SCÈNE (IL
CHARLOTTE
Du bruit !...
LOUISE
On vient de ce côté.
CHARLOTTE
C'est lui... je me sauve !...
Comment ! tu te sauves ?
CHARLOTTE
Oui , si je restais , si je le voyais , si je lui parlais , il lirait trop facilement dans mes yeux ce qui se passe dans mon cœur. . . Reste , toi , dis-lui que je n'ai pas voulu lire sa lettre... dis-lui que je ne l'aime pas... , dis-lui qu'il est inutile qu'il conserve aucun espoir.
LOUISE
Très-bien ! as-tu encore autre chose à lui dire ?...
CHARLOTTE
Dis-lui... Adieu , le voilà ! (Elle se tauve.)
LOUISE
Bah J bah ! bah ! on dit ces choses-là de tous les hommes, et c'est beaucoup s'il y en a les trois quarts qui le méritent.
CHARLOTTE
Mais si Roger faisait partie de ceux-là ?s'il n'était pas sincère ?
LOUISE
Il faudrait le forcer de l'être.
CHARLOTTE
Si c'était une intrigue qu'il désirât entamer , cl non un mariage qu'il voulût accomplir ?
LOUISE
Une fois l'intrigue entamée , je me charge du mariage , moi !
CHARLOTTE
Comment feras-tu ?
LOUISE
J'ai prévu le cas , et j'ai là un petit projet !
CHARLOTTE
Non , vois-tu , Louise , il vaut mieux recacheter celte lettre , la remettre à la même place , et lorsqu'il reviendra , il croira que je ne l'ai pas lue.
LOIISE.
Ecoule...