CHAPITRE II
Je pourrais commencer rélo(3;e de mon voyage par dire qu'il ne m'a rien coûte; cet article mérite attention. Le voilà d'abord prôné , fêté par les j^ens d'une fortune médiocre ; il est une autre classe d'hommes auprès de laquelle y
il est encore plus sûr d'un heureux succès, par cette même raison qu'il ne coûte rien. — Auprès de qui donc? Eh quoi! vous le demandez? C'est auprès des gens riches. D'ailleurs de quelle ressource cette manière de voyager n'est-r elle pas pour les malades? Ils n'auront point à craindre l'intempérie de l'air et des saisons. — Pour les poltrons , ils seront k l'abri des voleurs; ils ne rencontreront ni précipices, ni fondrières.
Des milliers de personnes qui avant moi n'avaient point osé, d'autres qui n'avaient pu , d'autres enfin qui n'avaient pas songé k voyager , vont s'y résoudre k mon exemple. L'être le plus indolent hésiterait-il k se mettre en route avec moi pour se procurer un plaisir qui ne
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lui coïitei-a ni peine ni argent ? — Conrajje donc, partons. — Suivez-moi , vous tous qu'une mortification de l'amour, une né^lifjence de l'amitié, retiennent dans voti-e aj>parlement , loin de la petitesse el (le la perfidie des hommes.
Que tous les malheureux , les malades et les ennuyés de rniiivers me suivent! — Que tous les paresseux se lèvent en masse ! — Et vous qui roulez dans votre esprit des projets sinistres de réforme ou de retraite pour quelque infidélité ; vous qui, dans un boudoir, renoncez au monde pour la vie; aimables anachorètes d'une soirée, venez aussi : «juillez , croyez-moi , ces noires idées; vous perdez un Instant poui le plaisir sans «'Il };a(jMrr un puni la saf^jesse : dai{;nez
m'accompagner dans mon voyage ; nous marcherons à petites journées, en riant, le long du chemin, des voyageurs qui ont vu Rome et Paris ; — aucun obstacle ne pourra nous arrêter ; et, nous livrant gaîment à notre imagination, nous la suivrons partout où il lui plaira de nous conduire.