‹ Œuvres complétes Volume 5Chapitre 47 sur 54 · A MADEMOISELLE DE MERCOEUR · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE MERCOEUR

Mademoiselle , J'attendois de voir imprimée Torayson funèbre prononcée aux superbes funérailles faites en Lorraine avec tant de magnificence pour honnorer la sépulture de M. vostre père, espérant que par ce moyen je serois facilement escusé démettre celle-cy sous la presse : mais cet espoir ne m'estant.... et ne pouvant plus différer d'obeyr à qui a pouvoir de me commander, au moins esperé-je d'estre beaucoup plus aisément escusé, si je laisse sortir ceste orayson si mal polie , et avec autant de defautz , quand on considérera que c'est par une humble obeyssance. Elle fut favorablement accueillie lorsque je la prononçay devant plusieurs grands princes et princesses, et en la présence de cette fille aisnée de FAstrée françoise, je veux dire du grand oracle de la France , de ce parlement de Paris , cour des pairs , et le premier des parlemens de France , lequel y assista en corps , comme aussi les autres chambres et cours souveraines, à cette fin que Paris ^ mais toute la France.... l'estime qu'elle fait des mérites du prince decedé, et que l'on sceust qu'elle avouoit l'obligation que toute la Chrestienté a à sa mémoire. Je sçay bien que ce bonheur m'arriva par le sujet que je traittois , auquel je ne pouvois contribuer que de l'affection, de laquelle aussi je nb pouvois pas manquer, puis qu'elle est héréditaire, mon père, mon ayeul et mon bisayeul ayans eu l'honneur d'avoir esté nourris.... et presque le reste de leur vie en la mayson des

* Cette lettre est tirée de la première édition de l'Oraison funèbre du duc. de Mercœur , Paris , Rollin-Thierry et Eustache Foucault , 1602 , ia-8. C'estla 888* des lettres de l'édition Biaise.

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