‹ Œuvres de Adam MickiewiczChapitre 55 sur 105 · L'AUTRE DAME · texte numérisé non relu

L'AUTRE DAME

Je suis Mme Kmita.

LE SÉNATEUR

Vous feriez mieux de rester à la maison et de garder vos enfants. Des soupçons planent sur eux.

MADAME KMITA, pâlissant.

Comment! comment, monseigneur!

(Le sénateur se met A rire. ) MADAME ROLLISON.

Pitié! pitié ! Je suis veuve , monsieur le sénateur On me Fa tué, dit-on Se peut-il, ô mon

Dieu! mon enfant! L'abbé m'assure qu'il vit encore, mais qu'il expire sous le bâton Seigneur,

est-ce qu'on maltraite ainsi les enfants? On l'a meurtri

de coups! Pitié!... on l'a roué de coups !

(Elle pleure.)

LE SÉNATEUR

Qui?... Comment?... Femme, parle donc raison, si c'est possible.

MADAME ROLLISON.

Qui? Ah! mon enfant! Monseigneur, je suis

veuve... Ah! combien il faut d'années avant de pouvoir élever un enfant! Mon fils donnait déjà des

leçons : demandez à qui vous voudrez comme il étudiait!... Je suis une pauvre femme : il me nourrissait

de son modique revenu Je suis aveugle : il était

mes yeux! Seigneur, je mourrai de faim!

Qui vous a conté que votre fils avait été battu ?

MADAME ROLLISON.

Qui me Ta conté? J'ai l'oreille d'une mère. Je ne vois plus : maintenant toute mon urne est dans mon oreille, et c'est l'âme d'une mère. On l'a conduit hier à l'hôtel de ville, je l'ai entendu.

LE SÉNATEUR

Vous a-t-on laissée entrer ?

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