‹ Œuvres complètesChapitre 90 sur 148 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Après m'être fixé pour l'avenir une règle de conduite prudente, au moyen d'une logique lumineuse comme on l'a vu dans les chapitres précédents, il me restait un point très important à décider au sujet du voyage que j'allais entreprendre. Ce n'est pas tout, en effet, que de se placer en voiture ou à cheval, il faut encore savoir où l'on veut aller. J'étais si fatigué des recherches métaphysiques dont je venais de m'occuper, qu'avant de me décider sur la région du globe à laquelle je donnerais la préférence, je voulus me reposer quelque temps en ne pensant à rien. C'est une manière d'exister qui est aussi de mon invention, et qui m'a souvent été d'un grand avantage ; mais il n'est pas accordé à tout le monde de savoir en user : car s'il est aisé de donner de la profondeur à ses idées en s'occupant fortement d'un sujet, il ne l'est point autant d'arrêter tout à coup sa pensée comme l'on arrête le balancier d'une pendule. Molière a fort mal à

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