‹ ŒuvresChapitre 47 sur 62 · ETAT DU COMMERCE · texte numérisé non relu

ETAT DU COMMERCE

Smyme.

Cette échelle est le grand marché tm vient se fournir presque toute l'Asie ; elle est l'entrepôt de rAnndoli,delaCaranianie,deTokat,d'Arzronni, et même de la Perse. Autrefois les caravanes de ce royaume y venaient deux fois l'année, maintenant elles s'arrêtent à Arzroum , parce que les marchands à ce moyen cachent la quantité de marchandises qu'ils ont à vendre, et se procurent des avantages pour la vente et pour l'achat. .

Smyrne consomme par au 3,5oo ballots de draps, lesquels sur le pied de i,aoo francs le ballot, fout 3,000,000 francs. Cette somme est la moitié du commerce total, estimé chaque année 6,000,000 francs d'entrée. Les autres objets sont les mêmes qu'à Constantinople.

- Le principal article des retours est le coton en laine. Le pays en rend par an 4a à 44tOOo balles , dont 13 à 1 3,000 passent en France, 5,ooo en Italie, 8,000 en Hollande, 3,ooo en Angleteire, et le reste demeure dans le pays. On tire aussi des laines et poils de chèvre d'Angora; des laines de chevron , enlevées presque toutes par les étrangers. Ces retours, y compris les commissions données de Constantinople^ excèdent les envois au moins d'un tiers. Les fonds restants servent à lalre des entreprises pour aller charger des huiles k Metelin, ou pour la traite de l>lé au Volo, au golfe

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de Cassandre, à Sanderly, à Meneraen, à MosrouisM , etc., que l'on paje «i sequhl& ou en pias^ très turkes. En outre on en paye les lettres de change comme à Constantinople. On tire rarement des lettres de change sur d'autre échelle que sur ces deux. Mais Smyrne doit être regardée comme la plus forte du Levant.

Salonique et ses dépendaoces.

Cette échelle où se verse toute la Macédoine , devient de jour eu jour plus importante, parce que ses marchandises comtnencent à pénétrer en Albanie, Dalmatie, Bosnie, Bulgarie, Valakie et Moldavie. J^ consommation va de looo à 1200 ballots de draps, et dans les quatre années de paix de 1770 à I773i elle surpassait ce nombre. Les autres objets sont en proportion. On en tirait autrefois des lingots d'or : le fonds des retours «st en laine , coton , blé , cuir , tabac , soie, éponges fines, manteaux de laine, graine de vermillon, alun, cire, anis et huile.

A. douze lieues de Salonique, la Cavallé est un «ntrepôt où se rendent d'abord la plupart de ces marchandises. Ije temps de la consommation est celui des foires établies en divers heux ; il y en a une à Setminia , à douze journées de chameau de Salonique, au mois de mai (v. st.); une autre à Ouzourkouva, en septembre; et une à Degtia en

UNl'zD^bvGoOglC

3a4 ÉTAT DU COMMERCE

octobre , à deux journées de Salonique. A ces époques, les Arméniens qui sont les marchands du pays, se fournissent et vont Ëiire leurs ventes.

On porte les consommations de cette échelle et de la Cavalle, en temps de paix, à 3,ooo,ooo fr.; les retours à 3,5oo,ooo fr.; et il reste quelques' fonds employés parfois en lettres de change.

Horée eMlépendances.

Le commerce de cette contrée diminue chaque jour, parce que les troubles survenus depuis quelques années, et les ravages journaliers des Albanais, en détruisant tes récoltes, diminuent les moyens de consommer. Les échelles sont Tripolitza , Naples de Romanie , Coron , Modon , Patras , Oustiche et Corinthe. Les envois sont de gros draps, des bonnets, quelque peu de cochenille, d'indigo, de café, et surtout beaucoup de sequihs de Venise. On retire de l'huile et du blé à bon marché. Les envois ne se montent pas à plus de 4oo,ooo francs , et les retraits passent 1,000,000 fr.

La Canée et dépendances.

Ce commerce ressemble au précédent; Thuile et quelque peu de cire sont les seuls produits de Candie. On les achète en espèces, soit piastres

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DU LBVAKT. SaS

t urkes, soit dahlers d'Empire . Od exporte peu d'objets manafacturés. Ils ne montent pas à 4oo,ooo fr. par an, et les retraits passent 700,000 fr.

Satalîe et la Caramanie.

Satalie n'a pu soutenir d'établissements réguliers. On n'y faille commerce que par des traites passagères, qui rendent de la soie et du coton. Elles se font par des capitaines partis de Srayme ou de Cypre,^ qui y portent de l'argent. Ce commerce ne vaut pas 1 00,000 fr.

Cypre.

Les pachas, en ruinant Cypre, en ont détruit le commerce. Cette île est du nombre des Melkanes , ou fiefs particuliers et à vie , qui sont toujours opprimés. Elle sert d'entrepôt ou de point de réunion pour la Syrie et pour l'Egypte, et ce point est assez important en temps de guerre. La consommation peut aller à 80 ballots de draps. Les villes sont Larneca, IVicosia , Famagouste. Il y règne une industrie qui met en oeuvre presque toute là soie et le coton; mais elle est contrariée par les avanies journalières imposées sur les ouvriers. On porte les envois à 3oo,ooo fr., et les retours à 5oo,ooo fr.

AlexaudreUe et Alep.

Alep est. un des centres de commerce de tous

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3ati iTAT DD COHMKfiCE

les pays circouvoisiiis jusqu'en Perse. Les caravanes de ce royaume Tiennent à Alep deux fois par an apporter des soies, des mousselines , des laines, de la rhubarbe, des drogues; et elles remportent nos draps, de la cochenille, de Tindigo et du café des Antilles. Jadis toutes les caravanes de Perse venai^it .à ce marché ; mais les troubles les ont portées à Arzroum.

|l y a à Alep , à Diarbekr et dans leurs environs , beaucoup de fabriques de toile et d'étoffe qui nous consomment des couleurs , comme l'indigo , la cochenille , etc. L'on porte par an à Alep i ,000 ballotsdedraps. L'envoitptal se monte à2,5oo,ooofr.; les retraits à a,6oo,ooo fr., et l'excédant est payé à Constantinople en lettres de change.

Tripoli de Syrie.

Le commerce de Tripoli consiste presque tout en soie rude , propre au galon. Ce commerce est extrêmement variable; quelquefois l'échelle tire beaucoup et rend peu, et vice versa; le terme moyen d'envoi s'estime à 400,000 fr., et le retrait ■A 5oo,ooo fr. : les Maronites et le pays de Hama tirent de Tripoli.

Saide, Acre et dépeodaDces.

I^s dépendances de Saide sont Sour (Tyr) et les villes de Palestine, telles que Kamlé, Jérusa-

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i DU LEVANT. $27

lem, Loadtl, Magedal, etc. Ce département est un des plus importants; il consomme 8 à 900 ballots de draps. Il paie en coton cru et en coton filé. Les Français y sont sans concarrents. A Saide , ils ont un ou plusieurs préposés qui achètent tous les lundis ou mardis lecoton filé; à Acre, ils ont voulu l'aire cette même ligue; mais le pacha a accaparé tous les cotons, a fait défense d'en vendre, et est devenu le seul maître; et comme les négociants avaient besoin d'objets de retour, il a taxé le quintal de coton à dix piastres de droits. Les envois pour Saide et Acre se montent à i,5oo,oqo fr., et les retraits à 1,800,000 fr.

L'Égyple.

Alexandrie est le seul port où il y ait un comptoir. Damiette n'a que des facteurs. Rosette est un entrepôt, et le Kaire est le grand lieu de consommation.

L'Egypte consomme beaucoup de draps, de cochenille , d'épiceries , de fer , d'alquifoux et de liqueurs : on fait passer aussi beaucoup de ces draps et de la cochenille ^ Djedda, ainsi que des «equins de Venise et des dahlers.

La na^on fi'ançaise.et son consul ont quitté le K.aire depuis f'j'j'j. Il est cependant resté quelques &icteurs sous leur propre garantie; on leur passe fiO,ooQ fr. par an , pour leurs avanies.

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338 tt.KT DU CUMMEUCE

Damiette est une mauvaise rade : on y charge du riz en fraude, en simulant un retour pour tin port de Turkie. On en tire dix à douze chargements pour l'Europe par an.

. (L'auteur du mémoire ne dit rien des retours d'É^pte; ils consistent en café Moka, en toiles grossières de coton pour vêtir les noirs des Anlilles, en safranon, eu casse, séné, etc.)

Le commerce d'Egypte a des hausses et des baisses considérables. On estime Tenvoi moyen k a,5oo,ooo fr., et le retour à 3,ooo,ooo fr.

Barbarie. Tripoli.

Le gouvernement vexatoire et anarchique de Tripoli empêche d'y faire tout le commerce dont , la fertilité du pays le rend susceptible. Les Arabes tiennent la campagne et la dévastent. Les caravanes du Faizan et du Mourzouq arrivent deux fois par an à Tripoli , et y apportent des noirs mâles et femelles , de la poudre d'or , des dents d'éléphants et quelques autres articles. Les Français ont tenté d'y Êiîre des établissements ; maïs la mauvaise foi des habitants, en les frustrant de leur paiement, les a forcés d'y' renoncer. On n'y commerce que par les bâtiments caravanes (c'està-dire caboteurs ) , qui y portent de gros draps, des clincailles, des étoffes de soie, des liqueurs pour environ 5o,ooo fr. Ils retirent du blé, de

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l'oi^e, des légumes, du séné, des dattes et ta bariile , pour 70,000 fr.

Tunis.

Les Tunisiens , ci-devant corsaires, se sont depuis 5o ans entièrement tournés vers le commerce par la bonne politique de leurs beks qui ont protégé les commerçants et banni toute vexation.

Cepaysproduitdublé, des légumes, de l'huile, de la cire, des laines, des cuirs, des cendres, le tout en abondance.

Ou y porte les mêmes marchandises qu'au Levant, avec de la laine d'Espagne, du vermillon, etc.

Tunis a une fabrique de bonnets, qui jadis fournissait toute la Turkie; mais les nôtres sont entrés en une concurrence qui lui a porté coup.

Le commerce total des Français en ce pays se monte en envois à i,5oo,ooo fr., et en retraits à ■ 1,600,000 fr. Les facteurs se plaignent que les naturels empiètent sur leur industrie, en traitant directement avec Marseille, où il en passe un assez grand nombre sur nos bâtiments. "

La Calle, Boue et le Collo , cODcessions faites à la compagnie d'Afrique.

Le commerce de ces trois comptoirs est exploité par une compagnie qui fut créée par édit, en fé-

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33o ÉTAT DU COMMERCE

vrier 1741; son capital iiit fixé à i,aoo,ooo fr.,. divisé en douze cents actions, chacune de 1 /K>o fr., dont la chambre de commerce de Marseille acquit le quart. Cette compagnie fut suhrogée à perpétuité à celle qui avait été créée en 1730 pour faire la traite du blé pendant dix ans. En conséquence des rétrocessions, délaissement et transport de la compagnie des Indes pour cette partie, la compagnie d'Afiique paie au divan (conseil du dey) d'Alger, à celui de Bone et du Collo , et aux Arabes voisins de la Calle, des redevances convenues par traité en 1694» entre une autre compagnie et le divan d'Alger.

Elle entretient dans ses comptoirs environ 3oopersonnes, officiers, soldats, pêcheurs de corail, et ouvriers. Le gouverneur de la Calle est Tinspecleur général. '

L'aliment de ce commerce est uniquement en piastres d'Espagne que la compagnie réduit à des pieds déterminés : elle retire du blé, des laines, de la cire et des cuirs. Pour effectuer ces retraits, elle a besoin d'intrigues perpétuelles auprès de la r^ence d'Alger qui la rançonne et lui £iit acheter des permissions, même pour la provision des comptoirs, convenue à 3,000 charges de blé.

Un article de retrait important, est le corail que l'on pêche dans la mer adjacente; la compagnie 1^ paie à ses patrons de barque, une somme convenue par livre. Ce corail sect à achetep des esdanes^

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DU LEVANT. 33l

noirs en Guinée, et par conséquent, il favorise la culture de nos îles à sucre. On en porte aussi à la Chine et dans Tlnde. On en a tenté la pèche dans la mer de Bizerte; mais malgré la concession du bey de Tunis , les Trapanais et les Napolitains r qui l'onjt faite avant nous, sont venus en armes nous troubler.

Le commerce de la compagnie varie beaucoup; mais on pwt l'évaluer au terme moyen de 8 à 900,000 fr. en envois, et de 1,000,000 francs en,

retraits.

Alger.

Le commerce d'Alger, bien moindre que celut^ de Tunis, a cependant de grands moyens de s'élever, TU la richesse du sol. Depuis quelque temps même, l'industrie des habitants s'éveille, et l'on en voit beaucoup venir trafiquer à Marseille. Nous, avions, oi-devant , trois établissements à Alger : la concurrence des Juifs en a fait tomber deux.

Les objets d'envoi sont comme pour tout le Levant : on peut les estimer à 100,000 francs, sans compter les piastres d'Espagne. Les retours, qui sont de l'espèce de ceux de Tunis, se montent à 3oo,ooo fr.

De tout ceci il résulte que les envois annuels de la France au

Levant se montent à a3,iâo,ooo fr.

Et les retours du Levant en

Fr^tie à a6,a8o,ooo fr.

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33a iTAT DU COMMEflCE

Dans les registres, depuis 1776 jusqu'en 1783, les résultats ont été très-différeots; mais il faut observer que cet espace a compris cinq ans de guerre, où Ton éprouve toujours de grandes réductions.

La chambre de commerce a pris pour base de ses calculs les draps, parce qu'il est de ùàt que leur valeur égale presque celle de tous les autres objets réunis ; or, l'on trouve par an entre sept et huit mille ballots d'envoi; De 1763 k 1773, c'està-dire, en dix ans de paix on tronve un terme moyen de sept mille ballots. En les évaluant à I ,aoo fr. chacun, ce qui est le prix moyen de toutes les qualités, on a 9,600,000 fr. parau; Or, le reste étant égal, il résulte un total de 19,300,000 fr.; mais il y a d'ailleurs de la contrebande et un. moins vo&f dans les déclarations aux douanes : en sorte qu'il faut ajouter 3 ou 4 millions, et compter sur UD total de a3 millions.

On peut aussi calculer ce commerce à raison des maisons des facteurs : elles sont au nonit»« de 78 en Levant, savoir :

A Constantinople, 11

Smyrne, 19 -

Salonique et la Cavalle, 8

Morée . - 5

La Canée, a

Cypre, — a -

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D'autre part '47

Alep, 7

Tripoli de Syrie, 3

Saide et Acre, lo

' Alexandrie d'Egypte , 4

Tunis, 6

Alger, I

Total 78

£a supposant que chacune, terme .moyen, fasse pour 100,000 écus d'affaires, l'on a un peu plus de aSmillioDS.

Qu;mt aux retours, obligés comme ils le sont de passer aux infirmeries où rien n'échappe , on est certain de leur quantité. Les dix années de lyôaà 177a ont rendu, terme moyen, a6 millions.

Espèces étrangères portées en Leraut.

Nous avons plusieurs fois parlé des espèces mon> nayées que l'on porte aus» en Levant , telles que les piastres d'Espagne , les - sequios de Venise , les dahlers d'Allemagne, etc. Leur valeur et leur quantité varient- beaucoup. Autrefois on apportait à Marseille une quantité étonnante de sequins turks. En 1 773 et 1 774 , cette place étant dans une crise de banqueroute, les négociants retirèrent des sommes considérables en monnaie turke que l'on fondit; ensuite on a renvoyé des monnaies

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334 BT4r DO COMMERCK

d'Europe pour près de 4 niiUiona par an. Mais depuis 1781 , on n'y en porte plu», et elles j ont en même temps di^>aru , parce qu'on les fond à Constantinople. X>a prohibition de l'Espi^e, pour ses piastres, ou plutôt sa refonte, les. a fait disparaître de Marseille. D'ailleurs , cet envoi ne convient plus , parce que l'échange est k perte. Les Turks ont altéré leur monnaie de près d'un quart. Les denrées y ont renchéri au point qu'elles coûtent vingt-dnq pour cent plus que par le passé. Les grands et les riches ont enfoui leur or. Cependant on croit approcher de la vérité , en supposant actuellement nos envois en momuûe valoir 1 ,000,000.

Lingots et matières d'or.

Ce commerce n'a eu lieu qu'un instant. Il fiit occasioné par t'édit de Mustapha, qui décria les sequins altérés par les Juifs , et en ordonna la refonte : comme le prix qu'of&ait la monnaie se trouva plus faible que le cours de France, nos né* gociants en donnèrent un plus avantageux, qui attira une qnantité de matières, sans que'le gouvernement eftt l'attention de s'y opposer. Cela fit en même temps sortir de terre beaucoup d'or enfoui. (La différence de Fai^ent à Tor se trouva de cinq à six pour cent de bénéfice. ) En outre, la guerre des Russes ayant répandu la misère dans la Grèce, les habitants fondirent leurs bijoux, sans

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compter quelque peu d'or que roulent des rivières d'Albanie.

Lettres de chunge.

Il est impossible de les évaluer. Il arrive souvent que Marseille tire des lettres de change du Levant sur l'Angleterre, la Hollande et l'Allemagne : ce qui prouve que ces nations retirent bien plus de marchandises qu'elles n'en envoient; pendant que celles que nous y portons ne comprenant pas toute la valeur des nôtres, nous avons recours à ces étrangers pour faire la balance.

Il faut donc supposer l'envoi total fr.

à a4i<^i()oo

£t le retrait avec les fonds et lettres de change à 3o,ooo,ooo

Sur quoi les droits, le fret, et les frab d'exploitation à 4>ooo,ooo

Reste a6,ooo,ooo

NaTÎgation du t-evant.

11 part de Marseille, année commune, deux cents bâtiments pour la Barbarie etlaTurkie, sans compter ceux de la compagnie d'Afrique ; plusieurs font deux voyages; ce qui engage à porter le nombre par année à 35o. Depuis 1764 jusqu'en 1773, inclusivement, il en est parti 2662, qui font par an 366 ; mais on n'y compte point les

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336 lÊTAT DO COHMEKCB

uavires chai^ de denrées qui font quarantaine à Touicm. Le temps de la dernière {^erre ne peut servir de règle. De là il résulte que ce commerce nous soudoie 4*<^oo matelots k la par navire; mais il y a ici un emploi double de quelques vc^ageurs.

La caravane ou cabotage côtier, est une branche d'industrie précieuse en ce que , devenant les voituriers des Turks et de leurs marchandises, nous retirons sans aucun risque le salaire et l'entretien de nos bâtiments et de nos matelots. Elle se iait par salaire ou par portion. Dans le premier cas , le propriétaire , moyennant le salaire de l'équipage , a tout le gain ou la perte ; dans l'autre cas , les frais étant prélevés , l'on partage le bénéfice. La guerre de 1756 en faisant tomber notre navigation en fit passer t'avantage aux Ragusais , qui purent mettre en mer jusqu'à cent navires caravaneurs ; mais la guerre de 1 769 nous a rendu la supériorité. On estime à cent cinquante voiles les caravaneurs qui partent soit de Marseille , soit d'Agde , des Martigues , de la Ciotat ou d'Antibes ; ils sont expédiés pour deux ans ; en supposant qu'il en rentre cent par an avec chacun 30,000 fr. de profit , c'est un total de a,ooo,ooo.

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On LEVAift. 337

Le fret.

Le fret ne peut être compté dans les bénéfices du comnierce , parce qu'il est englobé dans le prix des loarchandises. On peut le portei' à 1,728,000 fr. ; il n'y a de remboursé que celui dont les ob» jets repassent en vente à l'étranger.

Harchandises du Levant reportées chez l'étrtlnger.

Fendant 1781 et 178a , il est parti de Marseille! en transit'pour Genève, la Suisse, etc., quatre mille cinq cenlvingt-deur baltes de coton en laine, pesant un million cinq cent quatre-vingt-trois mille sept cent vingt-Huit livres; plus, six cent dix-sept balles de cotons filés ou teints, pesant cent quarante-huit mille livres ; et cent cinq balles de laine pesant cinquante-deux mille cinq cent soixante-deux livres ; en sorte qu'en évaluant le coton en laine à 85 fr. le quintal , le coton filé à i35,et les laines à-6o, il en résulte pour les deux ans Une somme de 1,576,593 livres tournois, ou 788,297 fr. par an ; mais ces deux années ne peuvent servir de terme général de comparaison.

Commerce des autres Européinsen Levant.

Tout ce que Ton peut dire sur ce sujet , c'est que les Hollandais font un commerce équivalent à peu près au quart du volume du nôtre , pour

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33S ^TAT bb OOMMURCS

lequel ils n'envoient pas à beaucoup près un équivalent de marchaudises. Les Anglais et les Vénitiens réunis, peuvent &îre ur autre quart; ainsi les Français font tes quatr« huitièmes, les Hollandais deux , et les Anglais et V^ttiens cba-

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*« tttasrf. 339

RécAPiTtLATiôN ifcj ex/wiàlidni de MàniitU, eh tevant ' et en Éarbàrie ^ pètidani tannée i'}^^.

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