L'AUTRE DAME
Je suis Mme Kmita.
LE SÉNATEUR
Vous feriez mieux de rester à la maison et de garder vos enfants. Des soupçons planent sur eux.
MADAME KMITA, pâlissant.
Comment! comment, monseigneur!
(Le sénateur se met A rire. ) MADAME ROLLISON.
Pitié! pitié ! Je suis veuve , monsieur le sénateur On me Fa tué, dit-on Se peut-il, ô mon
Dieu! mon enfant! L'abbé m'assure qu'il vit encore, mais qu'il expire sous le bâton Seigneur,
est-ce qu'on maltraite ainsi les enfants? On l'a meurtri
de coups! Pitié!... on l'a roué de coups !
(Elle pleure.)
LE SÉNATEUR
Qui?... Comment?... Femme, parle donc raison, si c'est possible.
MADAME ROLLISON.
Qui? Ah! mon enfant! Monseigneur, je suis
veuve... Ah! combien il faut d'années avant de pouvoir élever un enfant! Mon fils donnait déjà des
leçons : demandez à qui vous voudrez comme il étudiait!... Je suis une pauvre femme : il me nourrissait
de son modique revenu Je suis aveugle : il était
mes yeux! Seigneur, je mourrai de faim!
Qui vous a conté que votre fils avait été battu ?
MADAME ROLLISON.
Qui me Ta conté? J'ai l'oreille d'une mère. Je ne vois plus : maintenant toute mon urne est dans mon oreille, et c'est l'âme d'une mère. On l'a conduit hier à l'hôtel de ville, je l'ai entendu.
LE SÉNATEUR
Vous a-t-on laissée entrer ?