A UN ÉVÊQUE
Le Saint répond à l'invitation qui lui était faite de la part de M. de Montheloiv '^ prêcher à Saint-André-des Arts et d'accepter un logis.
A Estampes, le 5 novembre 1618.
C'est moy qui veux respondre, Monsieur mon très cher frère, puisque c'est à moy à qui l'honneur dont vous parlés à nostre frère s'addresse. Or, vousjugésdoncq bien qu'estant
1 Communiquée par M. Coudrin. C'est la 12^ des nouvelles lettres inédite* de la coIIection-Blaise.
auprès de ce Prince pour ce voyap^e, je ne suis plus à moy^ ni n'ay point de liberté que celle qu'il me donnera; et toutesfois, tout ce que je pourray, je le feray, affin qu'il veuille bien me permettre que je face tout ce que Monsieur de Monlelon désirera de moy pour la chaire de saint André. Estimant la bienveuillance de ce seigneur au dessus de toutp Ja pensée qu'il en sçauroit avoir, comme en vérité je suis obligé de faire pour plusieurs respects. Dés demain doncq je parleray au Cardinal, affin que s'il se peut, sans incommoder son service, je soys tout réservé à saint iVndré, et s'il ne se peut, pour l'Advent, comme à la vérité il sera difficile que ce soit pour autant d'autres occasions qu'il plaira à mon dit sieur de Montelon de me marquer. Mays, quant au logis, il me faut laisser où le fourrier du roy me fourrera. Car, quoy qu'inutile , ce Prince me veut voir assidu auprès de sa personne, et la rayson veut que je rende ce devoir ensuitte de l'intention de S. A. Mays j'ay tort de dire tant de choses sur ce papier, puisque me voycy à la veille de vous voir eu présence, et de prendre avec Monsieur de Montelon tous les moyens de suivre au plus prez qu'il se pourra toutes ses volontés. Bon jour, Monsieur mon cher frère. Dieu soit à jamais au milieu de voatre cceur.
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lettre'