‹ Œuvres complètesChapitre 27 sur 148 · X. DE MAISTRE · texte numérisé non relu

X. DE MAISTRE

tenté de briser la glace qui couvre cette estampe, pour arracher cet Albert de sa table, pour le mettre en pièces, le fouler aux pieds ! Mais il restera toujours trop d'Albert s en ce monde. Quel est l'homme sensible qui n'a pas le sien, avec lequel il est obligé de vivre, et contre lequel les épanchements de l'âme, les douces émotions du cœur et les élans de l'imagination vont se briser comme les flots sur les rochers ? Heureux celui qui trouve un ami dont le cœur et l'esprit lui conviennent ; un ami qui s'unisse à lui par une conformité de goûts, de sentiments et de connaissances ; un ami qui ne soit pas tourmenté par l'ambition ou l'intérêt ; — qui préfère l'ombre d'un arbre à la pompe d'une cour ! — Heureux celui qui possède un ami !

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