‹ Œuvres de BeaumarchaisChapitre 269 sur 319 · SCÈNE VI. — LA COMTESSE, BÉGEARSS · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — LA COMTESSE, BÉGEARSS

bégearss. — Combien j'ai souhaité pour vous le moment auquel nous touchons!

la comtesse étouffée. — 11 mon ami! quel jour nous choisissons pour consommer ce sacrifice ! celui de la naissance de mon malheureux fils! A cette époque, tous les ans, leur consacrant cette journée, je demandais pardon au ciel, el je m'abreuvais de mes larmes en relisant ces tristes lettres. Je me rendais au moins le témoignage qu'il y eut entre nous plus d'erreur que de crime. Ali ! faut-il donc brûler tout ce qui me reste île lui?

bégearss. — Quoi! madame, détruisez-vous ce (ils qui vous le représente? ne lui devez-vous pas un sacrifice qui le préserve de mille affreux dangers? Vous vous le devez à vous-même! H la sécurité 'I'- votre vie entière est attachée peut-être à- cet acte imposant ! H ouvre le secret de l'.écrin et en lire les lettri

la comtesse sorprise. — Monsieur Bégearss, vous l'ouvrez mieux que moi !... Que ,j<' les lise encoi ê !

bégearss - ement. — Non, je in- le permettrai pas.

la comtesse. — Seulemenl la dernière, où, traçant ses tristes adieux, du sang qu'il répandit pour moi, il m'a donné la leçon du courage dont j'ai tant besoin aujourd'hui.

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