‹ Œuvres de B, Henri SusoChapitre 36 sur 67 · DE JÉSUS-CHRIST. Z · texte numérisé non relu

DE JÉSUS-CHRIST. Z

(le ma vie , lorsque je rendrai le dernier soupir, soyez pour moi un juge plein de miséricorde. Ainsi soit-il.

1° 0 mon très -doux Jésus, rappelez -vous le moment où vous fûtes élevé sur l'arbre ignominieux de la Croix , lorsque vos yeux , si calmes et si brillants , perdirent leur beauté et leur éclat ;

2** Lorsque vos oreilles divines se remplirent d'injures , de moqueries et de blasphèmes ;

3° Lorsque votre odorat très-pur fut assailli d'infectes odeurs ;

4° 0 Jésus! n'oubliez pas surtout cette affreuse boisson , composée de vinaigre et de fiel , qui abreuva de son amertume votre bouche , votre langue et votre palais ;

5° N'oubliez pas les douloureuses blessures qui torturaient votre tact si délicat ;

6" Souvenez-vous aussi, mon doux Jésus, comment votre tête sacrée , à cause de la violence du mal et du supplice de la Croix, fut, pendant trois heures d'agonie, sans soutien , sans force , dans la plus pénible position ;

7° Combien votre cou , si blanc et si beau , fut cruellement blessé et tiraillé ;

8° Mais, par -dessus tout, ô le plus cher, le plus aimable des amis, rappelez-vous comment alors votre visage était souillé d'ordures et de crachats , que ne pouvait laver tout le sang qui inondait votre figure ;

9" Vos couleurs , si vives et si belles , avaient été remplacées par la pâleur de la mort ;

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1 0° Ah ! combien , au milieu de ces tourments cruels, se sont évanouies le? grâces et la beauté de tout votre divin corps !

Prière. — 0 mon Jésus, si déchiré, si torturé,, puissiez-vous, en souvenir de toutes vos douleurs, puissiez-vous délivrer mes yeux des frivolités et des vanités du monde; mes oreilles, des fables et des conversations inutiles ; mon odorat, de la sensualité des odeurs; mon goût, des recherches de la nourriture et des choses superflues dans le boire et dans le manger; mon toucher, de tous les soins inutiles et de toutes les délicatesses du corps !

Oh! quand triompherai -je de mes sens! quand aimerai-je véritablement la gêne et le malaise de mon corps! quand me mépriserai -je moi-même! quand mortifierai-je et foulerai-je aux pieds mes désirs et mes appétits sensuels, ayant en horreur les plaisirs du monde et de la chair ! Qui m'obtiendra de ne goûter de bonheur qu'en vous seul, ô mon Jésus, qui avez souffert et qui êtes mort pour moi? Faites , par l'efficacité de votre sang , que toutes les choses visibles et corporelles me paraissent viles et méprisables comme elles le sont ; que je comprenne combien elles sont indignes de mon âme ; que toutes les vanités du temps ne m'inspirent plus que du dégoût et de Thorreur.

1° Dites à mon cœur, ô Sauveur très-clément , quelles furent vos souffrances lorsqu'on perça votre main droite à grands coups de marteau ;

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2** Lorsqu'on rompit les os et qu'on déchira les veines de votre main gauche ;

3" Lorsqu'on étendit votre bras droit avec violence sur la Croix ;

4° Lorsqu'on lit de même pour votre bras gauche ;

5° Quelles furent vos angoisses lorsqu'on perça votre pied droit;

6" Lorsqu'on vous fit souffrir le môme supplice pour votre pied gauche;

7" Rappelez-vous votre défaillance, votre épuisement, votre agonie ,

8" Lorsque vos jambes affaiblies étaient toutes tremblantes.

9" Ah! comment oublier, ô mon Jésus consumé d'amour, avec quelle barbarie on cloua vos membres si délicats sur la Croix!

10" Et comment votre sang brûlant coulait à flots de vos veines et inondait tout votre corps !

Prière. — 0 Jésus, déchiré, abandonné, faites, par les mérites de votre inépuisable patience, que je sois, dans la prospérité comme dans le malheur, toujours égal, calme, immobile comme si j'étais cloué avec vous sur la Croix. Fixez mes puissances et mes forces sur la Croix, mon intelligence et ma volonté surtout, de sorte que je ne comprenne, que je n'aime plus que la Croix, et que je ne puisse jamais rechercher les affections du monde et les délices du corps ; qu'il n'y ait en moi aucun membre qui ne médite à sa manièie votre mort, et qui ne représente fidèlement votre trèsaimable Passion,

1° 0 Jésus transfiguré, rappelez-vous comment sur la Croix , lorsque vous n'aviez personne pour vous secourir, votre corps si florissant, si beau, devint sec, desséché, insensible, n'ayant plus que les os et la peau ;

2° Rappelez-vous comment vos épaules furent cruellement écorchées par le bois grossier de la Croix ;

3" Comment votre corps tout ensanglanté était affaissé sur lui-même ;

4" Rappelez-vous toutes vos plaies, tout votre sang, toutes vos douleurs;

5" Mais n'oubliez jamais, ô mon Amour crucifié , la charité de votre cœur si ardent; rappelez-vous avec quel amour, avec quel bonheur vous avez enduré pour moi tant de souffrances.

Prière. — 0 Seigneur très-clément, ranimez, fortifiez mon âme par cette privation de tout secours que vous avez endurée, par cet abandon si sensible ; et que le déchirement de vos épaules sur la rude écorce de la Croix , fasse naître dans mon àme le calme intérieur, la paix du cœur et de l'esprit. Que l'affaissement de votre corps vers la terre soutienne la faiblesse de mon àme ; que vos douleurs guérissent les miennes, et que le feu de votre amour échauffe et embrase mon âme des flammes d'une ardente charité.

r N'oubUez pas , ô Verbe de Dieu , outragé et bafoué, ô mon Jésus , n'oubliez pas de combien d'in-

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jures, de mépris, d'affronts, de blasphèmes, vous accablèrent vos ennemis , lorsque vous étiez près d'expirer dans vos dernières douleurs.

2" N'oubliez pas les gestes et les paroles de ceux qui vous insultaient.

3° Dans les angoisses de l'agonie, ils vous estimaient un coupable qui mourait justement, un homme méprisable, un impie ;

4° Ils vous regardaient comme la honte du genre humain ;

5° Et vous , vous les aimiez de tout votre cœur, vous imploriez votre Père pour leur salut.

6° Dites-moi , ô Jésus, si anéanti , si avili , quelle fut votre peine, lorsque vous avez été crucifié entre deux voleurs, et regardé comme le plus scélérat et le plus impie ?

7° Que pensiez-vous, innocent Agneau, lorsque le voleur qui était crucifié à votre gauche vous condamnait lui-même et vous méprisait?

8° Mais rappelez-vous pour moi , ô Jésus , votre miséricorde infinie à l'égard du voleur crucifié à votre droite, lorsqu'il reconnut que vous étiez innocent et Dieu , lorsqu'il vous pria et vous adora ;

9° Vous l'avez béni de vos mains transpercées; vous lui avez remis tous ses péchés;

1 0° Vous lui avez promis le Paradis ; vous avez voulu qu'il fût avec vous dans la gloire.

Prière. — 0 Jésus, enseignez-moi par votre Croix à souffrir avec patience les injures, les calomnies, la honte, les affronts, le mépris de mes ennemis; faites-

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inoi la grâce de les aimer sincèrement et de les excuser toujours auprès de vous. 0 source inépuisable de bonté, Jésus très-aimant, voici que j'offre votre mort innocente à votre Père éternel, pour les pécbés innombrables dont j'ai souillé ma vie, et je m'unis au bon larron pour implorer humblement votre miséricorde. Souvenez-vous , souvenez-vous , je vous en prie , de moi dans votre royaume : ne me condamnez pas pour mes erreurs. Remettez-moi toutes les fautes que j'ai commises. Donnez-moi place dans votre Paradis.

1° Rappelez-vous, ô Jésus, si bon et si délaissé, comment, sur la Croix , à votre dernière heure, vous avez été , par amour pour moi, abandonné de tous les hommes;

2" Vos amis mêmes voulaient paraître ne vous avoir jamais rencontré, et vous traitaient d'étranger, d'inconnu ;

3° Rappelez-vous comme vous étiez là, suspendu à la Croix, dépouillé de tout et anéanti ;

4° Vous étiez si faible et si épuisé, que votre puissance infinie paraissait détruite et perdue ;

5" Vos ennemis vous traitaient sans pitié, sans ménagement, comme une bête féroce qu'il faut dépouiller.

6** Ah! souvenez-vous surtout, très-aimable Jésus, de cette douleur immense qui accablait votre cœur, en voyant au pied de la Croix votre pauvre Mère qui avait l'àme déchirée par des angoisses dont vous seul connaissiez l'amertume;

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7*^ Et VOUS voyiez ses larmes et ses gestes de douleur;

8° Vous entendiez ses soupirs et ses cris lamentables;

9" Et dans le moment suprême de votre mort , à cette heure cruelle de la séparation , vous la recommandiez à votre disciple , afin qu'il en prît soin et qu'il l'honorât comme sa mère;

10° Vous lui donniez saint Jean pour fils, afin qu'il vous remplaçât dans son cœur maternel.

Prière. — 0 mon Jésus, modèle adorable de toutes les vertus, Sagesse infinie, Dieu tout-puissant, effacez dans mon cœur, avec votre sang, tout amour des choses passagères, toute affection exagérée que je puis avoir pour mes parents et mes amis, toute inquiétude, tout soin inutile et matériel. Rendez-moi ferme et courageux contre les démons qui me tentent, et doux envers les hommes qui me persécutent. 0 Jésus si bon, si aimable, gravez d'une manière ineffable dans le fond de mon cœur votre douloureuse Passion; que votre mort illumine toutes mes prières et toutes mes œuvres; que j'imite les exemples de votre sainte Mère et de votre disciple bien-aimé.

1° Vous , ô Marie , rappelez-vous cette douleur inexprimable qui vous transperça comme un glaive, lorsque vous voyiez votre Fils unique suspendu à la Croix, pâle , défiguré, dans les angoisses de la mort;

T Lorsque vous voyiez qu'il avait besoin de vos bras, de votre sein, de vos soins, et que vous ne pouviez le secourir;

àlh MÉDITATIONS PENDANT L'AGONIE

3" 0 Vierge désolée, dilcs-moi, je vous en prie, ([uelle était votre peine, lorsque vous le voyiez s'aff.iil)lir peu à peu, et mourir;

4° Racontez -moi une à une les larmes que vous répandiez alors;

5° Lorsque, sur la Croix, il vous consolait par ses regards et ses paroles ;

Q" Ah ! combien durent vous déchirer ces plaintes que lui causaient la soif et l'abandon de son Père !

7" Rappelez à mon cœur, ô Vierge très-sainte , vos gestes lamentables , capables d'attendrir les rochers ,

8** Lorsque vous étendiez les bras et les mains pour le secourir, et que vous ne le pouviez pas ;

9° Lorsque votre corps , accablé par la douleur, perdait ses forces, que vous tombiez et retombiez par terre ;

10" Mais surtout, ô Marie inconsolable , révélez-moi le supplice que vous éprouviez , lorsque vous embras^ siez, en pleurant, le sang de votre Fils qui coulait en abondance le long de la Croix.

Prière a Marie. — Oh! oui, Mère de toute grâce, Reine de la charité , que votre tendresse maternelle me guide dans tous les moments de ma vie ; que votre miséricorde toute - puissante soit ma protection et ma défense à mon dernier soupir; c'est là, ô Vierge trèsclémente, l'heure pour laquelle je vous invoque nuit et jour; c'est pour ce moment suprême que je veux vous servir fidèlement toute ma vie : sa seule pensée épouvante mon cœur et glace mon sang dans mes veines; mes prières et mes supplications cesseront alors, et je

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ne saurai plus comment demander du secours. Aussi , ô Marie, source inépuisable de miséricorde, je me jette à vos pieds en pleurant, et c'est du fond de mon cœur que je vous supplie de m'assister à mon dernier moment , afin qu'aucun ennemi ne puisse me nuire. Non, je ne pourrai jamais désespérer, si vous voulez me sauver. 0 mon unique espérance , défendez-moi alors de la vue des démons et de leur puissance; fortifiezmoi dans mon abattement; ranimez de votre doux regard les forces qui m'abandonneront aux approches de la mort ; tendez-moi la main , et recevez mon âme avec tendresse, afin de la présenter saine et sauve à mon Rédempteur et à mon juge.

ï" Très-doux Jésus , qui êtes la joie de votre Père , souvenez-vous que non-seulement vous enduriez dans votre corps de mortelles douleurs, mais que votre âme aussi était dans l'abandon et la privation de toute consolation humaine et divine.

2° Vous appeliez votre Père d'une voix plaintive ;

3" Et dans cette désolation si profonde , vous vous résigniez parfaitement à sa volonté;

4"" 0 très-bon , très-aimable Sauveur, n'oubliez pas cette soif brûlante que vous donnait l'abattement de tout votre corps et l'épuisement de tous vos membres ;

5° Et lorsque le supplice de la soif vous faisait mourir, on vous offrait une éponge pleine de fiel et de vinaigre ;

6° Mais surtout, ô Jésus bien-aimé, rappelez-vous

celle aulre soif de votre amour infini qui vous faisait acconij3lir T œuvre sanglante de notre Rédemption ;

7" Lorsque vous avez dit sur la Croix : « Tout est consommé : Consummatum est: »

8° Et au moment d'expirer vous recommandiez humblement votre esprit à Dieu ;

9° Oui , c'est par amour pour moi qu'après tant de peines dans votre cœur et de tourments dans votre corps, vous avez séparé votre âme très -pure de son enveloppe mortelle.

Prière. — Au nom de cet amour, ô très-doux Jésus, tenez-moi compagnie dans mes afflictions, et écoulez avec indulgence et miséricorde les cris de mon cœur désolé. Rendez ma volonté conforme à la vôtre en toute chose ; éteignez en moi la soif des choses temporelles et fugitives, allumez au contraire en mon âme une soif brûlante des biens spirituels et célestes. Que votre breuvage de tîel et de vinaigre change mes épreuves en douceurs et en délices; accordez- moi qu'après avoir soumis mes sens, je persévère dans le bien jusqu'à la mort, sans jamais m'écarter de votre obéissance. Aujourd'hui , comme si j'étais sur le point de mourir, je remets mon esprit entre vos mains percées pour moi, et je vous supplie, ô Jésus très- clément, de le recevoir avec bonté et miséricorde. Assurez à mon âme, par votre grâce, un heureux passage à l'éternité ; que votre mort douloureuse donne de la valeur à mes œuvres, si petites et si indignes, et que, par vos mérites, je quitte le monde libre de toute faute et de toute peine.

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l"* Rappelez -VOUS, ô Seigneur Jésus, cette lance cruelle qui déchira votre sein , et qui perça votre cœur déjà froid et sans vie ;

2° Lorsque de cette plaie béante sortit un sang glacé ;

3° Lorsque votre cœur blessé devint une fontaine d'eau vive ;

4" 0 Jésus, avec combien de peines et de souffrances m'avez-vous racheté !

5" Avec quel amour et quelle miséricorde m'avezvous rendu à la première liberté de votre grâce divine !

Prière. — 0 tendre Jésus, changez mon pauvre cœur en votre cœur adorable ; que la plaie profonde do votre côté entr'ouvert me défende et me sauve de tous mes ennemis ; que l'eau vivifiante que vous avez répandue purifie mon esprit et me lave de tous mes péchés. Que votre sang glacé me ranime ; qu'il donne sa belle couleur à mon âme , et qu'il l'embellisse de grâces et* de vertus. Que vos peines et vos douleurs attachent votre cœur au mien et me le rendent toujours aimable et favorable. Que cette sainte et amoureuse joie que vous avez eue à me rendre la liberté précieuse du bien, triomphe de moi et force mon cœur à vivre toujours uni à votre cœur si aimable, si saint, si généreux.

1" 0 Vierge innocente , ô tendre Mère , ô Reine , la protection de affligés, le refuge des malheureux pé-

cbeiirs, rappelez-vous aussi l'instant où vous étiez au pied de la Croix et que vous voyiez votre Fils mort , abandonné de tous et le corps affaissé vers la terre ;

2° Rappelez-vous avec quelle ardeur, avec quA amour maternel vous receviez ses bras meurtris et percés sur la Croix ;

3° Avec quelle foi , quelle cbarité , vous appliquiez votre visage ensanglanté sur ses bras qui pendaient;

4^ Avec quelle douloureuse tendresse vous baisiez ses plaies et son visage pâle et livide ;

5" Ob ! racontez-moi , ô Marie , de combien de blessures fut alors percé votre cœur si sensible;

6" Qui me fera entendre vos gémissements profonds et lamentables?

7** Qui me fera voir aussi les larmes brûlantes et amères qui coulaient en abondance de vos yeux éteints?

8° Que ne puis-je entendre vos paroles déchirantes, vos plaintes et vos sanglots?

9° Que je compatis à vos douleurs, ô Marie, lorsque je vois votre visage, naguère si calme et si beau, et maintenant triste , pâle et tout obscurci des ombres de la mort!

10° Et votre cœur plongé dans un tel abîme de douleurs, que rien au monde n'aurait pu lui apporter la moindre consolation !

Prière. — 0 Mère toute clémente, au nom de tout ce que vous avez souffert, soyez ma protectrice, mon guide fidèle pendant ma vie tout entière ; fixez avec bonté vos regards miséricordieux sur mon âme, et placez-la sous l'aile tutélaire de votre Fils bien -aimé.

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Que voire bouche , qui embrassa tant de fois le sang et les plaies de Jésus-Christ, me réconcilie et me le rende favorable. Que les blessures cruelles de votre tendre cœur m'obtiennent une contrition sincère de tous mes péchés. Que vos profonds soupirs éveillent en moi un désir incessant de Dieu seul et de son bon plaisir. Que vos paroles déchirantes m'inspirent le silence de l'esprit et de la langue. Qu'elles me délivrent de toutes les conversations inutiles et frivoles. Que vos gestes, que les signes de votre douleur pénètrent d'une sainte gravité mon âme et mon corps , qu'ils ôtent de moi toute dissipation et toute légèreté. Mais surtout que votre cœur désolé m'enseigne à fuir, à mépriser, à détester tout amour terrestre et passager.

1° 0 splendeur éblouissante de l'éternelle Lumière , ô mon Jésus , lorsque je vous vois sans vie , lorsque je contemple votre corps glacé sur les genoux de votre pauvre Mère; lorsque avec elle, au pied de la Croix, j'embrasse et je presse sur mon cœur vos membres inanimés, je pleure votre mort, mais je loue et je bénis votre infinie charité. Éteignez en moi les flammes de la concupiscence et les ardeurs de mes désirs et de mes passions ;

2" 0 miroir très-pur de la Majesté suprême, combien vous êtes obscurci et souillé ! Que vos peines et vos difformités divines purifient mon âme de ses taches et de ses souillures ;

3"" 0 brillante image de la bonté de Dieu votre Pcro ,

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comme je vous vois méprisée, avilie, foulée aux pieds! 0 mon Jésus, renouvelez par ces beautés de voire grâce l'image gâtée et perdue de mon âme ;

4° 0 Agneau , Tinnocence même , combien vous avez été cruellement maltraité et décbiré ! Satisfaites à Dieu pour moi , et sanctifiez par votre sacrifice ma vie inutile et coupable ;

5" 0 Roi des rois, Seigneur des seigneurs, comme vous voilà humilié, abaissé ! Je pleure tous ces affronts, je vous aime, je vous adore, je vous embrasse dans votre honte et votre mort. Lorsque viendra aussi pour moi la mort, recevez-moi dans les bras de votre miséricorde et de votre charité; couronnez -moi de joie et de gloire en m'associant h votre vie éternelle.

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