C I\TI\001T.TI0X
pouvaient avoir pour rentrer honorablement dans leur patrie. Le frère aîné1 de Louis était resté au milieu d'eux. Ils continuèrent à fatiguer les puissances de leurs plaintes , et , soit pour se fortifier pour la guerre, soit pour se préparer une moins humiliante paix , ils voulurent attirer au dehors ce qui restait encore en France de leur parti. Ils inondèrent la France de leurs lettres et de leurs gazettes , où mille nouvelles fantastiques répandaient l'espoir, et décidaient l'incertitude de ceux qui balançaient encore à s'unir à eux ; propageaient l'inquiétude dans le reste de la nation, et achevaient d'exalter sa fureur. La vanité, la mode, le caprice, travaillaient pour eux; quiconque était noble ou voulait le paraître croyait devoir prendre part a cette espèce de pèlerinage ; et , au moment où l'assemblée constituante , voulant terminer la révolution, rendit les frontières libres et supprima jusqu'aux passeports, ils sortirent comme un essaim , et furent grossir ces espèces de colonies formées par l'orgueil et l'imitation, qui sont une des circonstances les plus singulières de notre révolution, et qui ont été l'une des causes les plus actives de nos malheurs.
Cependant , si on en excepte cet aventurier couronné qui, Don Quichotte de la noblesse française,, a été, depuis, assassiné par la sienne, et qui, n'ayant rien à perdre , ne voyait dans la guerre
que des moissons de gloire et des moyens de subsister? les puissances de l'Europe étaient très éloignées d'entreprendre la guerre ; inquiètes et indécises sur le parti quelles devaient prendre à notre égard, elles n'avaient encore aucune résolution arrêtée.
L'ignorance et la mauvaise foi ont tellement interverti toutes les notions sur cet objet , qu'il est nécessaire d'entrer dans quelques développemens.
On a presque toujours la clé des dispositions réelles des cabinets , lorsqu'on a la connaissance de leurs intérêts politiques et surtout de leur manière habituelle de les envisager.