‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 169 sur 183 · ARTICLE XI · texte numérisé non relu

ARTICLE XI

Des Confessions , et de Tordre d'y aller.

Quand les Sœurs se voudront confesser, elles feront la préparation en cette sorte : S'estant prosternées en esprit d'humilité aux pieds de nostre Seigneur crucifié, elles diront dévotement le Confiteor jusques à meâ culpâ, et demanderont la grâce et la lumière du saint Esprit pour bien con- Aoistre leurs fautes; puis rassembleront tout ce qu'elles auront treuvé en leurs examens journaliers depuis la dernière Confession, penseront un peu s'il n'y arien de plus, et achèveront le Confiteor, disant meâ cidpâ, etc. Apres quoy elles demanderont tres-liumblement pardon à nostre Seigneur, et la grâce de se corriger, dequoy elles feront une bonne resolution , spécialement des choses plus importantes qu'elles remarqueront, les détestant, et taschant de donner à leur ame une vraye douleur de leurs fautes, pour petites qu'elles soient; car c'est tousjours trop de mal, d'avoir despieu à la souveraine bonté de nostre Seigneur, qui nous fait journellement tant de miséricorde.

Apres avoir remarqué leurs fautes présentes , elles y adjousteront quelque chose de ce qu'elles ont faict au monde^ qui soit manifestement péché, comme une médisance par haine, ou un mensonge par vanité, ou pour porter dommage à autruy, et feront de tous ensemble l'acte de contrition.

Puis iront avec humilité devant le Confesseur, luy feront un enclin fort bas, les mains jointes, et les j^eux en terre^ .

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honnorant Dieu, et le sacré Sacerdoce en la personne du Prestre, le considérant en Confession comme un Ange de Dieu, qu'il nous envoyé pour nous reconcilier avec sa divine ^onté.

Qu'elles disent purement et simplement ce qui les touche, se gardant bien d'accuser la faute d'autruy avec la leur. Qu'elles soient courtes et claires en leurs Confessions, Qu'elles ne soient pas si courtes, que cela leur fasse oublier de dire ce qui est nécessaire, pour se bien déclarer comme la chose s'est passée, et à la façon la plus intelligible qu'elles pourront. Et n'y aillen'^ point par coustnme, ny sur de vains scrupules, ains avec dévotion et attention, comme en un<*. action de très grande importance et gravité.

Estant à genoux, elles feront le signe de la Croix, disant : Benedic, Pater, quia peccavi. Apres avoir receu la bénédiction, elles diront tout ce qu'elles auront remarqué en leur examen, et adjousteront à la fin de chacune de leurs Confessions un péché, comme il a esté dit cy-dessus, en cette sorte : Je m'accuse aussi d'avoir dict, estant au monde, un mensonge par vanité ; ou bien : Je m'accuse d'avoir autrefois medict de quelqu'un par haine ; une autre fois : J3 m'accuse d'avoir autrefois murmuré des actions d'autruy.

Ayant achevé leur Confession , qu'elles escoutent avec humilité et tranquillité ce que le Confesseur leur dira. Mais s'il leur conseille quelque chose contraire aux Règles et Coustumes de la Maison, elles le prieront de les excuser parce qu'elles croyent ceia :i'estre conforme à ce qui leur esV prescrit. Comme aussi leur estant enjointes quelques pénitences extraordinaires, et hors du train de la Communauté, elles diront . Mon Père , je supplie très humblement vostre Révérence à^ me vJianger cette pénitence, car je ne pourrois bonnement Taccomplir.

Si les Confesseurs les inquiètent de quelque chose qui ne *oit j^as de la Coniession, elles pourront, si elles veulent,

respondre en ce qui les touche seulement, mais si elles ne désirent pas d'en parler avec eux , elles diront : Mon Père, <ixcusez-moy, s'il vous plaist, je crains de m'embroiiiller l'esprit en parlant de cela; je n'en ay, grâces à Dieu, aucun scrupule, ny remords de conscience.

Au partir de là , elles ne doivent aucunement parler de ce qui leur a esté dict en Confession, sinon que ce fust quelque chose SI utile et dévote, qu'il semblast à propos de le dire pour l'instruction et édification des autres, sans toutefois faire apparoistre oii elles l'ont appris.

Elles se confesseront deux fois la semaine, la veille devant la Communion ordinaire du Dimanche et du Jeudy , à sçavoir le Mercredy et le Samedy. Si on anticipe ou retarde le jour de la sainte Communion, on devra de mesme anticiper ou relarder la Confession. Aucune ne différera ny advancera sa Confession, que pour quelque légitime occasion, et avec la licence de la Supérieure , et pour lors elles iront tirer leur cordon à la carte.

Elles ne se confesseront point durant l'Office, tant que faire se pourra, sinon celles qui ne sont pas du Chœur.

Au son de la cloche pour la Confession, elles se rendront toutes si à propos au lieu assigné , qu'il ne faille point les aller chercher. Celle qui sera confessée , ira diligemment appeller celle qui suit, les deux ou trois qui vont après elle, et ainsi consécutivement de l'une à l'autre.

Elles iront par ordre, commençant par les Prétendantes, puis les Novices et Professes domestiques, continuant par les autres Novices et Professes, et finissant par la Supérieure

Apres la Confession, elles feront leur pénitence le plus promptement qu'elles pourront, avec une grande contrition. et généreuse resolution de s'amender.

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ARTICLE XU.

Be la sainte Gommumon.

La principale intention que les Sœurs doivent avoir 1 la sainte Communion, doit estre pour la gloire de nostre Seigneur, et leur union avec luy.

Or pour s'y mieux préparer, le soir devant que de la faire, ii sera hon en FOraison et en leur recueillement, de dresser quelque peu leur pensée à nostre Seigneur en ce saint Sacrement, excitant en leur ame une sainte révérence et joye spirituelle, de devoir estre si heureuses que de recevoir nostre doux Sauveur; et lors il faut faire nouvelle resolution de le servir fervemment, laquelle elles pourront confirmer l'ayant receu, non pas par vœu, mais par un boa €t saint propos.

Sur le point de la Communion, elles pourront user de quelques eslancemens de paroles mentales, ou vocales, <:omme celles de saint François : Qui suis-je. Seigneur, et qui estes-vous? ou bien de sainte El izabeth : D'où me vient -ce bonheur, que mon Seigneur vienne à moy? ou celles de. saint Jean l'Evangeliste : Ouy, venez, Seigneur Jésus ; ou celle de l'Espouse sacrée : Que mon Espoux me baise d'un baiser de sa bouche : et semblables.

Apres la sainte Communion , il faut regarder nosfre Seigneur assis dans nostre cœur comme dans son trosne , et luy faire venir l'une après l'autre nos puissances et sens, pour ouyr ses commandemens, et luy promettre fîdelifé.

On pourra encore semondre Tame à plusieurs saintes affections, comme de crainte de contrister et perdre le Seigneur, disant avec David : T^e vous départez point de moy, et avec les pèlerins : Demeurez avec nous, car il se fait tard.

A la confiance et force d'esprit avec Daniel : Je ne

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craindray nullement, parce, Seigneur, que vous estes avec moy.

A l'amour avec FEspouse : i\Ion bien-aymé est à moy, et xnoy je suis à luy ; il demeurera sur mon cœur. J'ay trouvé celuy que mon ame désire, J3 le conserveray soigneuseinent.

. A l'action de grâces avec Abraham : 0 Seigneur! parce ■que vous m'avez fait cette grande grâce , je vous beniray de bénédictions éternelles, et multiplieray vos louanges comme les estoilles du Ciel.

A la resolution de îe servir, par les paroles de Jacob : Dieu me sera mon Dieu, et la pierre de mon cœur cy devant endurcie, sera sa maison.

On peut penser à l'ardeur intérieure de nostre Dame, lors 4îjue l'Angb luy dit que le saint Esprit viendroit en elle, sa dévotion, son humilité, sa confiance, son courage, et <.|a'en mesme temps qu'elle entendit que Dieu luy donnoit î^eci cœur, qui est son Fils , elle se donna réciproquement à Dieu, et que lors cette sainte ame se fondit en charité, si qu'elle pouvoit dire : Mon ame s'est liquéfiée et fondue, <£iiand mon bien-aymé m'a parlé. Or quant à nous, nous recevons une pareille grâce en la Communion : car non un A«ge, mais bien Jesus-Christ, nous asseure qu'en icelle le s^nt Esprit vient en nous, et par manière de dire, naist en Bons, et y est conceu.

O Dieu, que de suavité et de douceur I Et partant l'ame peut bien dire comme cette sainte Dame, après cette considération : Voicy la servante du Seigneur, soit fait selon sa parole; puis qu'il a dit de sa sacrée bouche, que quiconque le mange, il demeure en luy, qu'il vivra pour luy et en luy, et ne mourra point éternellement.

Les Sœurs pourront, tant pour la sainte Messe que pour la tres-sainte Communion, faire ces considérations y ou telles autres que le saint Esprit leur suggérera.

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Elles communieront par ordre, commençant à la Supe*rieure, et ainsi des autres.

Elles iront à la maiu droite, feront l'enclin à h Supérieure en allant, et la génuflexion devant que de ^'agenouiller pour Communier.

La Sacristaine commencera le ConfUeor intelligiblement ,, et à mesme temps îa première s'ira mettre à genoux à la. fenestre, le voile baissé jusques sur le nez , ou plus haut», tenant la teste droite et ferme, sans se remtier ny avancer.

Apres la mainte Communion, elles se retireront aussi-tostà gauche, et feront la génuflexion au saint Sacrement, et l'enclin à la Supérieure, se remettant à leurs places à genoux.

Les Sœurs communieront de plus que la Constitution n'ordonne, une fois chaque semaine de Caresme, commençant le Yendredy, et toutes les festes suivantes :

De saint Paul, saint Joseph, sainte Catherine de Sienne^ sainte Croix, saint Claude, en mémoire qu'à tel jour la Congrégation fut commencée, sainte Magdeleine, sainte Anne> nostre Dame des Neiges , saint Bernard , la Feste du Saint principal auquel leur Eglise est dédiée, saint François, sainte Catherine martyre, saint Charles, les Saints Innocens, et le jour de la Profession, et la feste du saint Ange Gardien.

Item, ces festes suivantes, si elles n'arrivent la veille ou le lendemain des Communions ordinaires, et que la Supérieure l'ordonne, laquelle peut aussi faire avancer ou retarder la Communion du Jeudy au Yendredy, ou Mercredy, pour s'ajuster aux susdites festes : Saint Antoine, sainte Agnes, saint Ignace de Loyola, saint Thomas d'Aquin, saint Benoist, saint François de Paul , saint Jean-Porte-Latine, sainte Monique, saint Alexis, sainte Marthe, saint Lnuis, la Decoltation de saint Jean, saint Nicolas de Tolentin, saint Denys, saint Dominique , saint Bonaventure , sainte Thérèse , saint Nicolas, le jour qu'elles ont pris l'habit et du Saint de leur : nom.

La première Communion de chaque mois se fera pour le renouvellement de leurs vœux.

La seconde, pour l'exaltation de la sainte Eglise , pour le Pape et pour les Ecclésiastiques.

La troisième, pour la conservation, union, et perfection ^e rOrdre.

La quatrième, pour la conversion des Infidèles, et Pécheurs.

La cinquième , pour l'union entre les Princes Chrestiens , notamment pour celuy du païs oii la Congrégation se treuve •eslablie, ou autres nécessitez publiques.

Une avec une Messe pour les âmes du Purgatoire , proche le temps que l'on dit l'Office des Morts.

Une au decez des plus proches parens de quelque Sœur, quand la Supérieure le treuvera bon. Et les Sœurs peuvent appliquer plusieurs de leurs Communions, avec permission, pour leurs parens décédez durant l'anniversaire.

La Supérieur/*, ou autres, communians extraordinairement, n'empeschent pas que trois Sœurs ne communient selon leur ordre.

Quand elles sont en petit nombre, elles ne communieront que deux à la fois, afin que chacune n'ait qu'une Communion extraordinaire par semaine.

Au commencement de leurs Communions générales, on ■mettra du parfum tant qu'il se pourra.

Advis sur le Directoire.

Le Directoire propose quantité d'exercices, il est vray, et il est encore bon et convenable pour le commencement, de tenir les esprits rangez et occupez : maïs ]uand par le progrés du temps les âmes se sont exercées en cette multiplicité d'actes intérieurs, et qu'elles sont façonnées, derompuës, et dégourdies; alors il faut que ces exercices .s'unissent en un exercice de plus grande simplicité, à

scavoir, ou à Famour de confiance, ou de l'union et réunion; du cœur à la volonté de Diçu, ainsi que l'exercice de l'unioii marque; de sorte que cette multiplicité se convertisse eaunité. Mais c'est à la Supérieure à çognoistre et discerner l'attrait intérieur, et Testât de chacune de ses filles en partir culier, afin qu'elle les conduise toutes selon le bon plaisir jde Dieu. Et de plus^ s'il se treuve quelques âmes, voire mesme auNoviciaty ^da craignent trop. d'assujettir leur esprit aux exercices marquez ; pourveu que cette crainte ne procède paS;^ de caprice, outrecuidance, desdain ou chagrin, c'est à la prudente Maistresse de les conduire par une autre voye, bien que pour l'ordinaire celle-cy soit utile, ainsi que l'expérience' le fait voir.

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