A S. A. CHARLES EMMANUEL I*"", DUC DE SAVOIE
Saint François recommande à S. A. M. d'Alemoigne, de la maison de
Matignieu.
Anneci, 16 octobre 1613.
La grande connaissance que j'ay de la sincère et très fidèle affection que toute la mayson de Matignieu , et particulièrement le sieur d'Alemoigne a pour le service et obéissance de V. A. S. me fait entreprendre de la supplier très humblement de gratifier ledit sieur d'Alemoigne de l'accueir qu'elle a accoustumé de faire à ses plus asseurés serviteurs. Il a ses biens au baillage de Gex , mais ayant succé avec le lait l'inclination et resolution de consacrer sa personne et sa vie à l'obéissance de V. A., au péril de tous ses autres biens, estimant celuy-ci le plus grand , il en va faire l'offre et la protestation , et je l'accompaigne par cet escrit comme tesmoin oculaire de la perpétuelle et invariable fidélité et de feu son père et de luy envers la couronne de V. A., parmi tant de divers accidens, qui ont tiré leurs biens hors de sa sujettion. Dieu, par son infinie bonté, soit à jamais à la dextre de V. A. pour la conduire en toute sainte prospérité : c'est le souhait ordinaire , Monseigneur y De vostre très humble , très obéissant et très fidèle serviteur et orateur ,
François , Ev. de Genève.
'* L*originaI en est conservé aux Archives de la. Cour dÈrTuiiû. C'est la 159* inédite de la collection-Biaise.
CXÎII.
LETTRE
A MONSIEUR LE COMTE DE TORNON
îîMRt François se réjouit avec lui de sa nomination à l'ambassade de...„
Anneci, 4 nov. 1613.
Monsieur,
Pestois à Belley quand M. de Blonay passa en cette ville, et à mon retour je treuvay la lettre qu'il vous pleut m'escrire le 18 du mois passé, par laquelle vous me escriviés * au récit qu'il "^ fera pour certaines particularités en Tignorance desquelles je demeureray jusques à son Te tour de Chablaix , mais avec bonne patience, puisque ce quie je dois désirer le plus de sçavoir m'est si amplement tesmoigné par vostre esciit, c'est que vous vives en santé, et moy en vostre bienveuillaHce , laquelle mesme s'estend à faire des pensées si bonnorables pour mes frères comme est celle que vous me signifiés, quoy que couvertement, et que le dit sieur de Blonay a plus ouvertement fait entendre à mon frère de Thorens, qu'il gratifia de sa visite en son passage. Monsieur, que vous puis-je dire sur cela, sinon que puisque le bon génie de vostre naturel vous pousse à nous aymer tant sans mérite, je le prie de continuer? et bien que l'insuffisance et la petite médiocrité des moyens de mes frères leur empesche la réception du bien et de l'honneur que vous leur désirés, si est-ce que la proposition seule ne leur peut estre que fort désirable , car elle
1 L'autographe en appartenoit à madame la marquise de Camerana , née deTornon, à Turin. Cest la 160« inédite de la collection-Biaise. * Ne seroit-ce point remettiés qu'il faudroit lire ici f
donnera, pour le moins, quelque commencement de bonne impiession d'eux au Prince, et eux donques et moy vous sommes extrêmement obligés , Monsieur , par celle nouvelle obligation qui nous rend tous-jours plus vos serviteurs.
Au demeurant, quoy que cette nouvelle légation que S. A. vous impose ayt beaucoup de charges, elle a aussi beaucoup d'honneurs, entre lesquelz celiiy-là d'estre envoyé comme réparateur des desordres et manquemens qui sont survenus en son service, me semble fort grand et digne qu'il vous soit déféré. Allés donq. Monsieur, en bon voyage, et revenés bientost avec le contentement que S. iV. niesme espère de vostre travail et industrie en un tant important service. Nous avons icy le bon M. le président de Buttet, extrêmement malade , de la vie duquel les médecins sont encor entre les craintes et l'espérance, presque tous les gens de bien en sont en peine et tesmoignent combien ils l'estimoyent . Il ne se peut pas dire combien M. l'Evesque de Belley fait estât de vostre amitié , ainsy qu'il m'a souvent repelé pendant dix jours entiers que j'ay esté avec luy. Il escrit tousjours incessamment et blasme tous-jours ce qu'il m'a ci devant escrit. Nous avons eu M. le marquis de Lans qui revient demain de la Roche icy. Ce sont toutes nos nouvelles, au moins les miennes, de moy qui As hors des affaires, et du commerce de ce\i*A qui les manient; et en attendant des vostres par Madame ma cousine , comme vous me faites espérer , je prie Dieu qu'il vous accompaigne tous deux et comble de bénédictions , et suis ,
Monsieur,
Vostre très humble serviteur,
François , Evesque de Genève.
ex IV.
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