‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 123 sur 183 · AU CARDINAL MONTALTO · texte numérisé non relu

AU CARDINAL MONTALTO

Le Saint visite les Pères Feuillants.

Turin , 21 juin 1622.

Monseigneur illustrissime,

) J'ai reçu avec la très-humble révérence que je dois, la lettre de votre Seigneurie illustrissime du vingt et unième de mai, laquelle m'a rencontré entièrement prompt et rempli d'allégresse pour vous obéir. Mais c'est la vérité que j'ai été très-inutile aux Pères Feuillants ; car ils se sont comportés en leur chapitre général avec tant de piété, avec tant de paix , d'union et de tranquillité, que je n'ai eu aucune occasion de les servir, comme votre Seigneurie illustrissime me le commandoit, et comme je le désirois ardemment.

Ils ont promu à la charge de général un personnage si orné de lumières, d'érudition et de prudence, qu'ils ne pouvoient faire une meilleure élection *. Il a ii ès-bien mérité de

* Traduite de l'italien (l'original nous manque). C'est la 620 e de Biaise, et la 25e ( oliàs 16e ) (lu livre I^r des anciennes éditions.

* C'est le père Jean de Saint-François : il fit imprimer en 1624 une Vie de saint François de Sales , son ami.

providentiâ, Sanctitatem vestram tueatur incolumem, ut summis &c imis votis supplex peto et expeto.

la sainte théologie ; car il a traduit beaucoup de livres de grec en latin, comme il se voit au second tome de S. Giegoire de Nysse. La traduction françoise qu'il a faite de S. Denys Aréopagile, avec de très-belles annotations, est connue par tout le royaume. Il écrit encore avec une merveilleuse éloquence et une singulière clarté, pour la défense de la sainte foi contre les hérétiques de ce temps.

Et pour ce, je ne doute point que cette élection ne soit très-agréable à votre Seigneurie illustrissime, laquelle, pour ne point l'entretenir plus long-temps avec des termes mal polis et grossiers , je supplie de me permettre que, comme elle m'a recommandé cette Congrégation , je la recommande semblablement avec une profonde révérence à son affection, et à sa très-amoureuse charité. Je vous baise très-humblement les mains, et vous souhaite du ciel les félicités que souhaite pour soi-même, Monseigneur illustrissime, votre très-humble, etc.

Page 1