‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 93 sur 145 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

jr DU CARDINAL BELLARMIN A S. FRANÇOIS DE SALES.

Réponse à la lettre du 10 juillet 1616. Le cardinal fait connoître à notre S^aihr que sa demande a des dilïicultés; il ajoute cependant qu'il s'y intéressera de tont son pouvoir.

Rome, â9 décembre 1616.

Quoique peut-être peu de personnes dans Rome connoissent votre Seigneurie révérendissime, je ne laisse pas d'avoir depuis long-temps connoissance de la grandeur et de la multitude de vos vertus ; et je ne suis pas seul , car le Saint- Père (Paul V) est instruit de voire vigilance pastorale, et de la charité avec laquelle vous gouvernez votre troupeau. .

Pour venir aux vierges et aux veuves que votre Seigneurie me recommande , je vous avoue que je suis fort en peine, parce qu'il n'y a personne ici, que je sache , qui s'intéresse dans cette négociation. Outre cela, il est certain qu'on ne

1 C^est la 14* lettre du 1er livre des lettres de S. François de Sales dans les anciennes é«l.itions, et la 384^ de la collection Biaise,

Qttid super re sibi propositâ sentiat , rem intérim totam se pro virlbus .

curaturum.

Etsi fortassè non multis in Urbe reverendissima amplitude vestra nota sit , mihi tamen à multis annis virtules vestrae multse et magna& notissimae sunt : neque mihi tantùm, sed etiam sanctissimo Patri nostro nota est vigilantia pastoral is et charitas in gregem proprium. TeverendissimaB Dominationis vestrae.

Sed quod attinet ad negolium virginum et viduarum , quod mihÎL^ amplitude vestra commendat^ non scio prorsùs quid agam; turo ^ quia nemo hic est^ quod sciam^ qui causam sollicitet; tùm quia cer<

pourra jamais obtenir du Saint-Siège l'établissement des congrégations en titre de religion aux clauses et conditions énoncées dans votre lettre. Quoi qu'il en soit, je suis prêt à 3ntrer de tout mon pouvoir dans les vues de votre révérenlissime Seigneurie, pourvu que quelqu'un vienne ici solliciter cette affaire ; car jusqu'à présent je n'ai vu personne^ et je ne sais même à qui confier la lettre que j'écris.

Je veux cependant vous donner un conseil , que je pren» drois pour moi-même ■. ] j'étois dans le cas où vous êtes : je laisserois ces filles et ces veuves dans l'état où elles sont, et je ne changerois point ce qui est bien fait. Avant Boniface VIK il y avoit des Religieuses tant en Orient qu'en Occident. Nous en avons pour garants les saints Pères; à savoir, parmi les Latins, S. Cyprien, S. Ambroise, S. Jérôme, et S. Augustin; entre les Grecs, S. Athanase, S. Chrysostorae, S. Bazile et plusieurs autres. Or, ces Religieuses n'étoient point tellement enfermées dans leurs monastères, qu'elles ne sortissent dehors quand il étoit nécessaire. Et votre révérendissime Seigneurie n'ignore point que les vœux simples n'obligent pas moins et ne sont pas de moindre mérite devant

tum est cum illis tribus conditionibus obtineri non posse ab Apostolicâ Sede, ut confirmetur vera monastica professio. Ego quidem paratus sum pro viribus adjuvare propositum reverendissimœ dominationis vestrae^ si quis sit qui ad me veniat^ et negotium urgeat. Hactenus enim neminem vidi, nec satis soie oui litteras tradam qaas nune scribo.

Sed tamen intérim consilium dabo, quod mihi ipse acciperem, si res mea ageretur. Ego igitur retinerem virgines et viduas istasin statu in quo suiit, nec mutarem quod benè se habet. Nam ante tempora ^onifacii VIIÏ, erant in Ecclesiâ sanctimoniales, tum ni Oriente, tnm in Occidente, quarum sîrpè mentionem fariunt sancti Patres; ex Latinis, Cyprianus, Ambrosius, Hieronymu,s Augustinus; et ex Graîcis, Athanasius, Basilius, Chrysostomus, et ulii. Sed iîlœ non erant ità clausae in monasteriis, ut non exireut quandô opus erat, ^ec ignorât amplitude Testra. conm T>oo vota iàimplicia uoa minus

Dieu que les vœux solennels, puisque la solennité, aussi bien que la clôture, a commencé depuis le décret ecclésiastique du même pape.

Aujourd'hui même le monastère des nobles Daines , institué par Ste. Françoise Romaine, qui fleurit merveilleusement dans Rome, nous fournit un exemple de cet ancien usage: car ces Religieuses n'ont ni clôture ni profession solennelle.

C'est pourquoi , si dans votre pays les filles et les veuves vivent aussi saintement, et peuvent être aussi utiles aux personnes dn siècle par leur charité et leurs bonc; exemples, •ans être enfermées ou cloîtrées, je ne vois pas pourquoi cette façon de vivre doit être changée. Toutefois, si quelqu'un a un meilleur avis à vous donner, j'y soumets volontiers le mien.

En écrivant cette lettre , j'en ai reçu de votre part qui regardent l'atFaire d'Avignon ; je m'y emploierai de tout mon pouvoir. Je désire que Dieu conserve votre Seigneurie révérend issime , et je la prie de se souvenir de moi dans ses saintes prières, étant, Monseigneur, votre, etc.

obligare,nec minoris meriti esse, quàm solemnia; solemnitas enim, ut etiam clausura, inchoata est ecclesiaslico instituto ab eodem Bonifacio VHI.

Et II une etiam Roniae floret valdè monasterium nobilium feminarum à sanctâ Franciscâ Romanâ institutum; in quo tamen, neque clausiira est, iiec solemnis illa professio.

Proindè si in istâ rcgione sine clausuiâ etsine professione virgines et viduœ tam sanctè \ivunt, ut audio, et simul prodesse possunt Stccularibiis, non video cur ista ratio vivcndi mutari debeaU iloc tamen consilium meum meliuri jiidicio libentcr submilfo.

Accepi , dùm hanc epistolam scriberem , alias lilteras veverendisfimic dominationis vestras pro negotio Avenionensi , pio quo labo- «aho quantum polero. His benè valeat reverendissima dominatio vestra, meî memor in sanctis precibus suis. Admodum illustrissimsE et reverendissimse dominationis v^'strae adJ?ctissimus, atque ad obe» diendum promptissimuS'

A S. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.

n recommande la ville d'Annecy pour la continuation de ses privilèges.

Annessi , le 18 janvier 161T.

Monseigneur,

Je joins ma très humble supplication à celle que cetteville d' Annessi fait à V. A. pour la continuation des privilèges dont eir a cy devant jouy : attestant que si la fidélité et ardente affection des sujetz doit attirer les faveurs du Prince, cette Communauté , Monseigneur , sera donc en singulière recommandation auprès de Y. A., pour la prospérité de la quelle je prie continuellement la Divine Majesté comme je

dois, estant,

Monseigneur ,

Vostre très humble, très obeyssant et très fidèleorateur et serviteur,

François , Evesque de Genève.

» L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 'ïOG»inédite de la collection Biaise,

DE S. FRANCOiS IXE SALES. 39S

LETTRE

A s. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.

Saint François supplie S. A. de lui accor^t^r l'autorisation de prêcher de

nouveau le carême à Grenoble.

Annessy, 18 février 1617.

Monseigneur,

Comme l'année passée, sur la demande que le Parlement de cette ville me fit de mes prédications, je pris la resolulution et response dans le commandement de Y. A. : de mesme maintenant estant de rechef prié par ceste mesme Cour de revenir encor prescher le Câresme suivant, je n'ay voulu rien dire , en attendant que V. A. me fasse pour cela le commandement qu'il luy plaira; estant , comme je doy ,

Monseigneur,

Son très humble , très obeyssant et très fidèle orateur et serviteur ,

François , Evesque de Genève,

* L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 207» Inédite de la collection Biaise.

33Cp

LETTRE

A s. A. VICTOR AMÉDÉE, PRINCE DU PIÉMONT,

ftop un prêtre qui suivoit habituellement l'armée , quoique doyen de Salanche , et qui continuoit à en percevoir les revenus comme s'il y eût fait sa résidence.

5 mars 1617.

Il y a longtems que le doyen de Choisy, Prestre, fait profession de conduire des soldatz , et suivre l'armée , voulant néanmoins tirer les fruitz de son decanat sur le Chapitre et Eglise de Salanclie, comme s'il faysoit la résidence à laquelle il est obligé. Et parce qu'il sçait que ledit Chapitre ne peut en conscience les luy distribuer ni moy permettre qu'il en jouisse de la sorte, il obtient de tems en tems des lettres, par lesquelles son A. Ser. commande audit Chapitre de délivrer }es ditz fruitz. Mais je suis asseuré , Monseigneur, que si S. A. sçavoit la qualité de l'homme , elle le renvoyeroit à son devoir, et ne voudroit pas que l'ordre Ecclésiastique fnst Tiolé à son occasion , puis que mesme il n'a rien de si recommandable en la profession militaire, que S. A. en puisse attendre aucun notable oervice. Et d'autant que j'en parlay à Y. A. lors que nous avions le bonheur de sa présence de deçà, et qu'elle tesmoigna de treuver mes remontrances dignes d'estre protégées, je la supplie très humblement de me commander ce que j'auray à respondre, avec ce Chapitre là, aux lettres réitérées de S. Altesse que ce mauvais prestre obtient,

■ L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 20^ ÎBédite de la collection BUse.

et par les quelles il presse plus ce Chapitre qu'il ne sçauroit faire par aucune autre voye. La seule ombre de la volonté de sa dite , nous estant en extrême révérence, je prie Dieu quH ]a conserve et la vosire,

Monseif^ueur,

De laquelle je suis,

Très humble et très obeyssant et très fidâe orateur et serviteur,

François , Evesque de Genève.

cxin.

Sur un agent de la sainte maison de Thonon.

Grenoble , 5 mars 1617.

Monseigneur,

Les affaires de la sainte mayson de Thonon appellant le sieur Gilette , je supplie très humblement V. A. de protéger et favoriser sa poursuite; qui ne peut aussi reuscir sinon par cet appuy, auquel nous recourons d'autant plus asseurément , que Y. A. nous Fa aussi commandé Thors que nous avions le bonheur de sa présence. Dieu par sa bonté vueille combler Y. A. de ses bénédictions , souhait continuel ,

Monseigneur,

De vostre très humble , très obeyssant et très fidèle orateur et serviteur ,

François , Evesque de Genève.

* L'autographe en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. Cest la 2iO< inédite de la collection Biaise.

axiv.

LETTRE

kVX PÈRES BARNABITES DU CHAPITRE GÉNÉRAL CONVOQUÉ A MILAN,

Sur l'ampliation des collèges des PP. Barnabites dans la Savoie.

Très^Révérends Pères en J. C,

Nous avons plusieurs fois entretenu les révérends Pères de votre Congrégation attachés à ces collèges d'Annecy et de Thonon , de la iraniere de multiplier les œuvres de cette Congrégation dans ce pays au-delà des Monts, et enfin noi.s ne trouvons pas de voie meilleure que celle qui est indiques daiis le Ménwjrial ci-joint. Il est conforme à celui que j'ai remis au sérénissime Prince de Piémont, pour augmeriter les revenus, et avoir à Rumilly quelques bénéfices pour le Noviciat, Son Altesse m'a promis toutes sortes d'assistsiuces de son côté. Actuellement il convient que vos Paternités

1 Tirée de la copie authentique conservée dans le couvent des Barnabites à Milan. C'est la 212« inédite de la collection Biaise.

In Annessi, 6 april 1617.

Mollo reverendi Padri in Christo Off.,

TIabbiamo spesst voile , li reverendi padri del congregazione vostra di questi collegii di Annessi et Thonone trattato insieme e di concerto del modo, col quale si potrebbe amplificare delta Congregazione in questi paesi di qiia dei monti, e in somma non troviamo strada megliore di quella cbe si rappresenla nel Memoriale qui alligato, conforme al quale traitai col serenissimo signer Principe di Piemonle , acciô si potessero anche amplificare V entrate, e havere in Rumigli alcuni beneficii per il Novicialo. E S. A. mi promise ogni sorte di assistcnza dal canto suc. Hora resta chè le paternité loro abbracino

agréent nos propositions avec amour, et les fassent réussir en ce qui les concerne, comme moi je m'emploierai de touf cœur là oii je verrai que mon concours pourra être utile. Yos Paternités jugero»:« facilement que la propagation de leur Ordre fera obtenir de bons progrès à la gloire de Dieu , dans ces pays. Cette propagation ne peut se faire qu'avec le temps et les méthodes convenables selon le bon plaisir de la divine Providence. Je la supplie , moi , de conserver, d'accroître ei de perfect onner dans sa grâce leurs Paternités et leur trèsdevote Congrégation , aux oraisons et aux sacrifices de la quelle je me recommande, demeurant de tout cœur,

De vos Paternités révérendissimes ,

L'humble et affectionné frère et serviteur,

François , Evêque de Genève.

le proposizioni nostre con amorevolezza et le facciano riuscir dal canto loro^ corne io dal canto mio m^'adoprarô con tutto il cuore dove vederô V opra mia poter esser utile. Le YV. Paternità giudicaranno facilmente chè la dilatatione de la religione sua sia per far buonissimo progresse a gloria d' Iddio in queste regioni , e chè questa dilatatione non si puô fare se noj €o\ tempo et methodo conveniente secondo il beneplacito délia Providenza divina. La quale io suppiico chè conservi, accresca et perfettioni nella sua grazia le RR. loro t la loro devûtissima Congregazione, aile orationi et sacrillcii délia quale humilissimainenle rai raccomando^ restando ^on tutto il cuore;,

Délie paternità vostre molto révérende,

fiumile et affezionatissimo corne fratello et servitore ^ Fbancesco . Vescovo di Ginevra.

LETTRE

A S. A, VICTOP AMÉDÉE, PRINCE DU PIÉMONT

Saint François recommande à S. A. la ville d'Annecy pour la confirmation

de ses privilèges.

Annecy, 26 mai 1617.

Monseigneur ,

Cette petite ville d'Annessi recourant à V. A. pour la confirmation de ses privilèges , a toute son espérance en vostre bonté. C'est pourquoy elle Fimplore de toutes ses forces ; et moy , Monseigneur, j'accompaigne d'autant plus hardiment sa supplication, que V. A. me tesmoigna lorsqu'elle estoit de deçà, qu'elle nous favoriseroit tous en cett'occasion ; et je le croy, Monseigneur, puisque votre debonnaireté se plaist aux bienfaitz , et particulièrement envers les peuples fidelles , obeyssans et affectionnés à la couronne de S. A., tel que je puis attester estre celuy-cy , qui outre cela a grand besoin d'estre en quelque sorte allégé. Ainsy nous prions tous Dieu <ju'il bénisse , conserve et prospère Y. A., de laquelle je

vivray à jamais,

Monseigneur ,

Très humble , très obeyssant et très lidelle orateur et serviteur,

François , Ev. de Genève.

1 L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin, C'est la 218» parmi les lettres inédites de la coUeetion Biaise.

•vi; ' 26

CXVî,

LETTRE

A 8. A. CHARLES EMMANUEL l" , DUC DE SAVOIE.

Nouvelle recoramandation pour la confirmation des privilèges de la viTte

d'Annecy.

Annecy, 26 mai 1617,

Monseigneur,

Cette ville d'Annessi recourt à la debonnaireté de V. A. pour avoir la confirmation des privilèges que Messeigneurs y ses prédécesseurs , lui ont donné. Je joins ma très humble supplication à la sienne; protestant que jamais Y. A. ne gratifiera aucuns peuples de sa sujettion qui ayt plus de cœur, d'honneur, de fidélité et d'obeyssance à vostre couronne. Monseigneur, que celuy-ci, qui au reste a un extrême besoin d'estre ravigoré par telz bienfaitz, tandis qu'incessamment avec moy , il levé les mains et les yeux au ciel pour la prospérité de V. A. de laquelle je seray à jamais ,

Monseigneur,

Très humble , très obeyssant et très fîdelle orateur et serviteur ,

François , Ev. de Genève.

' L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 219»' parmi les lettres inédites delà collection Biaise.

A/W/WNAr

LETTRE

Page 1