eau
368 — • air 23 .3
368 ^ eau 23.3
366 — air 25.6
866 — eau ^. 25 .6
United mines (mines de cuivre et d'étain). — Le niveau de la mer, dans cette mine, correspond à la pro-
fondeur de 91 mètres. Les observations ont été faites par M. Michael Williams, en mai 1819.
' Profoodenn. Températnras.
0 mètres, température de Tair lîi^S centigr.
83 — ■ air 13.3
119 — air 20 .0
247 — air 21.1
293 — air 20.0
302 — air 22 .8
802 — eau 53 .3
Dolcoath mines (mines de cuivre et d'étain), — Le niveau de la mer, dans cette mine , correspond à la profondeur de ilO mètres* Les observations ont été faites par John Rede, en octobre 1815.
Profoodeon. Températures.
0 môtresi température de Tair 16* .6 centigr»
128 — air 16.9^
293 — air 21 .0
au — air 21.5
329 — air 22.0
367 — air 23.3
376 — air 23.3
421 — air 26.6
421 — eau 27.8
Tinesofi mine (mine de cuivre et d'étain), — Le niveau de la mer, dans cette mine , correspond à la profondeur de lia mètres. Les observations suivantes ont été faites en mai 1819, par M. John Rede.
ProAmdeun. Tempiritares.
61 mètres, température de l*air 11^.7 centigr.
101 — air 11 .1
134 — air........ 12.2
170 — air.. 13.3
201 — air 16.7
234 — air 16.7
834 — eau 15.0
Cookskitchen mine (mine de cuivre et d'étaiîi. ) — Le niveau de la mer , dans cette mine, correspond à la profondeur de 110 mètres. Les observations suivantes ont été faites en mai 1819, par M. John Rede,
Profondeiiri. Tfmpérttnr».
51 mètres, température de Taîr iO*.0 ceotigr.
91 — air 12 .8
128 — air 13.9
170 — air 13 .9
195 — air 16.7
234 — air 17 .2
269 — air 17.8
311 — ' air 17 .8
342 — air 20 .5
342 — eau 20 .0
M. R« W. Fox, dit, dans les notes qui accompagnent les observations précédentes que les Dolcoalh , Cookskitchen et Tinesofl mines sont dans du schiste argileux placé sur du granité, et que le schiste argileux dans les united mines contient de grandes masses de porphyre. Le lecteur remarquera sans doute qu'à profondeurs pareilles , il y a d'assez grandes différences entre les températures de ces deux dernières mines et celles des précédentes. M. R. W. Fox croit que cette anomalie tient à ce que les Tinesaft et Cookskitchen mines étaient inondées depuis longtemps par des eaux qui , sinon en totalité , du moins en très-grande partie, provenaient des couches supérieures, et devaient conséquemment abaisser la terapérature.
LES PUITS FORÉS. 3aa
5* Mines de charbon de terre situées au nord de r Angleterre.
V Édinburgh philosophical journal pour 1819, contient les observations suivantes, dues à M. Robert Baid.
Mine de fVkitekaven (comté de Gumberland).
Air à la surface, •..,•. • 12* ,8 centigr*
Source à la surface 9 .U .
Eau A la profondeur de i/i6 mètres 15 .5
Air à la même profondeur 17 .2
Air à la profondeur de 182 mètres. 18 .9
Différence entre la température de l'eau à la surface, et celle qui sort & la profondeur de 146 met. 6 .1
Mine de ff^orhington (comté de Gumberland).
Air à la surface. 13«.3 centigr»
Source à la surface 8.9
Eau à la profondeur de 55 mètres 10 .0
Eau à la profondeur de i5à mètres au-dessous
des eaiix de TOcéan 15 .6
Différence entre la température que présente
Teau à la surface et à 15/i mètres, de profondeur. . 6 .7
Mine de Teem (comté de Durbam).
Air au fond d'un puits de 135 mètres de profondeur (le sol est un peu élevé au-dessus de la mer). 20*. 0 centigTi.
Eau à la même profondeur 16 .1
Différence entre la température moyenne de Teau à la surface (9*.4) et celle de ce même liquide à 135 mètres de profondeur 6.7
Mine de Percy (comté de Northumberland).
Air à la surface.' 5* .6 oenUgr.
Eau dans une galerie située environ à 270 mètres an-dessous du niveau de la mer, et précisément 8008 le lit de la rivière Tyne. 20 .0
Air, à la même profondeur .• 21«.l centiçr.
DifféreDce entre 9%/(, température moyenne de Teau à la surface, et celle de ce liquide à 270 mètres au-dessous du niveau de la mer 10 .6
Mine de Jarrow (comté de Durham).
Air à la surface 9».7 centigr.
Eau, à la profondeur de 269 mètres comptés à
à partir de la surface 20 .0
Air, à la môme profondeur 21 .1
Différence entre 9^6, température moyenne de Teau à la surface, et celle de ce liquide à la profondeur de 269 mètres 10 .6
Le puits de la mine de Jarrow est le plus profond de toute l'Angleterre : car il y a 274 mètres de distance entre le fond de ce puits et la surface.
Mjine de Killingsworth (comté de Northumberland).
Air, à la surface 8'».9 centigr.
Air, au fond du puits, à la profondeur de 2^1 met 10 .5 Air, à la profondeur de 274 mètres et à 2,000 mètres de distance du puits. 21 .6
Eau, à la profondeur de 366 mètres (comptée à partir de la surface), et dans la portion de la mine
la plus éloignée des ouvertures. 23 .3
Air, à la même profondeur 25 .0
Excès de la température de Peau à 366 mètres de profondeur, sur 9". 6, température moyenne à la surface 13 .9
La mine de Killingsworth est la plus profonde de toutes les mines de charbon de terre de la Grande-Bretagne , quoique cependant aucun de ses puits ne soit, pris isolément, aussi profond que celui de la mine de Jarrow.
Dans ces mines de charbon de terre , les couches sont
d*autant plus sèches que leur profondeur est plus grande; aussi, dans quelques galeries situées cependant au-dessous du niveau de la mer , est-on obligé d'arroser le sol pour que les travailleurs et les chevaux ne soient pas trop incommodés par la poussière*
6* ^accroissements moyens de température , observés dans les mines de V Angleterre.
Nous venons de rapporter un grand nombre d'observations, faites en Angleterre, à la recommandation de M. R. W. Fox. Une lettre manuscrite que nous a donnée ce savant, renferme des déterminations nouvelles, et quelques remarques que nous devons consigner ici.
Les observations ont été faites dans duc mines différentes, savoir : Dolcoath, United-Mines, Treskerby, Whealsquire, Ting-Tang, Wheal-Gorland, etWheal- Damsel (mines de cuivre) , Chase-Water (mine d'étain et de cuivre), Wheal-Unity (dans la partie qui donne de l'étain), et Wheal-Vor (mine d'étain. )
Voici les températures observées : les nombres inscrits dans la table, sont les moyennes des résultats partiels, obtenus pour chaque profondeur , dans les dix mines que nous venons de citer :
A 18 mètres
de profondeur. Tempér. centîg.
de 37 à 55 mètres
de 55 à 73
de 91 à 110
de 110 k 12S
de 1228 à ih6
de l/i6 à 165
de 165 à 183
de 1S3 à 201 mètres de profondeur. Tempér. centig. 90*. S
de 201 à 220 — — 21 .1
de 220 à 238 ,. — — 20 .9
de 238 à 256 ^ — 22 .3
de 275 à 203 — — 23 .9
de 3à8 à 366 — » 24 .4
A 421 mètres — — 25 .8
Je vais extraire maintenant de la lettre de M. Fox quelques détails relatifs aux circonstances dans lesquelles les observations ont été faites.
cDans un grand nombre de cas-, le thermomètre fut enterré dans le roc jusqu'à la profondeur de 15 à 20 centimètres; quelquefois on se contenta de jM^ndre la température de l'air ou celle de l'eau ; le plus souvent le? deux méthodes donnaient des résultats peu différents.
€ Le thermomètre , enfoncé dans les veines métalliques, indiquait généralement une température de 1' à 2*.8 centigrades , supérieure à celle qu'on obtenait quand le thermomètre était plongé dans le trou d'une roche, et particulièrement dans le granité.
iLes veines d'étain sont ordinairement un peu plus froides que les veines de cuivre.
c Dans le fond de la mine de Dolcoath , à &39 mètres de profondeur , il sort de Ja veine un jet d'eau fort abondant, d^nt la température constante est de 27*. 8 centigrades. Quelle preuve plus évidente pourrait-on donner de la grande chaleur defs couches intérieures du globe?
cLes pompes d'épuisement des United-Mines furent naguère totalement dérangées par un accident; deux galeries, Tune à 336 mètres, et l'autre à 348 mètres de profondeur , se trouvèrent , par suite , totalement rem-
LES PUITS FOlftÉS. 337
plies d'eau. Cet état de choses dura deux jours entiers. Aussitôt que l'eau eut été pompée, et avant que les ouvriers descendissent pour reprendre leurs travaux, je déterminai la température des deux galeries. Celle de, la première était de 31M centigrades. Le thermomètre dans la seconde, à 348 mètres dé profondeur , se maintint à 30". 8. Hemarquons que, pour éviter toute erreur dans l'observation de ces températures, j'enfonçai la boule de l'instrument de plusieurs centimètres sous le sol des galeries.
f Ayant analysé les eaux de Dolcoath et celles de United-Mines, dont les températuressont si élevées, j'ai trouvé que les premières ne contiennent qu'une très-petite quantité de muriate de chaux , et qu'il n'y a danô les autres qu'une proportion également très-petite de sulfates de fer et de chaux. »
Ces résultats de l'analyse s'accordent complètement avec l'idée qui tend à attribuer la chaleur des eaux thermales non pas à des combinaisons chimiques, mais à la haute température des couches profondes de notre globe.
M. Fox termine sa lettre en annonçant que des expérience nouvelles, faites dans des mines de charbon de terre, confirment parfaitement les résultats qu'il avait obtenus dans les galeries des mines de cuivre et d'étain.
Ainsi , dans une mine de houille ,
à 18 mètres de proL, le them. centig. marquait . 10^0 à 65 — — — 14 .4
On vient de voir que, kiivant M. Fox, la température VL — m. 22
des veines métalliques est généralement de 1 à 3 degrés centigrades, supérieure à celle des roches voisines; or, en considérant les courants d'air qui circulent dans les galeries profondes des mines, comme une cause de refroidissement toujours agissante, il me paraît que cette petite différence de chaleur doit être une conséquence nécessaire de la grande conductibilité des métaux. Il me semble encore que ce phénomène, bien étudié, peut servir à montrer que les parties intérieures des roches et des filons métalliques sont elles-mêmes à des températures plus élevées, et qu'il fournira ainsi une nouvelle objection contre l'hypothèse admise par quelques physiciens et que nous venons de rappeler, que la haute chaleur qu'on observe dans les mines tient à une action chimique de l'air sur les substances qui tapissent les parois des galeries, et en particulier sur les pyrites. La théorie de la chaleur de Fourier est d'accord avec nos conjectures,
7* Diverses mines d'Amérique.
Pour leô mines d'Amérique j'emprunterai les résultats que j'ai à citer aux notes manuscrites qu'a bien voulu me communiquer mon illustre ami , Alexandre de Humboldt.
Mines de la Nouvelle-Espagne* — Guanaxuato, lat. 21* 0' 15''; hauteur du plateau au-dessus de la surface de l'Océan, 2,144 mètres* Température annuelle moyenne de l'air, vraisemblablement 16* centigr. , semblable à celle de Rome. La mine de Valenciana est si chaude , que, dans les parties les plus profondes, les mineurs
sont constamment exposés à la température de 33 centigrades.
Au mois de septembre, M. de Humboldt a trouvé pour l'air au dehors de la mine IQ^'.S centîgr.
Entre le Despacho del tiro nuevo et la Boveda de San Pablo, entre 83 et 167 mètres de profondeur. . 23 .7 à 27*.6
Dans les planes de San Bemardo, à 500 mètres de profondeur •. 33 .8
La source qui sort sur le filon même, à 500 mètres de profondeur, a 36% 8 de température; elle est de 3** plus chaude que Tair des planes dans lequel travaillent les mineurs.
La mine de Rayas, près de celle de Valenciana, est regardée à tort par les mineurs comme beaucoup plus chaude que les planeà de San Bemardo^
M, de Humboldt a trouvé le thermomètre centigrade à Tair libre, près de la Boca de la Mina 20*. 8 ceatigr.
Dans les planes, à 192 mètres de profondeur. ... 33 .7
Dans les mines de Yillalpando, à trois lieues au nord de Guanaxuato, sur un plateau de 2,592 mètres d'élévation, àPair libre 22 .4
Dans les planes, à 1339 mètres de profondeur. . . 29 ./i
Cest dans les mines de Guanaxuato que Ton a entendu, en 1784, un bruit souterrain {truenos et bramidossubterraneos) qui n'a été accompagné d'aucune secousse. Le volcan de Jorullo , sorti de terre le 14 septembre 1759, est à 60 lieues de distance des roches de transition métal* lifères de Guanaxuato. Il y a des sources chaudes autour de Guanaxuato, sortant d'un conglomérat basaltique. Celles de Gomangillas , que M. de Humboldt a examinées, ont 96*. 2 de température.
ta mine de la Cabrera, près de Moran (lat. 20* 10' 4'') est à une hauteur de 2,594 mètres, la température ^ moyenne annuelle de l'air y est probablement 15*. 8.
RL de Humboldt a trouvé à l'air extérieur 10 à 11". 8 cent
Dans la galerie del Conde de Régla, à 50 mètres de profondeur, sans traces de métal dans le por»phyre de transition 1 21* .2
Eau souterraine à cette profondeur. 17.1
Dans le village de Tehuilotepec j près de Tasco (lat. 18* 35' 0'', hauteur 1791 mètres, température moyenne annuelle de Tair probablement 20*), le thermomètre à l'air-, hors de la mine, marquait de jour, 25* à 26* et de nuit, 16 à 17; il marquait dans la galerie de san Ignacio (où il n'y avait aucun mineur et pas de courant d'air), à 109 mètres de profondeur perpendiculaire, 24'. 3; dans les eaux des mines à la même profondeur 20". A Moran , les eaux des mines étaient de 4% et à Tehuilotepec de 4*-3, plus froides que l'air des mines.
Dans les mines de Santa- Ana (royaume de la Nouvelle- Grenade), M. de Humboldt a trouvé l'air de l'intérieur partout à 21". 4, quand l'air de dehors était, de jour, à 22\5, de nuit, à 18". 7 ; mais la mine a à peine 68 mètres de profondeur. Elle est située par les 5" 10' de latitude nord, à 974 mètres de hauteur , dans une région dont la température moyenne de l'atmosphère eat probablement 21" à 22".
Mines du Pérou. — Les seules observations faites à de grandes profondeurs, mais dans des parties du globe élevées de plus de 3,500 mètres au-dessus du niveau de l'Océan, sont les observations de Hualgayoc, près de
LES PDITS FORÉS. 314
Mîcuipampa, sur le dos des Andes de Chota, par 6* 43' 38'' de latitude sud; la hauteur du plateau est de 3,540 mètres ; la température moyenne annuelle de Tair à cette hauteur doit être probablement 7\8. La montagne métallifère de Hualgayoc , qui est isolée dans le plateau, paraît avoir plus de 4,093 mètres au-dessus du niveau de r Océan.
M. de Humboldt a trouvé le thermomètre à l'air
libre • 5 à 6* cenfigr.
Dans là Mîoa de Guadalupe, Talr de la galerie. . iW .3
L'eau de la mine 11 .2
Dans la Mina dei Purgatorio, qui est extrêmement
sèche, l'air était..,. 19 .e
Cette température de lO'.G dans l'intérieur de la terre, presque à la hauteur du pic de Ténériiîe, est sans doute bien remarquable. Le thermomètre est , dans ces contrées, le jour, de 5** à 9*, la nuit de 0^.4 à 2*. Le point où M. de Humboldt a mesuré la température au Purgatorio est à peu près de 58 mètres plus bas que celui de Guadalupe. Il est presque impossible de déterminer la profondeur par rapport à la surface du terrain, parce que la montagne isolée dans laquelle les mines sont creusées a des pentes très-irrégulières. Il sufTit de rappeler que les planes des de^x mines sont un peu audessus du niveau du plateau de Micuipampa, et de 487 à 584 mètres au-dessous de la cime de la montagne de Hualgayoc. Deux points de l'intérieur de cette montagne à 3,606 et 3,509 mètres de hauteur absolue, ont par conséquent 14'.3 et lO^.ô de température, quand l'air environnant a une température moyenne dé 7^8; les eaux
des mines sont, dans ces mêmes lieux^ à une température de 11*. 2
§ 2. — Température des sources.
Depuis les observations que j'ai faites en 1821 et dont fat parlé plus haut (p. 315),, je me suis constamment occupé de rechercher la cause des températures des sources thermales, et je crois être arrivé à démontrer (fue leur chaleur est empruntée à celle des couches terrestre qu'elles ont traversées, de telle' sorte que les eaux sont d'autant plus chaudes qu'elles proviennent d'une plus grande profondeur. Je vais réunir ici toutes les observations que j'ai faites moi-même ou qui sont parvenues à ma connaissance.
1* Sources thermales <FAicD en Provence.
La ville d'Aix, en Provence , renferme des bains d'eau thermale , connus sous le nom de bains de Sextius. Ils sont entourés d'un édifice dont la construction fut terminée en 1705. La source était jadis si abondante que, dans les deux derniers mois de cette année 1705 , elle pourvut amplement aux besoins de plus de 1,000 baigneurs. Les eaux coulaiei^, à plein jet par neuf tuyaux d'une fontaine et par neuf robinets de bains. Dès l'année 1707 , une diminution commença à se puanifester ; en peu de mois elle fit de tels progrès que l'établissement fut totalement abandonné.
D'autres sources chaudes existaient dans la ville, au cours, au jardin des Jacobins, au monastère de Saint-
Barthélémy, à la Triperie, au Grioulet, à Thôtel de la Selle-d'Or (hôtel des princes), etc., au fond de certains puits, tels que celui du sieur Boufillon (au coin de la rue des Marchands) et les puits des tanneurs. Ces diverses sources diminuèrent comme celles de Sextius, et môme plus rapidement. Plusieurs, et dans le nombre les sources des Jacobins, de Saint-Barthélémy, de la Triperie, du Grioulet, tarirent complètement
Pendant que s'opérait l'appauvrissement et même la perte complète de plusieurs fontaines d'Aix, quelques individus mettaient à profit, pour leur usage particulier, des sources extrêmement abondantes qu'ils avaient découvertes, en creusant à une petite profondeur dans des propriétés situées à peu de distance de la ville, au territoire du grand et du petit Barret. L'idée que ces nouvelles eaux étaient précisément les anciennes eaux de la ville, se présenta de bonne heure à l'esprit de plusieurs personnes; mais l'impossibilité de prouver catégoriquement le fait , arrêta longtemps l'administration. Enfm , en 1721 , pendant la terrible peste de Provence , le docteur Chicoineau, de Montpellier, ayant jugé convenable d'ordonner des bains aux quarantenaires, Vauvenargues, commandant d'Aix , prit l'arrêté suivant :
« Les bains des eaux chaudes de la ville d'Aix nous ayant paru nécessaires pour laver et purifier les convalescents quarantenaires; et comme les dits bains n'ont pas l'eau suffisante pour cet effet, à cause de la dérivation qui en a été faite par divers propriétaires voisins de la source, nous ordonnons, pour le bien du service, qu'il sera incessamment travaillé à réduire, etc., etc. >
En vertu de cet ordre , les consuls firent boucher les trous creusés sur le territoire du Barret , et vingt-deux jours après l'opération , les eaux des bains de Sextius augmentèrent des trois quarts, et plusieurs sources entièrement taries, celle du Grioulet, par exemple, recommencèrent à couler.
En mai 1722, Vauvenargues ayant été remplacé, les propriétaires dépossédés percèrent souterrainement l'ouvrage qui avait été construit l'année précédente, et aussitôt on vit les sources chaudes de la ville diminuer ou même tarir entièrement.
En juillet 1822, les brèches furent réparées, à la diligence du procureur-général , et les habitants d'Aix virent reparaître leurs eaux. Les choses restèrent dans cet état pendant cinq ans; mais en 1827, les habitants des moulins du Barret pratiquèrent clandestinement une nouvelle ouverture au batardeau, construit en 1822. On n'eut encore connaissance de ce méfait que par la diminution des eaux. Pour faire acte définitif de propriété, la ville fit ériger en 1829 , sur le terrain où l'intérêt privé livrait un combat si persévérant à l'intérêt général, une pyramide en pierre de taille.
Aux détails que nous avons donnés pour établir que les eaux de la pyramide du Barret alimentent les sources chaudes de la ville d'Aix, nous ajouterons que M. Dauphin, serrurier, assurait en 1812, à M. Robert, médecin, de Marseille, avoir été témoin d'une expérience qui établissait le fait d'une manière incontestable : on délaya, disait-il , de la chaux dans le bassin de la pyramide , et les eaux du Cours et de Menne^ de vinrent laiteuses!
Sous la pyramide du Barret, le liquide occupe un bas3iiï construit également en pierre, de 4 mètres de de long sur 2". 85 de large.
En juin 1812, M. Robert y fit descendre deux hommes pour prendre la température de Teau : ils trouvèrent + 17\5 Réaumur ou 21^87 centigrades. A la même époque , les bains de Sextius étaient à + 29* Réaumur ou â6^7 du thermomètre centigrade.
11 paraît donc constaté que les eaux froides du Barret, , deviennent , du moins en majeure partie, les eaux chau- { ' des d'Aix, en traversant le court espace qui sépare ces ^ deux points, c'est-à-dire une distance horizontale qui, dans les mémoires judiciaires dont nous avons donné l'extrait, est évaluée à mille pas géométriques.
On aura sans doute remarqué les mots : en majeure partie, dont nous, venons de nous servir; ils signalent nettement, en effet , la question qui reste à résoudre. Si Ton parvenait à prouver que toute Teau chaude des bains de Sextius provient de Teau froide du bassin du Barret ; que le phénomène ne consiste pas seulement dans un mélange qui pourrait s'opérer près de la surface, entre Teau du Barret et celle d'une source thermale ordinaire, plus voisine d'Aix; que dans le trajet, le liquide ne se charge chimiquement d'aucune substance étrangère, la théorie des sources thermales aurait fait un pas définitif; tout le monde consentirait alors à les assimiler aux sources artésiennes, dont la haute température est évidemment due à la grande profondeur d'où elles proviennent.
Sans prétendre deviner les meilleurs moyens d'inves-
Ugation que l'aspect des lieux peut suggérer, j*imagîne que si Ton obtenait la permission de dériver les eaux' du Barret , pendant quelques jours seulement , la principale question serait résolue. Dès que la source thermale inter médiaire, entre Barret et Aix, arriverait seule à Sextius, il y aurait, en effet, et simultanément, diminution considérable dans la quantité de liquide, et augmentation considérable dans la température des bains. Une analyse chimique comparative des eaux du Barret et de celles de Sextius , si elle était faite avec la scrupuleuse exactitude dont la science possède plusieurs exemples, serait trèsintéressante. Il ne semble guère qu'on puisse se dispenser de répéter l'expérience citée par le serrurier Dauphin , soit en se servant de chaux, soit en employant du son farineux ou quelque matière tinctoriale, ne fût-ce que pour déterminer la vitesse du liquide dans les canaux souterrains qu'elle parcourt, en allant du Barret à Sextius.
La dérivation momentanée des eaux du Barret, est le moyen le plus décisif d'arriver à la solution du très* ancien problème de géographie-physique que les sources thermales ont fait naître; mais cette dérivation serait inexécutable, qu'il serait encore possible d'arriver au but. Les eaux de Sextius, dit-on, diminuent avec la sécheresse , et augmentent beaucoup dans la saison des pluies. Eh bien, il serait peu probable que l'augmetitation et la diminution suivissent exactement et simultanément les mêmes rapports, dans Teau froide, presque superficielle, du Barret, et dans l'eau thermale de la source plus voisine d'Aix. S'il y a mélange de ces deux eaux ,
il faut donc s'attendre qu'à Sextius on observera de grandes variations de température.
On voit, par ce seul exemple, combijen se trompaient les administrateurs qui supprimaient l'inspecteur des eaux thermales, d'après l'idée que, sur cette matière, il ne restait plus rien à découvrir aujourd'hui. J'ajouterai que j'ai puisé les données sur lesquelles se fondent les projets d'expériences que je viens d'exposer dans un mémoire manuscrit, présenté à l'Académie, vers 1820, par M. Robert, et qui n'a pas attiré, suivant moi, toute l'attention dont il était digne.
M. Freycinet a été chargé par l'Académie des sciences, en 18â5, sur la demande que j'en avais faite, de faire des recherches sur la question que je viens d'exposer. D'après une moyenne entre cinquante observations, il a trouvé que, en janvier 1836, les eaux du Barret avaient 20*. 06, tandis que celles des bains de Sextius s'élevaient à 34*.16; en rapprochant ces nombres de ceux constatés par le docteur Robert, en 1812, et que nous avons rappelés plus haut, il a constaté en outre que, lorsque les eaux du bassin du Barret sont taries en totalité, la température des bains de Sextius est notablement plus forte que dans les circonstances ordinaires. Aussi , au mois de juin, pendant la sécheresse, les eaux des bains qui ne sont plus mélangées d'une si grande quantité des eaux du Barret , sont plus chaudes que dans les autres saisons.
Le 10 octobre 1826, j'ai pris la température de l'eau du bassin que les agents de l'établissement appellent la Source y et je l'ai trouvée de 33*.3 seulement. La température de l'eau sous la coupole, à la sortie de la pierre
antique, était de 34**, et celle de la fontaine chaude, sur le Cours, de 27M. Le lendemain 11 octobre, Peau de la fontaine abondante du Pont-Royal , à onze heures un quart du matin, marquait 14*. 5,
Mes observations concordent donc avec celles de M. Freycinet : les eaux des bains sont moins chaudes lorsque les eaux de pluie ont pu se mélanger avec celles qui viennent de l'intérieur de la terre.
Robiquet a fait en 1836 l'analyse des eaux du Barret et de Sextius, et il a obtenu les résultats suivants pour un litre d'eau :
£aa Eaa
da Barret. dé Sexthis.
gr. gr^
Carbonate de chaux 0.2/il6 0.1072
Carbonate de magnésie 0.1080 0.0/il8
Chlorure de çodium 0.0070 0.0073
Chlorure de magnésium. 0.0286 0.0120
Sulfate de soude. 0.0880 0.0325
Sulfate de magnésie. , 0.0230 0.0080
Acide silicique et matière organique azotée, O.021/i 0.0170
Fer Traces Traces
Poids du résidu de Tévaporation de 1 litre, 0.5176 0.2258
Nous avons dit qu'il n'est pas douteux que les eaux du Barret arrivent aux bains de Sextius après s'être mélangées à des eaux souterraines plus profondes; l'analyse chimique vérifie cette conséquence des autres observations en montrant que les eaux de Sextius contiennent en dissolution les mêmes éléments que celles du Barret, mais en moindre proportion , comme ayant été étendues avec des eaux plus pures.
LES PUITS FORÉS. 3i9
2* Températures de diverses sources du midi de la France, observées pendant un voyage fait en 1826.
En 1826 j'ai fait pendant les mois d'août, de septembre et d'octobre, un voyage dans le midi de la France. J'ai consigné les observations que j'ai recueillies dans un registre qu'aujourd'hui , en 1852 , presque aveugle et infirme, je né puis dépouiller moi-même. J'ai recours h M. Barrai pour en extraire tous les résultats importants, et pour les rapprocher des observations que d'autres personnes peuvent avoir faites, et particulièrement de celles consignées dans Y Annuaire des eaux de la France^ que mon savant confrère, M. Dumas, a eu la bonne idée de faire rédiger par une commission spéciale, dont M. Sainte-Claire Deville est le secrétaire.
Je m'étais proposé de faire diverses observations sur la température, le rayonnement solaire, la pression barométrique, le magnétisme terrestre et les autres phénomènes naturels qui pourraient s'offrir à mon étude. Je vais résumer ici les résultats que j'ai obtenus en prenant les températures de diverses sources thermales; on trouvera ailleurs mes autres observations. Mais ce que je vais dire du soin que j'ai pris de comparer mes thermomètres et avant mon départ et après mon retour, avec des thermomètres étalons, s'applique à tous les instruments que f ai emportés. C'est une recommandation qu'on ne saurait trop faire à tous les voyageurs', de s'assurer de la vérité des indications de leurs thermomètres et de leurs baromètres. Beaucoup d'observations n'ont pu prendre place
dan3 la science à cause de Tîncertitude qui planait sur leur valeur. Le point zéro de tous les thermomètres subit avec le temps des déplacements qui exigent toujours que Ton fasse des corrections à leurs indications. Ainsi j'ai emporté trois thermomètres construits par Lerebours, Bunten, Gautier, c'est-à-dire par les meilleurs fabricants d'instruments de précision; et cependant, si je n'avais pas fait la comparaison de ces thermomètres avec deux thermomètres de M. Despretz dont les échelles étaient parfaitement exactes et^dont les points fixes de la glace fondante et de l'eau bouillante se sont retrouvés constants, j'aurais été exposé à commettre des erreurs s'élevant jusqu'à 1^3. Il est bien entendu que les nombres que je vais citer sont les nombres corrigés; il en est de même aussi pour les températures des eaux d'Aix dont j'ai parlé dans le paragraphe précédent.
Je suis parti de Paris le 9 août. Le 14 août, j'ai trouvé pour les températures des sources du Mont-Dore (Puy de Dôme) les nombres suivants :
Source de César. liT.2
Source Ramond. , /jO .9
Source de la Madeleine 42 .5
Le volume des eaux de ces sources ne paraît varier ni d'une saison à une autre, ni après de longues sécheresses, ni après des pluies abondantes et prolongées. Quelle est la cause pour laquelle la source Ramond est à une température sensiblement moindre que les deux autres? N'est -il pas probable que son eau vient d'une profondeur moindre que celle des sources de César et
ôe la Madeleine. Je signale cette recherche aux géologues.
Le 18 août, à une heure, par un beau soleil, j'ai pris la température de Teau de la fontaine pétrifiante de Saint-AUyre, à Clermont. Au point où elle sort de terre, Feau était à 23M5. Comme cette eau coule non pas à une grande profondeur, mais à im mètre tout au plus au-dessous de la surface du sol, les 23M5 marqués par le thermomètre ne me paraissent pas surpasser la température que le terrain doit avoir. La source de Saint- AUyre n*a donc pas, selon moi, de chaleur propre.
J'ai trouvé pour la température de la source de Royat, au point où on la recueille pour la conduire à Clermont, 10*.9. Ce nombre ne surpasse pas beaucoup la température moyenne du lieu. Les laves au travers desquelles Teau coule, n'ont pas, conséquemment, une température différente de celle qui correspond à la latitude de Clermont : elles sont entièrement refroidies. Elles appartiennent à la coulée septentrionale qui est sortie de cette montagne nommée Gravenère, qui présente l'aspect d'un amas de scories, et elles ont, d'après Ramond, une épaisseur de 20 mètres. Malgré leur masse, elles ont perdu leur chaleur originaire ; aucune de ces coulées de laves éteintes qui rendent cette partie de l'Auvergne si remarquable, n'a moins de deux mille ans, selon les calculs de Ramond à qui on doit une belle étude sur le nivellement de cette contrée bouleversée par tant de secousses dont les hommes n'ont pas cependant enregistré le souvenir.
Les eaux de Royat présentent du reste des alternatives
dans leur écoulement; elles sont très-abondantes de mars à septembre, et paraissent présenter un minimum vers la fin de décembre.
Les eaux thermales de Saint-Mart (Gerest), sur le chemin de Clermont à Royat sont à 33M5. L*eau sort verticalement dç terre : elle s'élève au-dessus de la surface, depuis que le propriétaire a fait forer le sol avec une tarière. On ne peut avoir de doute sur la cause de la haute température de ces eaux, qui la doivent à la grande profondeur d'où elles proviennent.
De Clermont je suis parti pour les Pyrénées.
Le 30 et le 31 août, j'ai pris les températures des diverses sources de Cauterets.
Le 30 août dans la soirée, j'ai trouvé les nombres suivants :
Source des Espagnols. û7".5
Source de Pause /i5 .0
Source de César û? .6
En 1746, de Secondât trouvait pour Pause, 107\25 du thermomètre de Fahrenheit, ce qui correspond à 41'. 81 du thermomètre centigrade.
Le 31 août à 11 heures du matin, j'ai obtenu pour la source de la Rallière, 38*. 4. En 1844, de Secondât trouvait pour cette même source 102*. 75 du thermomètre de Fahrenheit, ce qui fait 39*. 3 centigrades.
La source du Bois, la plus haute de la montagne pour laquelle de Secondât, en 1746, trouvait 114*.75 Fahr, ou 45°. 97 centigr., m'a donné 45°. 9.
La source de Mahourat fournit de l'eau qui est seulement employée comme boisson. Elle sort d'une masse de
calcaire grenu. J'ai obtenu pour sa température 49*. 6. En 1745, de Secondât trouvait 113°.25 Fahr. ou 54M9 centîgr. seulement.
A 28 mètres au-dessous de Mahourat est un pré d'où jaillissent deux sources Tune à côté de l'autre. J'ai trouvé pour l'une 45^4, et pour l'autre 25'.6. Quelle est la cause d'une telle différence dans les températures de deux sources si voisines? L'eau de la dernière se mêle-t-elle à de l'eau froide? La comparaison des poids des résidus solides laissés par l'évaporation d'une certaine quantité de l'eau des deux sources résoudrait probablement cette question intéressante.
Le 2 septembre, j'ai pris les températures des eaux de Baréges, village célèbre qui, comme on sait, est à 1270 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le bain Polard nM, le plus voisin de la source, m'a donné à l'ancien robinet 37M, et au neuve au 33. 5; l'eau de ce dernier est certainement un mélange. Au bain Polard n" 2, j'ai obtenu pour l'eau de l'ancien robinet 36". 6, et pour celle du robinet de mélange, 33M. Enfin le bain Polard n* 3, le plus éloigné de la source, m'a fourni â6°.8 à l'ancien robinet, et au nouveau 33*. 3. De Secondât donne pour l'eau de Polard, en 1766, 98*. 75 Fahr. ou 37\09 centigr. Au bain du fond, j'ai trouvé 35^7, à l'ancienne source de la Buvette 40*. 7, à la petite douche 43*. 2, à la grande douche ou à la source du Tambour 44M, au bain de l'Entrée 37^9, aux nouveaux bains de La Chapelle 31". 3. Suivant de Secondât, la source la plus chaude en 1746, celle qu'il nomme bain du milieu ou bain royal, était à 112**. 75 Fahr. ou 44^85 centigr. M. — III. 23
Le même jour je suis descendu à Saint-Sauveur, village distant de Baréges de 4 kilomètres et qui n*est qu'à 770 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. J'ai trouvé pour l'eau de la douche 33'.7, pour l'eau du bain à côté de la douche le môme nombre 33'. 7, pour le bain de La Chapelle 32^5.
Le 4 septembre, sous le pont de Saint-Sauveur, l'air étant à 1 heure à 13*. 2, l'eau du Gave de Pau marquait au thermomètre 9'. 7. Comme le Gave est alimenté presque exclusivement par de l'eau des glaciers qui est à 0', il résulte de cette observation, que dans un trajet moyen de cinq à six lieues, l'eau a gagné près de 10 degrés.
Le 6 septembre j'ai commencé mes déterminations ihermométriques à Bagnères-de-Bigorre, à 30 kilomètres de Baréges, à 567 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. J'ai d'abord pris la température de deux sources de Salut; l'une marquait 31'. 7 et l'autre, 32*. 4. Elles sortent très-abondantes d'une roche située au nordouest et très-près du bâtiment. M. Gandrax, médecin des eaux, m'a assuré que l'une d'elles est beaucoup plus forte en hiver qu'en été, sans que cependant la température varie de plus d'un degré. La première source est celle qu'employa l'ancien duc de Bichelieu. L'eau la plus chaude de Salut avait en 1760, d'après d'Arquier 32^.5, et en 1744, d'après de Secondât, 31^39.
La source dite de la Reine, qui coule sur le penchant de la montagne, et dont le bâtiment a été fondé, dit-on, par Jeanne d'Albret, m'a donné 46M. C'est une source très-abondante où d'Arquier avait trouvé en 1760, 4 7*. 5. En 1744, de Secondât avait obtenu 4i!i*.7.
Une fontaine ferrugineuse découverte, en 1816, également sur le penchant de la montagne, a marqué 16'. 7, et immédiatement à côté une fontaine d'eau ordinaire 15*.5. Ces deux fontaines sont peu abondantes et sont employées comme boisson.
Dans la ville, derrière le nouvel établissement thermal de Marie-Thérèse, sortent les sources extrêmement abondantes dites de Salies. Les malades ne font point usage de cette eau, qui m'a paru n'avoir aucun goût; les gens du quartier l'emploient pour laver le linge et pour faire le pain. Le thermomètre m'a indiqué une température de 50*. 7. En 1744, de Secondât obtenait 122^.25 Fahr. ou 50*».13 centigr. Le 30 juillet 1760, d'Arquier trouvait 41*.75 Réaumur ou 52*.2 centigr.
Aux sources de Lasserre se trouvent deux robinets placés à trente centimètres de distance. L'eau de l'un est purgative et marque 39". 2; l'autre est sulfureuse, même au goût ; elle indique 21^5. En 1760,' d'Arquier trouvait 37". 5 pour la source la plus chaude de Lasserre, et en 1744, de Secondât obtenait 34". 25.
J'ai trouvé 51" à la source même de Cazaux qui débouche au pied de la montagne. La source de Salies, dont je viens de parler, sort à un niveau un peu inférieur et à la distance d'une cinquantaine de pas.
La source de Cazaux et la source de la Reine sortent de la même montagne; la première mu pied, la seconde à une assez grande hauteur. La première marque 51" et la seconde 46". La source du Dauphin , qui sort à une hauteur intermédiaire, a, suivant M. Gandrax, une température comprise entre les précédentes; j'ai seulement
trouvé 45'. 7 ; mais à la source même, qui est actuellement couverte , M. le médecin inspecteur des eaux a obtenu 47°. 4 ; son thermomètre était d'accord avec le mien, et je fais, comme j'en ai prévenu, à tous ces nombres les corrections nécessaires pour éliminer les erreurs de graduation. Si les sources thermales devaient leur haute température à des actions chimiques et non à la chaleur des couches terrestres d'où elles proviennent, de telles différences pourraient-elles exister entre les températures de trois sources ainsi situées? En admettant une telle origine pour leur température, on devrait trouver des différences dans leur composition. Les partisans de l'hypothèse de l'action chimique invoquent surtout la réaction que produisent l'eau et l'air sur les pyrites ; mais rien dans la composition chimique des eaux de Bagnères de Bigorre ne tend à légitimer une telle doctrine. Ainsi pour les trois sources que nous venons de comparer, voici la composition trouvée par MM. Gandrax et Rosière.
Source Source Source .
de la Reine, du Dauphin, de Gazanx.
Chlorure de magnésium 0.130
Chlorure de sodium , 0.062
Sulfate de chaux i.680.
Sulfate de magnésie 0.396
Carbonate de chaux 0.266
Carbonate de magnésie 0. OlxU
Carbonate de fer • . 0.086
Substance grasse résineuse 0.006
Substance extractive végétale. . , ♦ 0.000
Acide silicique 0.036
Perte. 0.054
Poids des résidus laissés par l'éva-
poration de 1 litre d'eau 2.760