvous? ou celuy de sainte Elisabeth : D'où me vient ce bonheur que mon Seigneur vienne à moy? ou celuy de S. Jean-Baptiste : Et vous venés à moy, Seigneur? ou celuy de FEspouse sacrée : Que mon Espoux me baise d'un baiser de sa bouche.
Que si vous vouliés par fois faire vostre méditation sur la communion le jour précèdent, vous pouvés aisément y accom*moder les mystères de la vie de nostre Seigneur, qui se rencontrent en la suitte de vostre orayson mentale , les appliquant, comme se devant exercer en vostre endroit à l'heure de vostre communion : car qui vous empeschera de vous représenter que nostre Seigneur, ou vous y présente les bénéfices qu'il a faits , ou vous donne intérieurement les enseignemens qu'il a donnés? Et ainsi des autres ; et y a peu de mystères qui ne soient propres à cela.
J'approuverois que pour ayder à la compagnie à se ressouvenir des biens-faits de Dieu au jour de la communion , chaque religieuse sceust le jour de sa réception, et des autres grâces plus signalées receties de Dieu, et qu'autant que l'humilité et simplicité chrestienne le peut permettre, le soir avant la communion elle en fist ressouvenir les Seurs en l'heure de la récréation , et sur la fin les priast d'en remercier Dieu avec elle. Cela s'entend du jour anniversaire ; cela ne se rencontrera pas tous les jours, mais quelquefois.
Je m'en vay maintenant proposer plusieurs pointes, desquels vous pourrés vous servir tant pour aller à la communion , que pour rendre grâces à Dieu après icelle.
Avant que d'y aller , on peut exciter le désir par la comparaison du cerf , que l'extrémité de la soif fait désirer les fontaines, comme fait David au psalme 41, qui est bon à lire , puisque vous les avés en françois ; et par l'exemple de la Magdelene , qui par tout le cherche avec ardeur , chez Simon le Lépreux , au sepulchre et au jardin , qui pleure en
le cherchant , et luy dit à luy-mesme qu'il luy enseigne le lieu où il s'est mis. Si tu Tas enlevé , dit-elle, dis-le-moy, et je riray reprendre.
Tantost comme l'Enfant prodigue , nous excitant à nous aller jet ter entre les bras de nostre père, et luy demander de rentrer à son service ; tantost comme la Cannanée, nous excitant à courir après luy, et demander la guerison de nostre arae ; tantost comme Rebecca , laquelle estant interrogée si elle iroit trouver Isaac pour estre son espouse, respondit tout court : J'y iray. Aussi devons-nous considérer qu'en ce celeste banquet nous unissons nostre ame par une liaison indissoluble avec nostre Seigneur; c'est pourquoy nous avons raison de dire : Vadam, J'iray ; et ainsi nous excitons en nous le désir, l'amour et la confiance avec une grande révérence.
Apres la communioa , nous devons semondre nos âmes à plusieurs saintes affections , comme , par exemple , à la crainte de contrister et perdre ce saint hoste, comme faisoit David , disant : Seigneur, ne vous départes point de moy; ^- ou comme les deux pèlerins d'Emaùs , qui luy disoient : Demeurés avec nous, car il se fait tard; — à la confiance et force d'esprit avec David : Je ne craindray nul mal, parce , Seigneur, que vous estes avec moy ; — à la joie d'esprit , à l'exemple de la bonne Lia, laquelle voyant qu'elle avoit conceu un enfant en son ventre , s'escrioit par tout de joye : Ce sera maintenant que mon mary m'aymera : car ayant ainsi en nous-mesme le Fils de Dieu , nous pouvons bien dire : C'est maintenant que Dieu le Père m'ayme ; ou bien comme Sarra, laqueùe ayant Isaac, disoit : Maintenant Dieu m'a fait une joye, et quiconque l'entendra s'en resjouïra avec moy : et il est vray aussi que les anges font feste autour de. ce saint sacrement , et de ceux qui l'ont receu ( comme dit S. Ghrysostome) ; — à l'amour comme l'Espouse, laquelle en cette considération disoit : Mon bien-aymé est à moy, et moy je suis à luy ; il demeurera entre mes mammelles, c'est
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à dire , sur mon coe«r ; j'ay trouvé celuy que mon ame chérit , je le conjierveray joyeusement ; — à l'action de grâces , par les paroles que Dieu mesme dit à Abraham, quand il luy eut voué le sacrifice de son fils : car nous pouvons humblement les adresser à Dieu le Père qui nous donne son propre Fils en viande : 0 Seigneur, parce que vous m'avés fait cette grande grâce , je vous beniray de bénédictions immortelles , et multiplieray vos louanges comme les estoiles du ciel ; — à la resolution de le servir, par les parolles de Jacob, après qu'il eut veu la sainte eschelle : Dieu sera mon Dieu , et la pierre de mon cœur cy-devant endurcy sera sa maison. Et ainsi on peut tirer mille affections de la sainte communion. Encore se faut-il servir de l'imagination , pour nous ayder à bien festoyer nostre hoste. Or nous les pouvons faire diverses; les plus utiles sont de nostre Dame et de S. Joseph : combien de gousts et consolations pendant l'enfance de nostre Seigneur, quand ils le portoient en leurs bras, et sur leur poitrine, quand ils le baisoient, et que de ses divins bras il les accolloit soûefvement! et puis considérer que nous sommes faits semblables à eux par la communion, en laquelle nostre Seigneur vient bien plus à nous , que s'il nous baisoit et accolloit. Et quant à nostre Dame , imaginons-nous quelle fut son ardeur intérieure, sa dévotion, son humilité, sa confiance, et son courage, quand l'ange lui dit : Le saint Esprit surviendra en toy, et la vertu du Tres-Haul fobombrera, et partant ce qui naistra de ioy sera nonun»' Fils de Dieu; car il n'y a rien qui soit impossible envjTs Di^*u. Il ne faut point douter que son ben}^ cœur ne s'ouvnsl lo i( enlurement aux rayons de ces parolles, qu'il ne s'approlond h f dessous tant de bénédictions, et qu'à mesure qu'elle entendoit que Dieu luy donnoit son cœur propre, qui est son Fils, elle ne le donnast réciproquement à Dieu , et qu'alors cette supersainte Dame ne fondist en charité , et pouvoit dire : Mon ame s'est liquéfiée, ou fondue, quand mon bien-avnié a parlé. Or
quant à nous , nous recevons une pareille grâce en la communion ; car non un ange, mais bien Jesus-Christ mesme, nous asseure qu'en icelle la vie éternelle se rencontre, et que si nous Faymons , le saint Esprit vient en nous , et luy et son Père y font leur demeure. 0 Dieu ! que de suavités et douceurs ! Et partant, Pâme peut bien dire comme noslre Dame, après cette considération : Voicy la servante du Seigneur^ me soit fait selon sa parolle ! Et quelle parolle ? selon la parolle qu'il a dite de sa sacrée bouche , que qui le mange , il demeure en luy, et luy demeure en celuy qui le mange; qui le mange vivra pour luy, par luy, et en luy, et ne mourra point éternellement. C'est pourquoy il est mesmement bon de dire , après la communion , le saint Cantique de nostre Dame, appelle le Marjnificat^ et le bien considérer et peser, et pour ce faire il est requis d'en sçavoir la signification en françois.
Je n'ay rien dit du nettoyement de la conscience , qui se fait par la confession , parce que chacun sçait qu'il le faut faire , ou le soir devant , ou le raatin , et ce avec un grand soin et humilité.
Vous trouvés peut-estre bien longue celte instruction ; mais il faut que vous sçachiés deux choses : l'une , que vous ne devés pas faire tout cecy tout à un coup , mais seulement vous en servir à mesure que vous connoistrés en avoir besoin , et en prendre ce qui vous aggréera ; l'autre , c'est que je vous ay couché cette préparation assez au long , afin que vous en puissiés ayder les autres, qui en auront nécessité. Au demeurant , parce que le plus grand moyen de profiter en la vie spirituelle , c'est la dévote communion , je vous la recommande ; et ayés soin que nulle ne la fasse par manière d'acquit , ou de coustume , mais toujours pour glorifier Dieu en icelle , et s'unir à luy, et prendre force pour supporter toutes les tentations et afflictions. Ainsi soit-iL Dieu soit beny.
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