ACTE III. SCÈNE IV
Par celle ruse, L'amour l'abuse :
Mais chanter Sauve-t-il du danger:' Les doux chalumeaux.
Les chanta de; oiseaux.
Ses charmes naissants, Ses quinze ou seize ans.
Tout l'excite.
Tout l'agite; La pauvrette S'inquiète:
De sa retraite Lindor la guette:
Elle s'avance.
Lindor s'élance ; Il vient de l'embrasser :
Elle, bien ai-e.
Feint de se courroucer Pour qu'on l'apaise.
PETITE RBPB1SK
Les soupirs.
Les soin-, les promesses
Les vive- tendres---.
Le- plaisirs.
Le lin badinage.
Sont mis en usage:
Et bientôt la bergère Ne sent plus de colère.
Si quelque jaloux Trouble un bien si doux, Nos amants, d'accord.
Onl un soin extrême...
De voiler leur transport.
Mais quand on s'aime,
- :ie ajoute encor Au plaisir même.
En l'écoulant, Barlholo -'est assoupi. Le comte, pendant la petite reprise se hasarde à prendre une main qu'il couvre de baisers. L'émotion ralentit le chant de Rosine, l'affaiblit et finit même par lui couper la vois au milieu de la cadence, au mot extrême. L'orchestre suit le mouvement de la chanteuse, affaiblit son jeu et se tait avec elle. L'absence du bruit qui avait endormi Barlholo le réveille. Le comte ?e relève. Rosine et l'orchestre reprennent subitement la suite de l'air. Si la petite reprise se répète, le même jeu recommence
le comte. — En vérité, c'est un morceau charmant, et madame
Texécute avec une intelligence...
rosine. — Vous me flattez, seigneur; la gloire esl toul entière .m maître.
bartholo, bâillant. — Moi, je crois que j'ai un peu dormi pendanl [è morceau charmant. J'ai mes malades. Je vas, je viens, je toupille, el sitôt que je m'assieds, mes pauvres jambes...
(Il se lève et pousse le fauteuil.)
rosine, bas au comte. — Figaro ne vient point.
le comte. — Filon-* le temps.
bartholo. — Mais, bachelier, je l'ai déjà dil à ce vieux Bazile : est-ce qu'il o'yaurail pas moyen de lui faire étudier des choses plus gaies que toutes ces grandes aria, qui vonl en haut, en l'a-. eu roulant, hiho, a. a. a, a. <•! qui me semblent autant d'enterrements. Là, '1'' ces petits airs qu'on chantait dans ma jeunesse, et que chacun retenait facilement. J'en savais autrefois... Par
exemple... (Pendant la ritournelle, il cherche en se grattant la tète, et chante en faisant claquer ses pouces et dansant des jrenoux comme les vieillards.
Veux-tu, ma Rosinette, Faire emplette Du roi des maris?...
(au comte en riant. Il y a Fanchonnette dans la chanson; mais j'y ai substitué Rosinette pour la lui rendre plus agréable et la faire cadrer aux circonstances. Ah! ah! ah! ah! Fôrl bien! pas vrai?
le comte, riant. — Ali! ah! ah! Oui. tout au mieux.