‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 126 sur 183 · DE LA VISITATION · texte numérisé non relu

DE LA VISITATION

Certes une congrégation dilatée en divers endroits du

christianisme, ayant un chef extraordinaire et a part sans estre appreuvee de leglise devroit plustost estre appellee une faction, monopole et sédition , qu une religion, jusques à ce quelle fut appreuvee de leglise. Or une congrégation de cette sorte ne pourroit estre appreuvee par aucun evesque particulier, car lauthorite des evesques particuliers ne sestend pas sur toute leglise. Cest pourquoy cela appartient au seul evesque qui a rayson de sa primante a la surintendance général sur leglise universelle , ou a la générale congrégation des evesques que nous appelions concile , qui nest qu une mesme chose, puisque lauthorite du Pape est tous-jours es conciles généraux , et celle des conciles en celle du Pape , leglise estant en son evesque, comme dit S. Cyprien, et levesque en son église.

Mays quant aux simples congrégations, elles ne sont point exemptes delajurisdiction ordinaire ; elles nont point de chef extraordinaire etapart,ainsdemeureni avecle reste du peuple (comme le reste * des fidèles) , une chascune , en loheissance spirituelle et sous lauthorite ecclésiastique des evesques des

* L'autographe, écrit tout entier de la main du Saint, s'en conserve au mo» nastère de la Visitation de Sainte-Marie de Rennes, où il nous jôté communiqué.

* Ce qui est marqué ici entre parenthèses est la leçon primitive, au-dessus de laquelle i'auteur a lui-même écrit ces mots, avec le reste du peuple, comme pour la remplacer, mais sans effacer la première locutioa employée, pas plus ^e la seconde.

d'une dissertation. 473

lieux ou elles sont establies. EUes nont point dauthorite qui se respande hors dun diocèse ni mesme le plus souvent hors dune mayson ; de sorte , que comme elles n'ont point de dependence hors des diocèses esquelz elles sont, aussi leglise les a tous-jours tenu pour suffisamment authorizees et canoniquement instituées , quand ellep ont esté erigbes par lauthorite des evesques des lieux ou elles sont, ne plu& ne moins que les confrairies et autres Sociétés pieuses, que le Pape a accoustumé de gratifier et favoriser par li concession d'indulgences et autres advantages spirituelz pou.rveu quelles auront este canoniquement érigées par les ordinaires, lesquelz quant a cela demeurent en leur ancienne authorité, qui ne leur a esté limitée que pour le regard des congrégations , lesquelles selon le stile présent du S. Siège portent le tiltre de religions : puisque la limitation et restriction de Li puissance ordinaire ne doit opérer que selon la rigoureuse signification des motz esquelz elle est concetie , et que le S. Siège ne doit estre estimé vouloir lier les mains aux evesques inférieurs en ce qui est utile pour lavancement de leurs brebis en la perfection chrestienne, afïîn qu un chacun d'eux puisse dire quil est venu en son Diocèse affin que les âmes eussent la vie et quelles leussent plus abondamment. Et la coustume , qui semble donner la loy aux loix mesme , et laquelle au moins leur sert de très bon interprète, nous oste de toute sorte de difficulté en cet endroit et monstre bien que leglise et le S. Siège tient pour Ifcg.àmement et canoniquement instituées et appreuvees , les simples congrégations érigées par les ordinaires, qui en cela possèdent sans contradiction quelconque leur ancienne authorité. Car, comme le grand S. Ambroise , de son tems, forma plusieurs congrégations, tant dhômes que de femmes au diocèse de Milan, aussi le grand S. Charles son successeur en a formé de nostre tems plusieurs autres en ce mesme lieu. — Et comme du tems de S. Grégoire Nazianzene, les evesques avoyent érigé

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force telles congre2:ations presque en ions les endroitz du christianisme , aussi du despuis , et jusques a ce tems auquel . jescris, les evesques en ont dressé en plusieurs endroitz, et mesme en Italie, oii il semble que la discipline ecclésiastique (la praltique * de) soit et doive estre le modelle pour le reste.

et autres, ■::omme il appert par les livretz des règles quiîz leur ont données, imprimés en divers endroitz d'Italie. El* en France les compaignies de S'^ Ursule ont esté en plusieurs endroitz réduites en collèges et congrégations par lauthorité ordinaire, leglise et le S. Siège tenant pour canoniquement institué pour ce regard ce que chasque evesque fait en son diocèse, comm'elle fait en plusieurs autres occasions.

Des divers liens, et différentes façons de s'obliger a la prattique desconseilz evangeliques, que l'on observe es congrégations.

Il y a des congrégations, esquelles on nest obligé ni par vœu ni par serment ni par oblation, ains seulement par une simple volontaire entrée , par laquelle en effect on se joint a icelles ; comme l'on fait en la congrégation de loiatoire de Homme, en laquelle non seulement on ne fait point de vœu ni de serment , ni d'oblalion manifeste — mais il est expressément ordonné que jamais nul de ceux qui y sont ne puisse prétendre d'introduire aucun lien de semblable nature, telle ayant esté l'intention du grand • bienheureux Philippe Nerie, l'instituteur. Et telle semble esUe a Milan la con";re2f" ou

collège des Dames appellees Guastates , vœu ni serment

ni oblation , ains

^ Ces mots, la pratique de, que nous mettons ici entre nnrenlhèses, sont placés dans l'écrit original au-rlessus des mots la discipline, cuinirie pour indiquer une nouvelle leçon dont le saint auteur se réservoit le choix.

* Ici on lit au-dessus de la ligne ^ et entre les mots et et en , ces lettres, ou semblables ; d. der^ ou dioce.

BREF d'institution DE LA. VISITATION.' 47d

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