‹ Œuvres complétes Volume 3Chapitre 97 sur 135 · Usez de quelques eslans et pensées affectives à ce sujet · texte numérisé non relu

Usez de quelques eslans et pensées affectives à ce sujet

3. Appliquez mesme l'oraison mentale au mesme sujet, considérant nostre Seigneur vous y présentant les mesmes bienfaits, ou vous donnant les mesmes enseignements qu'il a donnés aux autres , et ainsi des autres mystères.

4. Ressouvenez- vous des plus signalés bienfaits reçus de nostre Seigneur au jour de la communion.

5. Employez mesme l'imagination pour vous exciter à la dévotion vers le divin Sauveur qui se donne à vous , soit vous représentant les caresses de nostre Dame et de S. Joseph, en portant ce divin enfant en son enfance, etlesgousts et consolations extraordinaires qu'ils ressentoient en le baisant, le caressant : comme aussi les douceurs que ressentit nostre Dame , lorsqu'elle le conçut à la parole de l'ange par Toperation du saint Esprit.

Yoicy l'usage de tous ces avis.

Eslevation.

0 sacré pain de vie ! comme je viens à vous en la simplicité de ma foy, pour me nourrir et me substanter de vostre précieuse chair, donnez-vous aussi à moy en la douceur et la plénitude de vostre amour. Que toute autre connoissance des choses créées périsse en mon esprit à l'aspect et à la lumière de vos vérités. Que toute ma science et ma connois-

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sance soit de vous connoistre, ô Jésus crucifié pour mon amour, dont vous me laissez un parfait mémorial en ce sacrement !

Quand sera-ce , ô mon ame , qu'ainsi qu'un cerf altéré , tu estancheras les ardeurs de ta soif dans les sources sacrées de ton Sauveur! Ah! quand viendray-je, et quand me presenteray-jedevantluyl Ce n'est plus chez le pharisien que je vous chercheray avec la -^îagdelene, ni à l'entour du sepulchre, mais dans vostre maison, ô mon Dieu! sur cet autel et dam vostre tabernacle. Je sçay bien que j'en suis indigne, ô mon Dieu î mais comme un autre prodigue, je retourne à vous, et vous demande miséricorde et la grâce de rentrer à vostre service.

J'avoue avec une Cananée que je ne mérite pas le pain entier qui est préparé aux enfants , mais les petites miettes qui tombent de vostre sainte table pour la nourriture et la guerison de toutes les misères de mon ame.

Mais qui suis-je , et qui estes- vous, ô mon Dieu, qui venez à moi ! et d'où me vient ce bonheur, que vous ne refusiez point d'habiter dans mon ame pécheresse? Venez donc à la bonne heure, ô divin Espoux de mon ame! baisez-moy, puisque vous le voulez , du sacré baiser de vostre bouche , et suppléez par l'excès de vostre bonté à toutes mes indignités, et misères. Que ce soit le sacré gage de l'intime union et de la liaison indissoluble que vous voulez faire avec mon ame.

POUR LE TEMPS d'aPRES LA COMMUNION.

Le temps le plus précieux , et qui doit estre le mieux meslîgé, est celuy d'après la communion. C'est alors qu'il faut resveiller et réitérer les actes d'une vive foy, d'une profonde adoration et respect en la présence réelle de nostre Seigneur Jesus-Christ en nous : c'est pour lors qu'il faut exciter et convier toutes les puissances de nostre ame à luy venir faire hommage, et par mille saintes affections lui tesmoigner nos-

tre reconnaissance et amour, tantost par la crainte de îe contrister et l'esloigner de nous, tantost par lestesmoignages de confiance, de joye, et de jubilation intérieure d'amour, par la suavité et les gousts intérieurs de sa divine présence , d'actions de grâces, de resolution de le servir, et protestations d'une inviolable fidélité.

Eslevatiou.

C'est donc vous, mon Seigneur et mon Dieu, qui vous trouvez présent dans mon ame, comme je l'ay cru. Ah! je le ressens maintenant. C'est vous, ô divin Jésus, qui estes le Roy de gloire , et le Fils du Père éternel , qui habitez au milieu de moy, sur mon cœur et dans ma poitrine. lié! de grâce, Seigneur, ne vous en séparez jamais , mais demeurez tousjours avec moy ; car, helas ! il se fait tard , et l'heure de mon départ s'approche. Ah! je ne craindray pas tous les maux qui peuvent m'accueillir, puisque vous estes avec iûoy ; au contraire , j'ay tout sujet de joye , et de croire que c'est mam tenant que le Père éternel m'aimera , puisque c'est son Fils bien-aimé qui habite en moy. C'est luy qui m'a fait celte joye, et quiconque l'entendra s'en rejouira avec moy» Faites-le donc, anges bienheureux, qui estes toujours présents , et dans un profond respect , autour de ce divin sacrement. C'est maintenant que je dis avec la divine espouse , que mon bien-aimé est à moy, et que je suis toute sienne ; car il repose sur mon cœur, et au milieu de ma poitrine. 0 Père de miséricorde' parce que vous m'avez fait cette grâce de me donner vostre^propre Fils , je vous beniray de bénédictions immortelles, et multiplieray vos louanges comme les estoiles du firmament. Il est trop juste. Seigneur, que vous soyez mon Dieu, et que je vous serve, puisque vous m'avez donné un pain si délicieux pour ma nourriture ; et la pierre de mon cœ-ur, cy-devant endurcie, sera vostre maison, et je vous beniray et loueray éternellement.

Eslans à nostre Seigneur, après l'avoir reçu en la sainte communion.

Mon Dieu , quelle joye à mon chetif cœur, quand je considère que le passereau trouve un repaire , et la tourterelle un nid , où elle met ses poussins. 0 chère reine du ciel , chaste tourterelle , est-il possible que^ vostre poussin ait maintenant pour son nid ma poitriiT^? Sainte Espouse, puisje pas dire avec vous que votre bien-aymé est tout mien , et que je suis toute sienne? Ah î puisque je le tiens maintenant, qu'il demeure à jamais sur mon sein , et que jamais il ne s'en sépare.

Mettez-vous donc , Seigneur, comme un cachet sur mon ^œur ; et lorsque vous en serez osté , faites que l'impression y demeure , et qu'il soit à jamais reconnu pour vostre. Amen.

Eslans et sentimens de respect sur la présence de nostre Seigneur après la communion.

Mon Dieu , quelle confusion pour moy de me voir encore si pleine de moy-mesme , après avoir si souvent communié ? Hé ! cher Jésus ! soyez l'enfant de nos entrailles , afin que nous ne respirions ni ressentions partout que vous. Helas ! vous estes si souvent en moy ! pourquoy suis-je si peu souvent en vous? Vous entrez en moy, pourquoy suis-je tant hors de vous? Vous estes dans mes entrailles , ô mon Dieu î hé ! pourquoy ne suis-je dans les vostres pour y recueillir ce céleste amour qui enivre les cœurs, et qui, comme un vin tout nouveau , faisoit bouillonner de toutes parts cette affection amoureuse dans les entrailles de sa sacrée mère ?

Aspiration à la transformation de l'amour sacré en la divine communion.

0 Dieu , quand me ferez-vous cette grâce que m'ostant mon chetif cœur, vous mettrez le vostre à sa place , sinon en ce divin sacrement qui est le souverain gage de vostre -amour ? Mais ce sera plus tost fait , ô mon Dieu , de rendre

le mien tout vostre , je dis purement , absolument et irrévocablement , et le transformant tout au vostre bien-aimé.

0 Jésus , faites-moy cette grâce , je vous en conjure par le vostre propre et par l'amour que vous y renfermez , qui est l'amour des amours. Si vous ne le faites , ô mon Dieu , du moins ne sauriei^-vous empescher que je n'aille prendre le vostre , puisque vous ne tenez vostre poitrine ouverte ([ue pour m'y donner entrée , ou que vostre amour ouvre maintenant la mienne pour donner lieu à mon cœur de s'aller loger avec le vostre, et nt ^'en séparer jamais.

0 Seigneur Jésus , sauvez ^ bénissez , confirmez et conservez ce cœur quHl vous a plu consacrer à vostre divin amour ; et puisque vous luy avez donné l'inspiration de se dédier et consacrer à vostre saint nom , que vostre saint nom le remplisse comme un baume de divine charité qui , en une parfaitte unité , respand les variétés des parfums et odeurs de suavités requises , à l'exemple et édification du prochain. Ouy, Seigneur Jésus, remplissez, comblez et faites surabonder en grâce , paix , consolation et bénédiction ce foible et misérable cœur, qui en vostre nom veut plus fidèlement que jamais travailler à vostre gloire. Amen.

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