SCÈNE VIII. LEDUC, LE KOI
LE ROI
Eli bien ! mon cher duc ?
LE DUC
Eh bien ! monseigneur ?
LE ROI
Divines , en vérité, divines ! Maintenant, voyons, comment s'appellent-elles?
LE DUC
Il m'est défendu de dire leur nom.
LE ROI
Que viennent-elles faire à Madrid ?
LE DUC
Tout le monde doit l'ignorer.
LE ROI
Et où dcmcurenl-clles ?
LE DUC
C'est un mystère.
LE ROI
Même pour moi, duc?
LE DUC
Tous les hommes sont égaux devant un secret,
C'est juste , duc , c'est juste. Mai* s'il vous est
défendu de révéler ce secret au roi, il n'est pas défendu au comte de Mauléon de le pénétrer.
LE DUC
Le comte de Mauléon est jeune, noble et galant ; qu'il so serve des avaniagcs qu'il a reçus de la nature et de la Providence.
LE ROI
Eh bien ! on s'en servira, duc, el quand je saurai leur nom...
LE DUC
Eh bien?
LE ROI
Quand je saurai leur adresse...
LE DUC
Après ?
LE ROI
Tout ce dont je vous prie, c'est de leur demander pour moi la permission de me présenter chez elles.
LE DUC
Un roi pourrait à la rigueur , ce me semble , se dispenser de celte formalité.
LE ROI
Pas quand il eslpclil-fils de Louis XIV, monsieur le duc.
Monseigneur, il sera fait comme vous le désirez. (// continue d parler bas avec le roi pendant quelques instants, s'incline elsort.)