ARTICLE IV
De rOffice Divin.
Les Sœurs diront à l'ordinaire le petit Office de nostre Dame, parce que cet Ordre est institué particulièrement pour la retraitte des infirmes, et à l'honneur de la bienteureuse Mère de Dieu nostre Dame.
Les Dimanches et Festes de commandement, elles adjousteront les commémorations , selon qu'il est marqué au Directoire de FOfïice.
Les Sœurs auront en singulière recommandation la simplicité et promptitude à l'^-beyssance ; et partant lors que les OiEces sonneront, elles dûivej^t courir à la voix de FEspoux Vil. 38
qui les appelle ; c'est à dire , partir allaigrement au premier coup de cloche, se mettre en la présence de Dieu, et à l'imitation de saint Bernard, demander à leur ame ce qu'elles vont faire au Chœur. Comme aussi elles pourront tenir cette méthode en tous leurs autres exercices, afin qu'elles portent en chacun d'iceux l'esprit qui leur convient : car il ne faut pas une mesme contenance et action au Chœur qu'à la
/ecreation.
Il faut es e^'.;rcices qui regardent immédiatement l'hon^ neur et service de Dieu , un esprit humble , rabaissé , grave, dévot, et sérieusement amoureux. Avant donc que commencer rOflice , les Sœurs provoqueront leur ame à de semblables affections ; et après l'acte d'adoration, offriront à nostre Seigneur cette action pour sa gloire , à l'honneur de la sainte Yierge nostre Dame et Maistresse, et au salut de toutes les créatures.
Disant le Deiis in adjutorium , etc., elles doivent penser que nostre Seigneur leur respond : Soyez aussi attentives à mon amour.
Et pour se maintenir avec le respect et attention convenables, il faut qu'elles considèrent de temps en temps, combien ce leur est d'honneur et de grâce, de faire çà bas en terre le mesme office que les Anges et les Saints font là haut au Ciel, quoy qu'en divers langages elles prononcent les lotiangesdu mesme Seigneur, la grandeur et Majesté duquel fait trembler les plu.- liants Séraphins.
Que celles qm entendent quelque peu ce qu'elles disent à l'Office , employent fidèlement ce talent, sexoh le bon plaisir de Dieu qui le leur a donné , pour les aider à se tenir recueillies par le moyen des bonnes affections qu'elles en pourront tirer ; et que celles qui n'y entendent rien, se tien-nent simplement attentives à Dieu, faisant des eslancemens amoureux tandis que l'autre Chœur dit le verset, et qu'elles font les pauses.
Mais la principale attention, et le plus grand soin que doivent avoir les Sœurs qui ne sont pas encore habituées à l'Office, c'est de bien prononcer, faire les accens, pauses, médiations, et de prévoir ce qu'elles ont à dire, selon les charges qui leur sont données; se tenir prestes pour commencer, et faire les cérémonies avec gravité et bien-seance, sans excéder en la crainte de faillir, non plus qu'en la présomption de bien faire.
Bref, les Sœurs auront une affection et attention spéciale, afin que l'Office sacré se célèbre avec la révérence et dévotion deuës à la présence de la divine Majesté, et avec l'observance du Cérémonial. ' :.. .
ARTICLE Yé Comme il faut oûyr la Sainte Messe*
Pendant que le Prestre se prépare , il faut se mettre en la présence; de Dieu, et quand il dit le Confiteor, il se faut prosterner en esprit devant Dieu, reconnoistre ses péchez, les détester, et luy en demander pardon. Apres cela on pourra dire le Chapelet, ou telles autres prières que l'on goustera le plus , jusques à l'Evangile , auquel il se faut promptement lever, pour tesmoigner que l'on est appareillé pour cheminer en la voye des commandemens de l'Evangile, et dire : Jesus-Gurist a esté obeyssant jusques à la mort, et à la mort mesme de la Cro^x : et en faisant le signe de la Croix sur le front, sur la'bouche, et sur le cœur, dire : Dieu soit en mon esprit, en ma bouche, et en mon cœur, afin que je reçoive son saint Evangile. Si l'on dit le Credo, il faut dire le commun, protestant mentalement de vouloir vivre et mourir en la foy de la sainte Eglise.
Apres le Sanctus, il faut, en grande humilité et révérence, penser au bénéfice de la Mort et Passion du Sauveur, le .suppliant de la vouloir appliquer au salut de toulle monde^.
et particulièrement au nostre , et à celuy des enfans de soi Eglise , à la gloire et félicité de tous les Saints , et au soulagement des âmes du Purgatoire.
A l'eslevation du tres-saint Sacrement , il faut avec une grande contrition de cœur l'adorer, puis avec le Prestre l'offrir à Dib'i le Père pour la remission de nos péchez, et de ceux de tout le monde, et nous offrir nous-mesmes quant et luy avec toute l'Eglise.
Apres l'eslevation, il faut remercier Jesus-Christ de sa Passion, et de l'institution de ce tres-saint Sacrifice de l'Autel.
Quand le Prestre dit h Pater, il le faut dire avec luy vocalement, ou mentalement, avec une grande humilité et dévotion , tout ainsi que si l'on l'dïoit dire à nostre Seigneur, et que Ton le dist mot à mot après luy. Apres cela, si Ton ne veut faire la Communion réelle , il la faut faire spirituelle , s'approchant de nostre Seigneur par un saint désir alestre unie à luy, et le recevoir en son cœur.
A la bénédiction, il se faut représenter que Jesus-Christ en mesme temps nous donne la sienne.