‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 76 sur 145 · V/\/\/VN/N · texte numérisé non relu

V/\/\/VN/N

LETTRE

A M. l'ÉVÊQUE de MONTPELLIER, Il s'excuse de ne pouvoir prêcher à Toulouse.

10 janvier 1G14.

Monseigneur , Je vous vais rencontrer en esprit au passage que vous devés faire à Lyon : et ces quatre paroles vous asseureront , s'il vousplaist, que s'il m'estoit aussi aysé de me porter moymesme sur le lieu en effet , comme il l'est à ce porteur, vous me verriés plein de joye et d'amour, le plus empressé de tous autour de vous. Il n'y a remède; il faut accommoder nos souhaits à nos nécessités , d'où qu'elles viennent.

J'ay toute ma vie grandement prisé la ville de Tholose , non pour sa grandeur et noblesse , mais , comme dit saint Chrysostome de son Constantinople , à cause du service do Dieu qui y est si constamment et religieusement maintenu. Et pensés, Monseigneur, de quel cœur je voudrois les servir, mais vous sçavés mes liens, que rien jusques à présent n'a pu rompre. S'il vousplaist donc^ respondés à la demande qu'ilz vous ont faite de moy. Je vous supplie très -humblement de leur faire sçavoir que ce n'est ny faute d'estime que je fasse de leurs mérites , ausquels je ne seau rois jamais correspondre, ny faute de pouvoir que vous ayés sur moy, qui suis très- entièrement vostre, mais faute de pouvoir que

» Tirée du monastère de la Visitation du faubourg St.-Jacques. C'est la 303* de la collection Biaise.

j'aye moy-mesme sur moy-mesme, que je ne seconde pas leurs désirs , plus honnorables cent fois pour moy que je ne devrois prétendre.

Au demeurant, Monseigneur, quand vous serés avec le grand et le par'- ' amy, ressouvenez -vous parfois de moy; car ce m'est un plaisir incomparable de m'imaginer que ne pouvant jouir du bonheur de vostre présence, je ne laisse pas de vivre en vostre bienveillance de t(vjs lems. J'escris sans loisir, mais plein de Tin variable affection que j'ay d'estre sans fin , Monseigneur, vostre , etc.

2i0 OPUSCULES

lettre'

A s. A. CHARLES EM.MANUEL, l",, DUC DE SAVOIE. Sur l'établissement de la Congrégation des Pères Barnabites â Annecy.

Anneci, le 25 janvier 1614.

Monseigneur «

L'espérance que ce peuple de Neci et de Geneveys a con- ==ceuë de voir ce collège, qui est maintenant presque en friche, remis à la Congrégation des Pères Barnabites, n'a ny rayson ny fondement que sur la bonté paternelle de V. A. S., laquelle en a eu aggreable le projet; non seulement parce qu'il estoit propre pour le prolFit publiq temporel de ses très liumbles sujetz, mais aussi pour l'utilité qu'il rapporteroit au salut des âmes. A cett' occasion, Monseigneur, je supplie de rechef V. A. S., en toute humilité, de le faire puissamment réussir à la ^oire de Dieu , que je prie incessamment la vouloir à jamais prospérer , et suis ,

Vostre très humble , très obeyssant et très fidelle orateur et serviteur ,

François , Evesque de Genève.

« L'original en existe aux Archives de la Cour de Turin. C'est ia 164e parmi -l«s lettres inédites de la collection Biaise.

LETTRE

Page 1