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occasions , comme seroit de faire naistre des propos parmi les quelz vous puissiés , par ci , par là , jetter dans l'esprit de leurs iVitesseset de Madame les conceptions suivantes :
Que Monsieur le premier Président est le plus grand jurisconsulte de ce tems , et que c'est dommage qu'il ne puisse plus si aisémen* meshuy prononcer les arrestz et se treuver à toutes occasions comm' il faysoit. Que sa maladie luy donne également cette incommodité, et presque asseurance de longue vie , puisque elle le descharge des humeurs peccantes. Que c'estoit une belle chose es occurrences de le voir haranguer, et représenter le Sénat. Puys , que Monsieur de la Valbonne paternise en cela , qu'il est grandement conscientieux, qu'il harangue heureusement et fait fort bien toutes sortes de complimens. Qu'il préside merveilleusement bien et prononce avec beaucoup de grâce les arrestz , qu'il est fort docte, qu'il a esté dix ans au Sénat, trois ans juge«. magne et trois ans président icy, et que par ces degrés il g'est acquis une grande habitude à bien distribuer la justice, qu'il a environ 38 ans , aage de maturité et propre pour rendre beaucoup de services. Et ainsy semblables choses, les quelles sont fort véritables ; de sorte que sans doute il n'y en a pas un au Sénat qui peust mieux succéder que luy; car les uns sont si vieux qu'ilz n'en peuvent plus , les autres sont bas de naissance et fort peu bien disans, les autres n'ont pas tant d'estude ni tant d'habileté. En somme, toutes choses bien considérées , il n'y en a pas un qui à tout prendre puisse mieux ny certes si bien reiiscir en cette charge.
Car à ce qu'on me dit , M. de Montouz est désiré en la /^mbre et ne veut pas prétendre ailleurs pour encor. Or, tout cela doit estre discrètement, sagement et dextrement semé comme pour préparatoire et disposition es occurrences. Et Monsieur le Premier espère que Monsieur le Marquis de Talroncey contribuera bien à cet effet de son costé. Et pariant vous pourrés bien en conférer avec luy, mays il faut
tenir le tout fort secret. Puis M. le Président estant icy où il •espère tousjours de venir bien tost, il prendra resolution de ce -qu'il aura à faire , et sur tout si vous me faites sçavoir s'il y |)Ourroit avoir de l'apparence.
Je treuve M. le Prieur de mesme fort à mon gré, propre , bonne mine , oon langage et bon esprit et des moyens suffisans pour honnorer l'office. M. l'Abbé que J'ay treuvé fort refait et façonné , m'a grandement prié de vous recommander monsieur le Prieur Curtes que son père et ses parens desireroient grandement voir ausmonier de Madame. Si donc vous le jugés à propos , ce seroit bien fait de leur procurer ce contentement.
Ces Messieurs de N. D. ont par commune conspiration un grand désir que vous acceptiés le doyenné , estimant qu'ilz ne sçauroyent mieux relever leur Eglise. Leur désir ne peut nuire, et qui pourroit transporter nostre Eglise en la leur, par les moyens et avec les articles convenables , selon qu'on en a parlé ci-devant, non seulement je ne verrois point d'inconvénient en cela, mais j'y treuverois beaucoup de bien; car comme Doyen vous gouverneriés l'un des Chapitres , ■comme Chantre le Chœur de l'un et de l'autre unis, et «omme Evesque tous deux, et tout le Clergé de la ville, parmi le quel on pourroit faire renaistre toute sorte de bonne discipline. Et vostre canonicat pourroit estre donné à mon nepveu. Mais ce que je vous dis n'est que pour sçavoir vostre pensée sur cette proposition , car cependant monsieur le Doyen achèvera son noviciat.
Je suis grandement en peme des paroisses d'Armoy et Drailiens , pour les quelles on ne sçauroit avoir un liart , et ceux qui les servoyent accablés de pauvreté et de dettes dont je suis respondant , se sont retirés par force. Monsieur le président d^Hostel qui me tesmoigne de l'amitié autant que jamais , me dit qu'à l'advenir on sera payé année par année , mais que pour le passé il faut treuver quelque moyen, que pour-
tant il ne void pas. Si vous voyés lieu d'en parler à propos , j'en serai bien ayse : car Monseigneur le Prince m'a tousjours asseuré qu'il vouloit que nous fussions payés. Et c'est merveille que Cv^q cents escus coustent tant à retirer en un sujet si plein de justice et de pieté.
J'ai bien envie, de sçavoir que deviendra le monastère de Turin, encor que je sois bien ayse que ce retardement donne loysir à ma seur Favre de fonder celuy de Clermont , et à Madame de Chantai celuy d'Orléans et de Nevers. Nous avons esté contraintz de destiner Madame de Monthouz à Moulins, pour y estre Supérieure, parce que M. Grandis dit que si elle ne changeoit d'air elle mourroit dans peu de semaines, comm' elF a pensé faire ces jours passés; et l'office de maistresse des novices occupoit trop son esprit , qui se portera mieux des affaires extérieures.
Nous verrons si M. la Signora D. Geneva, ma très cherp fille, viendra ; je voudrois bien pour le service de Leurs Altesses et de nostre maistresse que Madame de Saint Georges arrestast encor quelques années. Voylà un livre de l'Introduction en françois. Le Père Antoniotti l'a bien mieux traduit qu'on n'a pas fait à Rome; j'attends de sçavoir des nouvelles de nostre P. General des Feuillans , comm' aussi de nostre Monsieur l'Abbé d'Abondance , selon l'advis que vous m'avés donné de son affaire que je luy ay fidèlement envoyé. 0 mon Dieu! que Monseigneur le Serenissime Prince aura de bénédictions si la reformation se fait! toutes ces bonnes Religieuses sont alarmées de ce que M. l'Abbé de Ceyserieu a dit à son retour qu'on les vouloit régler. Les unes veulent prévenir en apparence , mays n'ayant pas de Supérieurs reformés , je ne sçay comm' elles pourront faire. Ce sont des tentations parfumées. Nous avons eu icy le Père Alexandre Ficher, ces festes de Peutecoste , qui a de grandissimes talens pour prescher exoeîlomment, je dis, mieux que plusieurs dont on fait si grand estât.
\A/w\rv/
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