ARTICLE VII
De la Réfection.
Que les Sœurs n'aillent pas au Réfectoire seulement pour manger; ains pour obeyr à Dieu, et à la Règle ^ oùyr la sainte lecture, dire les coulpes , recevoir les advertissemens, et faire les mortitications qui y sont pour l'ordmaire pratiquées. Qu'elles y entrent avec gravité et modestie, les robbes abbatuës, et les yeux en terre. Fero^^t l'inclination au Crucifix , et se rangeront de Chœur en Chœur. Trois se pourront mettre à genoux d(jvant la Supérieure, pour dire chacune une co'jlpe , courtement et clairement, pariant medio- <;iement haut, afin qu'elles puissent estre aysement entendues.
La Supérieure dira le Benedicite , elc, devant sa place, les Sœurs tiendront les mains jointes, et s'inclineront du- .ruut la bénédiction, et devaai an^ de s'aller asseoir
La Lectrice estant debout les mains jointes, s'inclinant avec celle qui doit servir à table , dira : Jubé domna benedicere. La Supérieure respondra : Mensœ, etc. La Lectrice montera en c^^-^-Te , où estant debout, les mains jointes, dira : In noinine Domini Jesu Christi. Les Sœurs respondront : Amen.
Elle commencera sa lecture. La Supérieure donnera le signe, disant, Au nom de Dieu; toutes les Sœurs desployeront leurs serviettes. Elles ne laisseront point de places vuides, sinon aux deux bouts pour celles qui manquent, lesquelles baiseront terre au milieu du Réfectoire devant que de s'asseoir, si c'est par négligence qu'elles viennent tard.
S'il y en a quelqu'une qui soit trop délicate, ou trop avide à manger, qu'elle fasse en entrant une bonne resolution, en invoquant la grâce de nostre Seigneur, afin de se surmonter courageusement. Que la douillette considère le fiel qui fut présenté à nostre Seigneur au fort de ses plus ameres douleurs. Celle qui est trop avide pense hux abstinences et jeusnes des Pères du désert et de tant d'autres Saints, qui ont si puissamment surmonté leur sensualité.
Qu'elles ne sortent point de table sans s'estre mortifiées en quelque chose; et que neantmoins elles usent sans scrupule ni cérémonie des viandes qui leur seront données pour le soulagement de leurs infirmitez , prenant indifféremment de la main de nostre Seigneur, tant en viandes, comme en toutes autres choses, ce qu'elles aymeront comme ce qu'elles n'aymeront pas.
Quand on fait les mortifications usitées (ce n'est que quatre ou cinq à la fois], les Sœurs à qui on baise les pieds, en advancer''ont un, s'inclinant un peu, et se tiendront de-« bout, et courbées quand c'est la Supérieure. A la lin, celles ^ui les auront baisez, retourneront au milieu du Réfectoire baiser terre , et retourneront en leurs places. Celles qui -mangent à ie^re , ayant achevé , se tiendront à genoux oa
assises, en la mesme place , jusques au signe, lequel estant donné, elles baiseront terre , et se retireront en leur rang.
Les jours de Feste et Chapitre, et en Tabsence de la Supérieure , Assistante , ou Commise , on ne dira point de coulpes ni d'advertissemens.
Celle qui servira , troussera sa robbe et ses grandes manches jusques au coude, ceindio^ \]n devantier, et prendra sur la fenestre du service Tais chargé de portions. Elle fera Fenclin au milieu du Réfectoire, puis à la Supérieure , luy présentant sa portion , et toutes les fois qu'elle passera devant elle. Elle donnera la portion de l'Assistante , et poursuivra le Chœur de la Supérieure , puis ^'eluy de FAssistante. Chacune prendra sa portion sans choix. Elles ne s'envoyeront rien Tune à l'autre, excepté la Supérieure, quand elle lejugera à propos.
Celle qui servira, prendra garde que rien ne manque aux Soeurs. A la fin de la première table , elle mettra les potages de la seconde. Les Sœurs seront fort tranquilles et propres au Réfectoire.
Deux fois l'année on lira durant la moitié de la première table le Coustumier et le Directoire, excepté celui de la Directrice, et l'article des mortifications, dont l'une des fuis sera devant le temps de la visite : une fois l'année on lira la Préface des Règles , les Entretiens et les sermons selon les Festes qui eschéent.
Apres le repas, la Supérieure donnera le signe pour finir; la Lectrice dira : Tu autem, Domine, miserere nobis : toutes respondront : Deo gratias. Elle viendra avec celle qui aura servy, laquelle abbatra ses manches et sa robbe, et baiseront terre au milieu du Réfectoire, feront l'enclin à la Supérieure, et s'iront mettre à table.
^a buperieure commencera les grâces du Bréviaire, selon lè temps, devant sa place, et les Sœ.urs rangées comme au Be^ nedicite respondront. Aprns cela on fera les advertissemens^
SPIRITUEL. 60 f
Que si les Sœurs domestiques et Despensieres disent leurs coLilpes , elles se mettront à genoux devant la Supérieure , puis se retireront après les avoir dictes, avant que l'on fasse les advertissemens ,' après lesquels :
La Semainiere commencera le De profunditi , que les Sœurs poursuivront alternativement ; et s'approchant deux à deux , une de chaque Chœur, feront l'enclin à la Supérieure , et s'en iront en le disant , et l'ayant finy elles iront en silence au lieu de la récréation.
La Lectrice de la seconde table commencera et finira la lecture comme à la première, sans relire ce qui aura esté leu.
A la collation , on ne dira que VAve Maria, avec le signe de la Croix , pour Benedicite et Grâces. L'on donnera environ trois onces de pain , avec un peu de fruit cuit ou crud , et fera-on la lecture tout au long.
Les Dimanches, toutes se mettront à genoux pour recevoir la bénédiction dn la Supérieure après celle de la Lectrice.