SCÈNE X
CHARLOTTE, LE ROI , SAINT-HEREM, caché.
LE ROI
Ah! madame, tous allez au-devant de mes vœux. Si vous saviez combien j'ai désiré ce moment où je
LES DEMOISELLES DE SAINT-CYR
me trouve enfin seul avec vous... combien je l'ai attendu avec impatience !
CHARLOTTE
Pardon, sire, mais vous vous méprenez.
LE ROI
Eh bien ! laissez-moi ma méprise si c'en est une. puisque celle méprise fail mon bonheur... si vous ne m'aimez pas , laissez moi croire que vous m'aimez... si je me trompe, éclairez-moi le plus tant possible... en .inondant, mes jours d'erreur auront été des jours de joie... Oui , madame , oh ! ne vout y trompez pas... ce n'csl pas un sentiment passager, ce n'est pas un caprice d'un instant que vous avez éveillé dans mon cœur, non , c'est un amour profond , durable, élernel... je le sens là... Oh ! tenez, je vous aime pour la vie.
CHARLOTTE
Sire!...
LE ROI
Oui , pour la vie... personne ne partagera mon amour, comme personne ne partagera votre puissance , et tandis que seul je supporterai le poids da scepire et de la couronne... ce sera vous qui commanderez , ce sera vous qui serez la seule , la véritable reine 1
CHARLOTTE
Oui , sire , oui , je conçois qu'il y ail des femme» pour lesquelles un pareil avenir soit une séduction.
LE ROI
Eh bien ! dites un mot , madame , et cet avenir, c'est le vôire.
CHARLOTTE
Mais ce mol, sire, en supposant qu'il soit dam mon cœur , un obstacle puissant l'empêchera toujours de s'échapper de mes lèvres.
LE ROI
Cet obstacle , quel est-il? Parlez... et s'il est au pouvoir d'un homme de le combattre , s'il est dam la puissance d'un roi de le vaincre...
CHARLOTTE
Vous ne devinez pas, sire, que toute libre que je suis , la présence de certaine personne à Madrid serait pour moi un reproche ?
Je suis heureux , madame , d'avoir été en quelque sorte au-devant de vos désirs... L'n de me« ofli-