DE S. FRANÇOIS DE SALES A S. A, LE DUC DE SAVOIE
Le Saint le remercie d'avoir nommé son frère Jean-François de Sales, pour son coadjuteur et successeur dans Tévêché.
6 mai-s i6£i.
Monseigneur,
Les faveurs les moins méritées sont à la vérité les moins
. honnorables, mais elles sont aussi les plus obligeantes ; et
* C'est la 525* de la collect. -Biaise, et la 56* (a/. 48^) du liv. I" des anc. édit-
quand elles viennent d'un haut lieu et d'une Mayson souveraine, elles sont estimées parfaites, et ostent à ceux qui les reçoiven /e pouvoir d'en faire de dignes actions de grâces.
Pour cela, Monseigneur, je ne destine pas ces lignes au très humble remerciment que je devrois faire à vostre Altesse pour la grâce qu'il luy a pieu d'exercer envers mon frère et moy, le nommant à ma succession en cet Evesché ; mais je luy en fais seulement très humblement la révérence, pour tesmoignage qu'en cette nouvelle obligation je renouvelle et confirme l'hommage et la fidèle obéissance que je dois à la bonté de vostre Altesse, la suppliant en toute humilité de continuer, comme elle a commencé, de me protéger tous-jours avec mes frères, 30us la douceur desadebo^inaireté, puisque nous ne respirons jamais si chèrement et cordialement autre chose quelconc^ue de ce monde , que l'immuable devoir par lequel îaous sommes si heureux qi2€ d'estre et vivre en la subjection de vostre Altesse, à laquelle souhaitant incessamment le comble de toute sainte prospérité, je suis. Monseigneur, très hunîble , très fidèle, très obligé et très ofe'jissant orateur et serviteur, etc.
CGXXII.
LKTTRK
A MADAME LA PUîNCESSE DE PIÉMONT.
Le Saint la remercie par cette lettre d'avoir contribué à la nomination de son frère à* la coadjutorerie de Genève.
20 mars 1C2Û.
Madame,
vSi vous mesurés vos faveurs à ce que Dieu a voulu que vous fussiés, il n'y en aura jamais de trop grandes : mais s,l elles sont balancées avec le mérite de ceux qui les reçoivent, celle dont il vous a pieu gratifier mon frère et moy, en la nommation faite par son Altesse, sera sans doute des plus excessives ; et faudra advoùer, Madame, qu'elle n'a nul fondement qu'en la grandeur de vostre bonté ; sinon que parmi plusieurs grâces de Dieu vous avés encor celle-là de counoistre les cœurs, et que dedans les nostres vostre Altesse a}! regardé l'incomparable passion que Dieu mesme y a mise, pour nous rendre infiniment dédiés à vostre service, et nous faire resigner à jamais à l'obéissance de vos commandemens : car en ce cas, Madame, s'il vous a semblé bon de vricttre en considération ' ^.^Ire très humble sousmission, vostre Altesse aura bien eu (Quelque sujet de nous départir ce bienfait, duquel je luy rens Ires humbles grâces; et luy en faisant révérence avec un extrême respect, je prie [\ divine Majesté qu'elle comble la royale personne de vostre Altesse de l'abondance de ses bénédictions, qui suis, Madame, vostre très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur, etc.
t C'est la 526e de la coUect.-Blaisej e"; la 59^ {al. b3e) du liv. I* des anc. édit.
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