‹ Œuvres de Alex. Dumas, 7Chapitre 136 sur 212 · CÈNE VIII. *W · texte numérisé non relu

CÈNE VIII. *W

LOl'ISK.

Mais je ne vous reconnais plus, M. Dubouloy, vous êtes d'une galanterie...

DUBOULOY.

Vous m'avez si peu vu... mais je l'espère maintenant, mademoiselle , nous nous verrons davantage , si vous restez à Madrid surtout ; restez-vous à Madrid?

LOUISE

Mais oui... le roi a été très-bon pour nous.

DUHOl'LOY.

Le roi... quel charmant cavalier 1 n'est-ce pas? C'est l'homme le plus élégant , le plus poli du royaume.

LOUISE

El le plus galant, j'en suis certaine.

DUBOULOY.

Ah! il a été avec vous...

LOUISE

D'une galanterie charmante.

DUBOULOY.

Il est ainsi près de toutes les jolies femmes... vous nedevez donc pas vous étonner, mademoiselle...

LOUISE

Ah çà ! M. Dubouloy, je vous demande bien pardon ; je remarque que, depuis le commencement de notre conversation , vous commettez l'erreur de m'appcIcT mademoiselle...

DUBOULOY.

Je commets l'erreur, dites-vous?

LOUISE

Sans doute... est-ce que vous auriez oublié par hasard...

DUBOULOY.

Quoi?

LOUISE

Certaine nuit de la Bastille, pendant laquelle vous m'avez fait l'honneur de me prendre pour femme/

DUBOULOY.

Et vous , mademoiselle , est-ce que vous auriez oublié certain bref arrivé de Home ?

LOUISE

Quel bref ?

DUBOULOY.

Le bref du pape...

LOUISK.

Quel pape ?

DUBOULOY.

Eli bien ! mais... le pape... le saint-père... Sa Sainteté... il n'y a qu'un pape , enfin...

LOUISE

Ah ! oui...

DUBOULOY.

Allons donc !...

LOUISE

Le bref qui casse le mariage de M. de Saint- Herein et de M"0 de Mérian!...

LOUISE

Mais quel rapport ?...

DUBOULOY.

Comment ! quel rapport!...

LOUISE

Sans doute ; cela ne nous regarde pas , nous...

DUBOULOY.

Comment ! cela ne nous regarde pas ?

LOUISE

Non.

DUDOULOY.

Nous ne sommes pas compris dans le même bref?

LOUISE

Non.

DUBOULOY.

On n'a pas fait la même demande pour nous que pour eux ?

LOUSE

Oh! si fait...

DUBOULOY.

Ah!... (A part. ) Elle me fait des peurs!... (Haut.) Eh bien?

Eh bien ! le pape a répondu que ces rupturcs-là étaient bonnes pour des gens de noblesse qui pouvaient avoir des causes graves... des moiifs sérieux de briser une union mal assorlie , soit comme position , soit comme caractère... mais que des causes pareilles , des motifs semblables n'existant pas pour nous autres gens de finances... notre mariage...

DUBOUUOY.

Notre mariage ?...

LOUISE

Notre mariage était maintenu...

LES DEMOISELLES DE SAINT-CYR

DUBOULOY.

Notre mariage est maintenu !... ( Prenant ton chapeau. Mademoiselle, vous comprenez que du moment que c'est à madame Dubouloy que j'ai l'honneur de parler...

LOUISE

Eh bien ! monsieur?

DUBOULOY.

Cela change entièrement notre position respective... Souffrez donc que je prenne congé de vous...

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