‹ Œuvres complètes, Volumes 9-10Chapitre 56 sur 65 · LE PRIEUR · texte numérisé non relu

LE PRIEUR

(( On n'a jamais su comment il périt.

(l) On comprend que ceta^miratçur pst Waller Scott lui-même «jui , écrivant dans une revue d'anonymes ( Ed. rtv. ) , ne pouvait parler de sot qu^Ji la troisième personne. — Tk.

BEATIL&Mi

a Cet homme sera mon compagnon cette nmt^; ne t'oppose pas à ma résolution ; les horreurs sont pour moi des choses familières. Que le chevalier soit un homme ou un démon ^ il a gagné lame de- Bertram. »

B^ns une autre scène ^ Bertram paraissait seul ^ errant près dé la tour fatale , et décrivant dans un monologue l'effet de l'entrevue terrible qu'tlr' était allé chercher.

BERTRAM^ seul.

u Était-ce un homme ou un mauvais génie ? Quel qu'il soit ^ il a agi d'une façon bien étonnante avec moi. Tout est en harmonie avec lui autour de son habitation : l'invisible ouragan qui courbe la tête des pins ; Tes pas obscurs don^ l'écha est répété par le sol calciné , ces flots inaperçus formant une cataracte impétueuse, ces sons dont les causes ne sont pas connues : j'aime toutes ces choses parce qu'elles sont mystérieuses' comme ma destinée. Gomme sa taille immense s'élevait à travers le voile des ténèbres ! quelle éloquence dans ses gestes muets! et combien étaient rettotissantes les paroles qui s^échappaient de sa visière baissée ! Mon âme en était saisie. Sa main couverte d'un^ gantelet a cherché la nûenne, et quoique son heaume cachât ses traits , on devinait sa ressemblance avec une figure humaine. J'ai senti le souffle sépulcral de son salut ; j'ai senti que ses yeux invisibles étaient fixés sur les miens , s'il y avait des yeux à cette tête. Des pensées sinistres dont le souvenir était effacé de mes sens^ des instincts malveillans , des germes féconds

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de passions et de crimes étaient comme assoupis, dans le fond de mon cœur. A sa voix menaçante je les ai sentis se réyeiller : tel est le souffle de la tempête dans le désert immobile^ lorsqu'il réveille ses bataillons de sable embrasé ; tel sera l'effet des accens redoutés de la trompette du dernier jour pour réunir et rendre à leur unité Les fragmens. dispersés de la poussière des morts.

« Je ne suis plus ce que j'étais avant cette entrevue.' J'étais alors l'esclave indécis des passions , et docile k toutes leurs vicissitudes ; tout est maintenant condensé et immuable dans mon cœur endurci. C'esjt un volcan qui a mugi et lancé sa première flamme : la lave brûlante en va descendre pour verser ait loin, ses flots dévastateurs , et frapper toute la nature de mort sur son passage incendiaire (i). »

On sait que Bertram est à la tête d'une troupe de bandits. Deux d entre eux survenaient sur le théâtre et se tenaient à l'écart pour épier leur chef.

'LExFKEMlEB. VOLEUR^ à son camarade.

« Quelle flerté dans sa démarche! le vois-tu s'avancer à grands pas?

LE DEUXIEME VOLEUB^ à Bertram.

« Tu as vu le chevalier noir de la forêt j car jamais homme en quittant l'entretien d'un autre homme, mortel comme lui, ne marcha d'un tel pas f ne lança des regards aussi enflammés.

LE PAEMIEa VOLEUR.

c( £t as-tu vu réellement le chevalier noir ? Bertram restait jusqu'à cette question distrait

(i) lïous ne partageons pent-étre pas toute Tadmiration du critique pour cette mctaphysique de Fa fureur ; mais , comme Fa dit rëcrivain remarquable qui a appelé l'école de Maturin Técole frénétique , a la langue du romancier irIandais est une langue à part. » — Tr.

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ou plutôt pr^ccupé; puis se tournant tout à coup

vers le questionneur , il lui saisissait la main :

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