‹ Œuvres de BeaumarchaisChapitre 145 sur 319 · SCENE IX. — LE COMTE et CHÉRUBIN cachés, SUZANNE, BAZILL · texte numérisé non relu

SCENE IX. — LE COMTE et CHÉRUBIN cachés, SUZANNE, BAZILL

bazile. — N'auriez-vous pas vu monseigneur, mademoiselle?

Suzanne, brusquement. — Eh I pourquoi l'aurai-je vu? Laissez-moi.

I'.azile Rapproche. — Si vous étiez plus raisonnable, il n'y aurait rien d'étonnant à ma question. C'est Figaro qui le cherche.

SUZANNE. — Il cherche donc l'homme qui lui veut le plus de mal après Vuus?

LE comte, à part. — Voyons un ji'-u rumine il me sert.

bazile. — Désirer du bien à une femme, est-ce vouloir du mal à suit mari?

suzanne. — Non, dans vos affreux principes, agent de corruption.

h azile. — Que vous demande-t-oo ici que vous n'alliez prodiguer à un autre? Grâce à la douce cérémonie, ce qu'on vous défendait hier, on vous le prescrira demain.

SUZANNE. — Indigne!

i'.azile. — De toutes le- choses sérieuses, le mariage étant la plus bouffonne, j'avais pensé...

suzanne, outrée. — Des horreurs! Qui vous permet d'entrer ici?

I5\Z!LE. — Là! là! mauvaise! Dieu vous apaise! il n'en sera que

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ce que vous voulez; mais ne croyez pas non plus que je regarde monsieur Figaro comme l'obstacle <|ui nuit à monseigneur, et sUns le petit page...

Suzanne, timidement. Don Chérubin?

bazile la contrefait. — Cherubino di amore, qui tourne autour de vous sans rose, ri qui ce malin encore rôdait ici pour y entrer quand je vous ai quittée; dites que cela n'est pas vrai?

Suzanne. — Quelle imposture! Allez-vous-en, méchant homme!

bazile. — On est un méchanl homme parce qu'on y voit clair. N'est-ce pas pour vous aussi cette romance dont il fait mystère?

SUZANNE, en colère. — Ali! oui. pour moi ! .. .

r,\ziLE. — A moins qu'il ne l'ait composée pour madame! En effet, quand il sert, à table, on dit qu'il la regarde avec dos yeux!... mais, peste! qu'il ne s'y .jour pas; monseigneur est brutal sur l'article.

-a zanne, outrée. ■ — Et vous bien scélérat, d'aller semant de pareils bruits pour perdre un malheureux enfant tombé dans la disgrâce de son maître.

bazile. — L'ai-je inventé? Je le dis parer que tout le monde en parle.

le comte seiève. — Comment tout le monde en parle!

SI ZANNE '. - - Ah! ciel !

BAZILE. — Ha, ha !

le comte. — Courez, Bazile, et qu'on le citasse.

bazile. — Ah! que suis fâché d'èire entré!

SUZANNE, troublée. — Mon Dieu! mon Dieu!

le comte, à Bazile. — Elle est saisie. Asseyons-la dans ce fauteuil.

Suzanne, le repoussait vivement. — Je ne veux pas m'asseoir. Entrer ainsi librement, c'est indigne!

le comte. — ■ Nous sommes doux avec toi, ma chère. Il n'y a plus le moindre danger.

bazile. — Moi, je suis désolé .le m'élre égayé sur le page, puisque vous l'entendiez; je n'en usais ainsi que pour pénétrer ses sentiments; car au fond...

le comte. — Cinquante pistoles. un cheval, et qu'on le renvoie à ses parents.

bazile. — Monseigneur, pour un badinage...

le comte. — l'n petit libertin que j'ai surpris encore hier avec la tille du jardinier.

bazile. — Avec Fanchette?

le comte. — Et dans sa chambre.

1 Chérubin" dans le fauteuil, lu Comte, Suzanne. Bazile.

RIAfïK r>F nr.AUf

le comte. — Ce tour-ci vaut l'autre.

(Dessin de St-Quentin. — Édition de 1785 de la Folle Journée.)

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