ACTE II
CIUM.OTTE.
Pardon , monsieur , niais hier encore , dans le jardin de Sainl-Cyr , vous me disiez à nies genoux , en me répétant mil fois que vous m'aimiez... vous me disiez... que le moment le plus heureux de votre vie serait celui oïi vous deviendriez mon mari , où vous m'appelleriez votre femme. Me disiez-vons cela, monsieur? ou ai-je malentendu? Étais-je folle'
ROGER
Non , madame , et comme vous vouliez me rendre heureux le plus vile possihle, vous avez tout arrangé fort adroitement, ma foi ! pour que je pusse devenir votre mari cl vous appeler ma femme la nuit même.
CD VRLOTTE.
Moi, monsieur ! Comment ! vous croyez que c'est moi... qui... Ah !... je commence à comprendre.
ROGKR.
El qui donc, s'il vous plaît , a pu prévenir MM" de Mainlenon si hien à temps , qu'au moment de sorlir par les portes nous ayons trouvé les porte* fermées... cl qu'au moment de sortir par la fenêtre, nous ayons trouvé un exempt de la prévoie sur l'échelle par laquelle nous allions descendre?
CHARLOTTE
Ah ! monsieur, monsieur , vous me faites honte! mais en môme temps, vous m'éclairez... Ces protestations d'amour étaient donc fausses?... dette offre de m'épouser secrètement était donc illusoire?... Vous vouliez donc... lotit simplement, monsieur... me tromper... tromper une pauvre fille... Oh! il n'y avait pas grand mérile à cela, monsieur... et cela n'aurait pas ajouté heaucoup à votre réputation.
ROGER
Non, madame, non... j'étais sincère... quand je vous disais que je vous aimais... car je vous aimais , j'étais assez fou pour cela... Je voulais vous épouser, sans doute... mais j'aurais voulu à notre mariage une autre forme... une forme... qui lui imprimât au moins l'apparence du libre arbitre...
CHARLOTTE
C'est cela , monsieur... dites que , me regardant comme une jeune lille sans conséquence , vous avez bien voulu , cela ne s'appelle-t il pas ainsi?... m'honorer d'une fantaisie... et que vous avez tout l'ail pour la satisfaire... le hasard, la Providence ont